SPS TERRITOIRES
OCCUPES/SUD DU MAROC/REPRESSION Le Makhzen en hystérie
contre les grévistes sahraouis et leurs familles à Assa
11.01.05
Assa (sud du Maroc), 11/01/05
(SPS) Les autorités marocaines à Assa ont
procédé samedi à une série de perquisitions
des maisons familiales de plusieurs diplômés sahraouis
contraints au chômage, en grève de la faim depuis le 5
janvier dernier, intimidant et attaquant les pères et
mères des grévistes, a rapporté le correspondant
de SPS sur place.
"Les autorités marocaines, sous les ordres du Gouverneur d'Assa,
ont procédé samedi à la perquisition
illégale des maisons des familles de plusieurs grévistes,
notamment le gréviste Hammou Hmadnah. Les agents des forces
auxiliaires ont ainsi sauvagement attaqué la mère du
gréviste, Mme. Hammou M'Barka, 40 ans, parce qu'elle a
refusé de leur permettre de pénétrer dans sa
maison sans mandat de perquisition du tribunal", a indiqué la
même source.
Le Gouverneur avait auparavant essayé "d'intimider les parents
des grévistes, leur demandant de faire pression sur leurs fils
pour qu'ils mettent un terme à leur grève de la faim. Une
demande qui a été rejeté par ces parents, qui ont
exprimé leur soutien et leur solidarité avec leur fils".
Cette position, que le Gouverneur n'a pas pu supporter, l'a
"poussé à piquer une crise et à nous insulter nous
avertissant contre la colère du Makhzen", avait indiqué
l'un des parents au correspondant de SPS.
Dans un "développement critique" des événements,
"les mères des grévistes ont pris la décision de
rejoindre lundi les tentes que les grévistes utilisaient durant
la première période du sit-in", alors que ces derniers se
sont installés dans les départements et bureaux du
Pashlek de Assa, a encore indiqué notre correspondant.
Les diplômés sahraouis contraints au chômage ont
organisé, rappelle-t-on, un sit-in devant le siège du
Pacha d'Assa (responsable des services provinciaux du Makhzen) le 19
novembre, suivit d'une grève de la faim par groupe depuis le 10
décembre et ont décidé récemment d'entamer
une grève illimitée de la faim depuis le 5 janvier,
rappelle-t-on.
"L'état de la santé des grévistes à Assa
s'est dégradé sérieusement", avait alerté
notre correspondant sur place dimanche dernier. (SPS)
Assassinat par un policier marocain d'un
jeune lycéen sahraoui à Boujdour
Boujdour (Territoires occupés),
11/01/2005 (SPS) Un jeune lycéen sahraoui, Khatri Laaroussi, a
été assassiné le 3 janvier dernier par un policier
marocain à la ville de Boujdour située au centre du pays,
a indiqué un communiqué de l'Association des Familles des
Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA), dont une copie est
parvenue à SPS.
"La famille du défunt a porté plainte contre le criminel
mais aucune action judiciaire n'a été entreprise
jusqu'à présent", a déploré l'AFAPREDESA,
ajoutant que les autorités coloniales ont procédé
a la libération du "criminel" sous prétexte qu'il
été soûl lors du crime.
D'autre part, l'organisation a condamné la direction de la
Carcel Negra à El Aaiun, qui "n'a fourni aucune raison pour
maintenir en détention le citoyen sahraoui, prisonnier
d'opinion, Haddi Cherif, qui s'est vu refuser son droit à la
liberté malgré la conclusion de sa peine de prison de
deux années".
A cet égard, l' AFAPREDESA a indiqué que les prisonniers
de conscience de la prison noire (Carcel negra) ont
décidé de former "un comité pour la protection des
détenus sahraouis", dénonçant "les graves
atteintes aux droits humains dans les territoires occupés du
Sahara Occidental", et exhortant les autorités d'occupation
marocaines à se conformer aux "pactes internationaux relatifs
aux droits civils et politiques et aux droits économiques,
sociaux et culturels", ainsi qu'aux "Conventions de Genève
relatives à la protection des population civiles en temps de
guerre", a écrit le texte.
L'association a enfin lancé un appel pressant aux
organisations et associations internationales des droits de
l'homme pour exiger du Royaume marocain le respect des droits humains
dans les territoires occupés du Sahara Occidental sous son
contrôle, ainsi que "d'ouvrir une investigation dans le cas de
l'assassinat du jeune Jatri Laarusi, en traduisant le responsable
devant un tribunal indépendant et impartial".
Par ailleurs, la ville de Goulimine, située au sud de Maroc
avait été le théâtre de violents
affrontements jeudi dernier entre les forces coloniales marocaines et
les diplômés sahraouis contraints au chômage, en
sit-in depuis lundi devant le siège de la wilaya de Goulimine
"pour protester contre leur marginalisation par les autorités
marocaines et réclamer leur droit au travail", rappelle-ton.
(SPS)