SPS 001
RASD/JEUNE AFRIQUE/MANIPULATION
Des associations espagnoles et suisses dénoncent la
manipulation du sondage faite par Jeune Afrique sur l'avenir du
Sahara Occidental
Cantabria (Espagne), 08/07/01 (SPS) - Le Comité de Solidarité avec le Peuple Sahraoui de Cantabria (CSPSC) et l'Association pour un Référendum libre et régulier au Sahara Occidental (ARSO) qui a son siège en Suisse, ont dénoncé ''la fraude'' et ''la scandaleuse manipulation'' du sondage organisé à travers l'Internet par l'hebdomadaire en langue française, Jeune Afrique, sur l'avenir du Sahara Occidental.
Pour le CSPSC, qui fournit des peuves à l'appui, le journal a '''falsifié les résultats''. A la clôture des votes à 18 heures vendredi, les avis pour l'indépendance du Sahara Occidental étaient de 65,2 % et pour une province autonome marocaine 33 % pour un nombre de votants de 6025 personnes dont 1,7 % figurent dans la rubrique ''autres'', a relevé le CSPSC.
Mais, trois heures plus-tard, a écrit le comité dans une lettre adressée au journal, les résultats ont été falsifiés pour donner 46,8 % pour l'indépendance, 51,8 % pour le rattachement au Maroc et 1,2 % autres, pour un nombre de votants qui avoisine les 8390, alors que les votes ont été clôturés, trois heures auparavant, sur les résultats déjà cités.
''La manipulation perverse des votes qui a été faite après la clôture des votes est totalement intolérable'', a crié le CSPSC, ajoutant que c'est ''honteux'' qu'un journal comme Jeune Afrique, sensé défendre la liberté d'expression, ''tombe dans ce type de bassesses'', a déploré le comité.
De son côté ARSO qui avait publié les résultats favorables à l'indépendance du Sahara Occidental après la clôture des votes sur son site, a interpellé Jeune Afrique dans une lettre adressée à sa direction pour demander des explications sur la prise en compte de 2300 votes après la suppression du formulaire de vote de la homepage du journal.
ARSO s'est interrogé s'il ne s'agit pas là ''d'une manipulation malhonnête parce que les résultats ne correspondaient pas à la ligne rédactionnelle'' de Jeune Afrique.
''Ce genre de sondage nécessite un minimum d'honnêteté et de savoir-faire que vous semblez ne pas maîtriser'', a constaté ARSO, demandant à cet hebdomadaire de ''rectifier les résultats au plus vite''. (SPS)
010/090/
SPS 002
MAROC/BEN BARKA
Un prince, des partis politiques et la société civile
réclament la vérité sur l'affaire Ben Barka
Rabat, 08/07/2001 (SPS) - Le prince Moulay Hicham, membre de la famille royale, et plusieurs représentants de partis politiques, toutes tendances confondues, et de la société civile au Maroc ont réclamé la vérité sur l'affaire Ben Barka suite aux révélations d'un ancien agent secret marocain.
Dans ce contexte, le prince Moulay Hicham, cousin du roi Mohammed VI, a estimé, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire marocain ''Le Journal'', qu'il faut ''aller de pied ferme vers la vérité. Sachant que tout ceci va être douloureux''.
Le même hebdomadaire publie les réactions de représentants de plusieurs partis et de la société civile qui dans leur majorité demandent que ''justice soit faite'' non seulement sur cette affaire mais également sur les autres crimes perpétrés dans le passé.
Dans ce sens, le président de l'Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), Abdelhamid Amine, qui a rappelé la lettre ouverte adressée au premier ministre, aux ministres des droits de l'homme, de l'intérieur et la justice pour ''l'ouverture immédiate d'une enquête judiciaire'' a ajouté que l'AMDH a également appelé à ''l'amorce de poursuites à l'encontre des responsables des années de plomb''.
De son côté, Mostapha Ramid, du parti de la justice et du developpement (PJD, islamiste dans l'opposition) a indiqué que ''les nouvelles données du crime sont susceptibles d'inciter la partie ayant droit de tutelle sur l'institution chargée de la plainte publique à ordonner l'ouverture d'une enquête pour jeter la lumière sur cette affaire''.
Abdelmoumen Chbari d'Ennahdj Addimouqrati, estime quant à lui que ''toutes les forces politiques marocaines se doivent d'agir et militer pour l'ouverture d'une enquête à ce sujet''. M'hamed Al Khalifa du parti de l'Istiqlal considère pour sa part qu'''un travail souverain de la justice permettra de reconcilier les marocains avec leur passé''.
Par ailleurs, le journal publie un entretien avec Bachir, le fils de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, qui a ''souhaité que la justice marocaine puisse s'exercer en toute indépendance et en toute serénité, sans ingérence aucune, dans l'interêt de la vérité et du droit''.
Il a également reitéré la volonté de sa famille de poursuivre sa quête de la vérité sur cette affaire et concernant l'implication de la CIA et des services secrets israéliens, le MOSSAD, dans l'assassinat et la disparition du corps de son père.
Les révélations sur l'enlèvement, la séquestration, l'assassinat de l'ancien opposant marocain Mehdi Ben Barka ainsi que la disparition de son corps ont été faites, rappelle-t-on, par l'ancien agent secret marocain, Ahmed Boukhari, dans l'hedomadaire marocain Le Journal et le quotidien francais Le Monde.
Boukhari avait indiqué que Mehdi Ben Barka avait été enlevé, torturé et assassiné dans la région parisiènne en octobre 1965 par le général Mohamed Oufkir, ministre de l'intérieur à l'époque et son adjoint Ahmed Dlimi et que son corps a été rappatrié dans un avion militaire pour être dissous dans une cuve remplie d'acide dans le centre de torture de Dar El Mokri à Rabat. (SPS)
SPS 003
MAROC/BENBARKA
L'épouse de l'ancien agent secret Ahmed Boukhari
blessée dans un accident
Rabat, 08/07/2001 (SPS) - l'épouse de l'ancien agent secret marocain, Ahmed Boukhari, qui a fait des révélations sur l'affaire Ben Barka a été blessée vendredi soir dans un accident de la circulation à Casablanca, a indiqué samedi son fils Karim Boukhari.
Mme Ghita Boukhari a été percutée par une camionnette. Elle souffre d'un traumatisme crânien et ses jours ne sont pas en danger, a affirmé son fils.
''Un accident est très possible puisque les routes au Maroc sont dangereuses. Mais le contraire aussi, c'est à dire un acte criminel prémédité, est également très possible'', a-t-il dit, soulignant qu'''il ne peut s'agir dans ce cas que de présomptions''.
L'état de Mme Boukhari évolue bien et elle est soignée à Rabat, a affirmé Karim Boukhari sans préciser le lieu de son hospitalisation ''dans le but de ne pas la déranger''. La police, selon Karim Boukhari, a fait son constat normalement et elle affirme que le chauffeur a admis son erreur.
L'élimination physique par accident de la circulation des déctracteurs du régime de Rabat est le procédé prisé par les services spéciaux marocains, ont relevé les observateurs, qui y voient un avertissement pour l'époux de la victime s'il continue dans cette marée de révélations des forfaits du régime de Hassan II. Ironie du sort, Ahmed Dlimi n'a-t-il pas été lui même victime d'un accident de la circulation qui a causé sa mort, ont souligné les mêmes observateurs.
Ahmed Boukhari avait affirmé la semaine dernière, dans des révélations a la presse, que l'opposant marocain Mehdi Ben Barka avait été torturé et assassiné en 1965 dans la banlieue parisienne par le général Mohamed Oufkir, ministre de l'intérieur à l'époque et son adjoint Ahmed Dlimi. Son corps avait été ensuite transporté à Rabat où il a été dissout dans une cuve d'acide. (SPS)
010/090/700 080934 JUL 01 SPS