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RASD/MAROC/APPEL
Le Président de la République appelle Mohamed VI à arrêter la répression au Sahara Occidental

06.07.05



Bir Lehlu, 06/07/2005 (SPS) Le Président de la République, Mohamed Abdelaziz, a appelé le Roi du Maroc, Mohamed VI, à arrêter la répression contre les Sahraouis au Sahara Occidental, qui n’honore pas sa Majesté et à agir avec sagesse pour promouvoir une solution pacifique du conflit basée sur le respect du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.

"Il n'est plus acceptable que les forces marocaines continuent de réprimer quotidiennement les populations civiles sahraouies, comme il n’est plus acceptable qu’elles continuent, en toute impunité à torturer les femmes pacifiques sahraouies, à poursuivre les enlèvements et à commettre des exactions contre les défenseurs sahraouis des droits humains", a écrit le Président de la République à Mohamed VI dans une lettre ouverte, dont une copie est parvenue à SPS.

"La radicalisation de la politique du Maroc  peut conduire à des dérapages dangereux comme le retour à la guerre, l'exécution d'un génocide comme ça été le cas au Timor de Leste ou une attaque contre un pays voisin", a-t-il prévenu.

Le Chef de l’Etat s’est montré particulièrement préoccupé par "les  revirements" du Gouvernement marocain et son refus de souscrire à la légalité internationale, estimant qu’ils "mettent en cause tous les acquis mis laborieusement en place et mettent  en péril l'essentiel à savoir le référendum d'autodétermination", tout en laissant "le conflit ouvert à toutes les éventualités".

Il lancera un appel solennel "au nom d'un avenir commun", qui attend impatiemment mais inévitablement d'être concrétisé, afin "qu'ensemble et devant l'Histoire, nous surmontons les rancœurs et nous nous acquittons de nos responsabilités afin de préserver nos deux peuples et ceux de la région de situations difficiles en ce début du XXI ème siècle".

Voici à présent le texte intégral de cette lettre:

"Lettre ouverte à sa Majesté Mohamed VI, Roi du Maroc,
Au nom de Dieu le Clément et Miséricordieux,
Majesté,

Plusieurs villes du Sahara Occidental et du sud du Maroc ont connu depuis le 21 mai 2005, des événements d'une extrême gravité, caractérisés essentiellement par la répression brutale des forces de sécurité, de la police et de l'armée marocaines contre des citoyens  sahraouis qui revendiquaient légalement et pacifiquement le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

La répression indicible a  pris ces derniers jours une nouvelle tournure si l'on constate l'acharnement d'une rare violence qui s'abat à huis clos sur les populations sahraouies et les excès de zèle des forces de sécurité marocaines qui procèdent à tour de bras aux arrestations, aux intimidations, aux enlèvements, aux exactions de toutes sortes en violation flagrante des principes fondamentaux des droits de l'homme.

En dépit des multiples appels que nous avons lancé au gouvernement marocain pour mettre fin à ces agissements inhumains à l'encontre des populations civiles sahraouies sans défense, celui-ci a persisté dans sa politique répressive, d'où un climat de terreur qui a atteint son point d'orgue, et pouvant déboucher à tout instant sur une escalade aux conséquences gravissimes. Les actes de violence sans discrimination et la répression subie, notamment par les enfants, les femmes, les personnes âgées ainsi que par les activistes sahraouis des droits humains ont atteint aujourd'hui le seuil de l'intolérable.

Les développements graves de ces événements m'incitent à m'adresser à vous personnellement comme j'ai eu l'occasion de le faire juste après le décès de votre père, le défunt  Hassan II.

Majesté,

En cette douloureuse circonstance, j'avais tenu à vous exprimer, en mon nom personnel et celui du peuple sahraoui, mes sincères condoléances et ma vive compassion suite à la disparition d'un homme qui a pratiqué l'horreur et l'atrocité de la guerre contre un peuple pacifique. Le défunt Hassan II ne s'est pas éteint sans avoir au préalable donné toute sa chance à la paix, en acceptant, en 1981, le principe d’une solution pacifique du conflit du Sahara Occidental conformément aux textes et résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui réaffirment, depuis 1965 (Rés. 2072) jusqu'à la dernière résolution adoptée en avril dernier, le droit imprescriptible du peuple sahraoui à un référendum d’autodétermination libre, équitable et démocratique.

L'expression de ces condoléances n'exprimait pas seulement l’angoisse face à la disparition d'un partenaire de paix, mais aussi l'espoir placé en vous dès votre avènement au pouvoir avec tout ce que cela implique comme responsabilités pour l'avènement d'une paix juste et définitive dans notre région, une  paix qui tournera définitivement une page sombre et douloureuse de l'histoire commune des deux peuples frères sahraoui et marocain, une paix prometteuse de fraternité, de concorde, de bon voisinage et de coopération mutuellement bénéfique, à même de raviver la confiance et de permettre de regarder résolument vers un avenir radieux auquel aspirent les générations futures.

Six années après avoir écrit cette lettre de condoléances, et en dépit des sentiments de frustration, j'ai le pressentiment d'avoir perdu un partenaire de la paix et je nourri la crainte, aujourd'hui confirmée, de voir s'effondrer tous les espoirs de l'été 1999. Nous croyions en votre sagesse, en votre attachement au renouveau et à la consécration des libertés mais l'espoir a laissé place à la déception dès lors que le Gouvernement marocain persiste dans une politique qui conduit vers l’échec patent.

Majesté,

Après seize années de guerre larvée avec son lot de morts de part et d'autre, ses orphelins, ses veuves, plusieurs milliards de dollars ont été dépensés inutilement pour soutenir les efforts d'une guerre injuste, dépensés vainement pour entretenir la haine au détriment de la paix et de l'espoir prometteur sur lesquels les regards demeurent braqués.

De cette tragédie est né graduellement  un espoir d'une paix juste après que le Gouvernement marocain et le Front POLISARIO eurent accepté, sous l'égide de l'ONU et de l'OUA  en vue de baliser la voie pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination. La mise sur pied de ce plan nous a coûté d'intenses efforts et un long parcours souvent semé d'embûches. Notre attachement au Plan de règlement et à la tenue du référendum d'autodétermination a contribué à l'éloignement du spectre de la guerre pendant quatorze ans et laissé entrouverte la porte de la paix.

Je souhaite ardemment que l'histoire n'écrira pas que vous avez fermé la porte de la paix et ouvert celle de la guerre dont les conséquences seront imprévisibles pour une région dont les peuples aspirent à la concorde, à la stabilité et au bien être économique et social, facteurs indispensables pour son développement.

La position affichée par votre Gouvernement concernant le conflit du Sahara Occidental, notamment à travers le mémorandum qu'il a adressé le 09  avril 2004 à l'ONU, dénote le  peu de cas qu'il éprouve des résolutions des Nations Unies qui exigent  depuis 1965 jusqu’à nos jours le parachèvement de la décolonisation du Sahara Occidental. Cette nouvelle position  constitue un reniement clair des engagements contractés antérieurement devant l'opinion internationale en commençant par la déclaration de Nairobi en 1981, suivis du  Plan de règlement en 1991 et enfin les accords conclus en 1997 à Houston.

Les  revirements opérés par le Gouvernement marocain constituent un réel motif de préoccupation pour le peuple sahraoui car ils mettent en cause tous les acquis mis laborieusement en place et mettent  en péril l'essentiel à savoir le référendum d'autodétermination. La politique d'intransigeance marocaine et le refus de souscrire au référendum d'autodétermination laissent, hélas le conflit ouvert à toutes les éventualités.

Majesté,

Au nom d'un avenir commun qui attend  impatiemment mais inévitablement d'être concrétisé, je vous demande instamment de vous départir des expériences ruineuses et mortelles à la fois, afin qu'ensemble et devant l'Histoire, nous surmontions les rancœurs  et nous nous acquittions de nos responsabilités afin de préserver nos deux peuples et ceux de la région de situations difficiles en ce début du XXI ème siècle.  Le monde, y compris le Maroc s'oriente inéluctablement vers  le progrès, la liberté, les valeurs démocratiques,  loin de tout ce qui a trait à la confiscation du droit de quelque peuple que ce soit à l'autodétermination et à l'existence.

Les cœurs des démocrates, des défenseurs des droits de l'homme et de tous ceux épris de paix et de justice sont pétris depuis plus d'un mois face à la répression qui s'abat sur la population sahraouie dont le tort est de manifester et d'organiser des sit-in pacifiques  pour réclamer le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Les images révoltantes de femmes bâillonnées, de jeunes piétinés par les forces de l'ordre marocaines en pleine rue et dans les campus universitaires, et  transmises par des télévisions européennes honorent-elle le Roi, le Royaume et le peuple marocain  avec toutes ses forces vives et démocratiques?  Les honorent-il que des jeunes filles sahraouies soient torturées de la sorte  par les forces de la sécurité marocaines? Les honore t-il que les domiciles des Sahraouis soient saccagés et leurs propriétaires expulsés ?  Est-il glorifiant pour le Maroc qu'en lieu et place de la démocratie à laquelle il aspire l'on entend  surtout le télescopage des matraques, les percussions des  baïonnettes et le grincement des portes métalliques des prisons?

Quel crime a commis l'activiste sahraouie des droits humains, Aminetou Haidar pour qu'elle soit arrachée de force à ses deux enfants en bas âge, qu'elle soit torturée sauvagement et en public avant d'être jetée derrière les barreaux de la "prison noire" d'El Aaiun ? Quel délit a-t-elle commis hormis le fait de réclamer un droit légal que lui confère la loi et le Droit international ?  Quel péché ont commis les manifestants sahraouis pacifiques qui ont subi des traitements inhumains et écopé de si lourdes peines dans des procès expédiés en un tournemain ?  Pourquoi condamne-t-on  les citoyens sahraouis Hassanna Elhairach à 20 ans de prison ferme,  Bouamoud Ahmed Salem à 15 ans de prison ferme et  Daoudi  Omar à 15 ans de prison ferme ? Ont-ils commis quelque chose de plus grave (en dehors) que de manifester pacifiquement et  demander l'autodétermination du peuple sahraoui, que le Gouvernement marocain a accepté il y a peu de temps encore?

Pourquoi les autorités marocaines empêchent-elles la visite du territoire sahraoui occupé de délégations composées d’élus, de parlementaires, de représentants d’ONG et des droits de l’homme ainsi que des organes de la presse ? Pourquoi continuent-elle d’imposer un black-out militaro sécuritaire sur le territoire et maintiennent la pression sur les quartiers et faubourgs des villes sahraouies ?

Majesté,

Les campagnes tendancieuses qui se veulent pour objectif de crisper davantage l'atmosphère entre les deux peuples marocains et sahraouis, le refus de regarder vers un avenir prometteur et la tentative de s'agripper à des positions extrémistes, dangereuses et lourdes de conséquences pour la résolution du conflit du Sahara Occidental, sont désormais d'un passé révolu.

Les conseillers et proches collaborateurs qui vous induisent en erreur par rapport à la réalité du conflit du Sahara Occidental et qui renouent à chaque occasion avec toutes sortes de manipulations et de diffamations, aspirent à envenimer la situation, à pousser à la divergence et aux dissensions.

Les diffamations et les campagnes de désinformation et d'intoxication  sont des politiques dont l'échec à été mis en évidence depuis fort longtemps. Les peuples de la région et du monde  ont été stupéfaits de constater le caractère mensonger des médias  marocains lorsqu'ils ont affirmé que des manifestations contre le POLISARIO ont eu lieu dernièrement à Aousserd et qu'une vague de répression s'abat sur les campements de réfugiés sahraouis.

Le monde entier est témoin que le Front POLISARIO, unique représentant du peuple sahraoui, constitue l'une des deux parties au conflit du Sahara Occidental, et que ses représentants se sont réunis au plus haut niveau, sous les auspices de l'ONU, avec les représentants de la partie marocaine avec lesquels ils ont conclu et signé le Plan de règlement  ONU/OUA et les accords complémentaires de Houston.

La politique actuelle du Maroc, caractérisée par la radicalisation et une fuite en avant à laquelle le Royaume consacre tous les moyens aussi bien au niveau des partis politiques que sur le plan médiatique, va irrémédiablement à l'encontre de l'intérêt du peuple marocain pour lequel on pourrait chercher et définir la base d’un consensus national dans des projets tels que le  développement, la démocratie, le respect des libertés  fondamentales, le respect du Droit international. Par contre, ce qui ne saurait être acceptable c'est la persistance de la propagande marocaine anti-algérienne qui frise l'hystérie, propagande qui s'accentue chaque fois que le régime marocain se trouve en difficulté par rapport au conflit du Sahara Occidental.

Il n'est plus acceptable également que les forces marocaines continuent de réprimer quotidiennement les populations civiles sahraouies, comme il n’est plus acceptable qu’elles continuent, en toute impunité à torturer les femmes sahraouies pacifiques, à poursuivre les enlèvements et à  commettre des exactions contre les défenseurs sahraouis des droits humains.

La radicalisation de la politique du Maroc  peut conduire à des dérapages dangereux comme le retour à la guerre, l'exécution d'un génocide comme ça été le cas au Timor Oriental ou une attaque contre un pays voisin.

Majesté,

Les  perspectives de la paix sont toutes tracées. « Le plan de paix pour l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental », connu sous le nom de Plan Baker et auquel le Conseil de sécurité a apporté son appui unanime à travers la résolution 1495 (juin 2003) nous a beaucoup coûté au regard des concessions que nous avons faites pour la réalisation de la paix. Nonobstant, il  constitue incontestablement l’unique voie pour mener à bien la décolonisation conformément à la légalité internationale.

Eu égard à ce qui précède, je vous réitère notre entière disposition au dialogue auquel nous demeurons entièrement ouverts pourvu que son cadre s’inscrive dans le cadre de la légalité internationale, et notamment  le parachèvement de la décolonisation de la dernière colonie en Afrique à travers l’organisation d’un référendum libre, équitable et démocratique au Sahara Occidental.

Recevez, Majesté, les assurances de ma haute considération.

Bir Lehlu, le 04 juillet 2005

Mohamed ABDELAZIZ,
Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique,
Secrétaire Général du Front POLISARIO." (SPS)

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SPS
RASD/MAROC/UNION EUROPEENNE/APPEL
Le Polisario appelle l’UE à venir en aide aux "populations sahraouies en détresse"



Bruxelles, 06/07/2005 (SPS) Le Ministre Délégué pour l’Europe, Mohamed Sidati, a lancé un appel en direction de l’Union Européenne (UE) pour venir en aide aux "populations sahraouies en détresse" réprimée férocement par les forces coloniales marocaines au Sahara Occidental, appelant à diligenter une enquête sur les violations des droits humains dans ce territoires ocupé depuis 1975 par le Maroc.

Dans une lettre adressée au Secrétaire Général du Conseil de l’UE et Haut Représentant de la Politique Etrangère et de Sécurité Commune, Javier Solana, le ministre a souligné qu’il  "incombe, plus que jamais, à l’UE et aux Etats qui la composent, de venir en aide aux populations sahraouies en détresse, et l’assistance à des personnes en danger", ajoutant que le Front Polisario est en droit de s’attendre à ce que l’UE "diligente une enquête pour que toute la lumière soit faite sur les événements tragiques qui se déroulent au Sahara Occidental".

M. Sidati rappellera que depuis le 21 mai drnier, les populations sahraouies vivant sous l’occupation sont l’objet à des actes de "répression implacable sans précèdent qui se succèdent en une macabre  litanie", soumis à  "la violence, la persécution, et le harcèlement" contre des personnes ayant  protesté "pacifiquement contre l’arbitraire marocain, et demandé le respect de leurs droits légitimes dont celui du peuple sahraoui à l’autodétermination".

Il s’attardera particulièrement sur l’arrestation d’Aminatu Haidar, cette activiste des droits de l’homme, qui a été enlevée en 1987, à l’age de 20 ans pour vivre les horreurs des bagnes secrets marocains (de 1987 jusqu’a 1991), survenue le 17 juin 2005, pour subir de nouveau les pires traitements et la livrer au "purgatoire de jugements iniques et à la vindicte de ses tortionnaires marocains".

"Le motif de son arrestation comme celui de ses compagnons n’est autre que ses convictions, jugées "outrageantes" par l’occupant, qu’elle a toujours clamé haut et fort qu’elle lutte pour le droit universellement reconnu du peuple sahraoui à l’autodétermination et son exercice par le moyen pacifique d’un referendum libre et démocratique", a-t-il rappelé.

Le sort réservé par l’occupant marocain aux hommes et femmes sahraouis, comme Aminatu Haidar, est "un affront à la conscience humaine, et constitue une insulte aux valeurs de justice, de démocratie, aux droits de l’homme qu’entend défendre l’Union Européenne dans le monde", a-t-il soutenu, ajoutant que le Maroc "piétine la dignité humaine, réprime au Sahara Occidental sans égard pour la Communauté Internationale et sans le moindre respect pour ses propres engagements".

Pour M. Sidati, l’UE doit intervenir immédiatement pour obliger le Maroc à "mettre un terme à sa répression féroce exercée indistinctement sur des populations sans défense, pour exiger de celui-ci de libérer tous les détenus sahraouis et cesser ses parodies de procès".

"L’Europe, si prompte à invoquer le droit d’ingérence humanitaire, est interpellé aujourd’hui à agir pour mettre un terme à la situation coloniale au Sahara Occidental et au supplice de son peuple" et se départir d’un partenaire qui a "la triste réputation d’être le deuxième pays au monde à ne pas respecter les résolutions de l’ONU et qui dispose d’un affligeant record en matière de violations de droits de l’homme", a-t-il martelé. (SPS)

010/090/100 061755 Jul 05 SPS

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