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M. Abdelaziz saisit l'ONU pour élucider le sort de 500 disparus et 151 prisonniers de guerre sahraouis
 

02.11.05


 
Bir Lehlu (territoires libérés), 02/11/2005 (SPS) Le Président de la République, Mohamed Abdelaziz, a saisi le SG de l'ONU, Kofi Annan, pour intervenir auprès du Gouvernement marocain afin d'élucider le sort de plus de 500 disparus et de 151 prisonniers de guerre sahraouis aux mains du Maroc après la découverte récente de 40 cadavres de Sahraouis dans des fosses communes au Maroc.

" L'existence, même partielle de tels charniers, constitue (...) une preuve qui ne laisse nulle place au doute quant à la responsabilité totale et entière du Gouvernement marocain dans le lourd dossier des disparus et prisonniers de guerre sahraouis", a souligné le Président de la république dans une lettre à M. Annan, parvenue à SPS.

Le Maroc avait reconnu pour la première fois, le 08 octobre dernier, l'existence de fosses communes où ont été ensevelis cinquantaine détenus politiques, morts dans les geôles marocaines au cours des années soixante dix, quatre vingt et début des années quatre vingt dix, parmi lesquels 40 Sahraouis décédées des suites de la torture, ont été identifiées.

"A travers cette reconnaissance la preuve est ainsi faite de l'implication du Gouvernement marocain dans les violations persistantes des droits de l'homme, perpétrées dans le passé comme dans le présent à l'encontre des populations sahraouies qui ont été de tous temps soumises aux enlèvements et disparitions forcées ainsi qu'à  la torture systématique sous toutes ses formes", a-t-il ajouté.

"Eu égard à l'immense responsabilité de l'Organisation que vous présidez et aux valeurs de justice, de droit et de légalité internationale que vous incarnez, nous nous  nous adressons à vous faire connaître la vérité à propos des 500 disparus sahraouis" et à oeuvrer pour "la libération immédiate de ceux encore vivants parmi les 151 prisonniers de guerre sahraouis, incarcérés dans les prisons marocaines et éclaircir le sort des personnes décédées", a-t-il sollicité.                                                                 

Voici le texte intégral de cette lettre remise le 18 octobre dernier à M. Annan au siège de l'Onu à New York.

"Bir Lehlu, le 18 octobre 2005

Monsieur Kofi Annan,
Secrétaire général des Nations Unies
New York.


Monsieur le Secrétaire général,

L'existence, même partielle de tels charniers, constitue un développement nouveau d'une importance capitale et une preuve qui ne laisse nulle place au doute quant à la responsabilité totale et entière du Gouvernement marocain dans le lourd dossier des disparus et prisonniers de guerre sahraouis. A travers cette reconnaissance la preuve est ainsi faite de l'implication du Gouvernement marocain dans les violations persistantes des droits de l'homme, perpétrées dans le passé comme dans le présent à l'encontre des populations sahraouies qui ont été de tous temps soumises aux enlèvements et disparitions forcées ainsi qu'à  la torture systématique sous toutes ses formes.

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,

Nous sommes persuadés que la reconnaissance de tels faits, en ce moment précis, par le Gouvernement marocain a pour objectif de détourner l'opinion publique internationale du drame vécu par le peuple sahraoui sous l'occupation marocaine, et qui se déroule loin des regards du monde en raison, notamment du siège médiatique et sécuritaire imposé au territoire. Ce même drame se produit, malheureusement au vu et au su de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui (MINURSO).

A cet effet, il est important de multiplier les efforts pour faire valoir la vérité,  devenue plus qu'une exigence du fait des appels de détresse lancés jour après jour par les familles des disparus et des prisonniers de guerre sahraouis.

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,

Eu égard à l'immense responsabilité de l'Organisation que vous présidez et aux valeurs de justice, de droit et de légalité internationale que vous incarnez, nous nous  adressons à vous pour :

- Faire connaître la vérité à propos des 500 disparus sahraouis dont le sort demeure inconnu et ce, en procédant à la libération de ceux parmi eux qui se trouvent encore en vie,

- La libération immédiate de ceux encore vivants parmi les 151 prisonniers de guerre sahraouis, incarcérés dans les prisons marocaines et éclaircir le sort des personnes décédées,

- Imposer des sanctions internationales contre le Maroc qui soient à la mesure des fautes commises à l'encontre du droit et des traités internationaux, notamment son manque de respect pour les engagements conclus sous les auspices de votre Organisation tels le refus de souscrire au principe du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui (lettre du Gouvernement marocain, adressée le 29 avril 2004 aux Nations Unies), le refus d'appliquer les différentes résolutions des Nations Unies depuis le Plan de règlement ONU/OUA, approuvé en 1991 par le Conseil de sécurité (résolution 690), en passant par les accords complémentaires de Houston, en septembre 1997 et enfin le refus d'appliquer la résolution 1495 (juin 2003) portant sur l'organisation d'un référendum d'autodétermination du peuple du Sahara Occidental.

- Création d'un tribunal spécial international où devraient comparaître les responsables marocains impliqués dans les crimes contre l'Humanité, commis à l'encontre du peuple sahraoui, et  dont les exemples ne manquent pas: enlèvements, personnes décédées sous la torture, disparitions forcées, charniers, utilisation d'hélicoptères pour balancer des personnes vivantes, utilisation d'armes prohibées sur le plan international telles le napalm et le phosphore blanc.

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,

Il est illogique voir impossible du tout, d'user de la politique de deux poids deux mesures dans le traitement des crimes et des violations des droits de l'homme. Les Nations Unies, qui ont mis sur pied des tribunaux internationaux pour juger les responsables de crimes commis au Rwanda ou en ex-Yougoslavie et entrepris d'immenses efforts pour traduire en justice les  responsables de crimes contre l'Humanité commis en Amérique Latine et ailleurs doivent en faire de même au Sahara Occidental où les crimes commis sont de la même ampleur si ce n'est pire.

Si l'on emploie des paramètres et des critères différents pour les mêmes cas, cela voudrait-il dire  que la personne sahraouie constitue une exception et n'est donc pas concernée par les questions liées aux droits de l'homme? Ou que le Maroc est un pays susceptible de ne pas rendre compte et peut, en toute impunité  ne pas se conformer aux règles internationales?

La reconnaissance,  même  partielle par le Gouvernement marocain, de ses crimes contre le peuple sahraoui auxquelles s'ajoutent la détérioration constante des droits de l'homme dans les territoires sahraouis sous occupation marocaine exigent de la MINURSO un effort primordial dans le cadre de la protection des populations civiles sahraouies et ce,  dans l'attente de l'organisation d'un référendum libre et démocratique permettant au peuple sahraoui de choisir librement son destin.

Recevez, Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies, les assurances de ma haute et parfaite considération.

Mohamed Abdelaziz,
Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique,
Secrétaire général du Front POLISARIO".  (SPS)

010/090/100 021205 nov 05 SPS

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