SPS TERRITOIRES
OCCUPES/PROCES
Réduction des peines de 21 prisonniers politiques sahraouis, le
Polisario réclame la libération de "ces innocents"
05.08.05
El Aaiun (territoires occupés),
05/08/2005 (SPS) La justice coloniale marocaine a réduit les
lourdes peines de prison de 15 prisonniers politiques sahraouis,
et a condamné six autres à des peines de trois à
deux ans de prison avec sursis, tous appréhendés au cours
des manifestations de l’Intifada déclenchée le 21 mai
dernier, a constaté le correspondant de la SPS.
A cet égard, la peine de 20 ans de prison ferme prononcée
contre Hassana EL Hairech, a été réduite à
six ans, alors que Boumoud Mohamed Salem et Daoudi Oumar,
condamnés à 15 ans de prison ferme chacun s’en sortent
avec trois ans. Trois autres condamnés à 8 ans de prison
ferme, Baba El Arabi, Hamadi El Karcha, Alouate Sidi Mohamed et El
Hafed, ont vu leurs peines réduites de moitié, alors que
Béchir Yaya et N’Dour Hussein bénéficieront de
deux ans de moins pour les six ans qu’il devait passer en prison.
En outre, les peines de 4 ans pour Abdelaziz Day ont été
réduites de moitié ainsi que Naffa Bouchama et Lamine
Badda. Deux autres, Chérif Hamou et Salami Mohamed Salem se
retrouvent avec cinq mois de prison ferme au lieu de deux ans pour le
premier et trois ans pour le second. Enfin, Chiyahou Brahim,
condamné précédemment à trois de prison
ferme s’en sort avec un an de sursis.
Par ailleurs six autres prisonniers politiques en liberté
provisoire ont été condamnés à des peines
allant de trois à un an de prison avec sursis, a-t-on
indiqué. C’est le cas Lehbib Ayoub, Asley Abdallahi,
Béchir Farrah, Hamou Rahali (blessé grave
hospitalisé) Radi Melainine et Khatar Lebeihi.
Le Front Polisario a réclamé "la libération
immédiate de ces innocents, qui n’ont commis d’autre
délit que celui de réclamer les libertés
fondamentales garanties par la Chartes de l’ONU et
l’indépendance de leur territoire colonisé par le Maroc".
"Cette enième mascarade de jugement des autorités
coloniales marocaines démontre on ne peut plus clairement le
caractère conformiste et totalitaire des instances judiaciaires
du Gouvernement marocain, qui reçoivent les sentences
déjà prononcés depuis les services du
ministère de l’interieur", a déploré la même
source.
Au cours de l’audience les inculpés ont clamé haut et
fort leur innocence et ont réaffirmé leur attachement
à l’autodétermination du peuple sahraoui et à son
indépendance, ont indiqué des sources oculaires, ajoutant
qu’ils sont sortis de la salle d’audience en scandant des slogans en
faveur de l’indépendance de leur pays.
Réagissant aussitôt, les forces du GUS se sont
acharnées sur eux avec leurs mattraques, alors que les familles
des victimes ont intervenu auprès du juge pour protéger
les inculpés. "Ce dernier n’a pas levé le petit pouce et
a laissé faire", a déploré la mère de l’une
des victimes présente sur les lieux.
Au moins deux des prisonniers ont été blessés,
dont l’un, N’Dour Hussein a été admis aux urgences de
l’hôpital Ben M’Hidi d’El Aaiun, alors que Alouate Sidi Mohamed a
été transporté en civière par le GUS dans
une fourgonnette, a-t-on indiqué.
"Devant l’extrême gravité des événements qui
se déroulent depuis quelques temps au Sahara Occidental et
l’urgence que requiert la situation, la Communauté
internationale doit prendre les mesures qui s’imposent pour assurer la
protection des populations civiles sahraouies et rétablir le
peuple sahraoui dans ses droits imprescriptibles à la
liberté et à l’indépendance", a
déclaré à SPS une source autorisée
sahraouie. (SPS)