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SPS
M. Abdelaziz
saisit l'ONU pour élucider le sort de 500 disparus et 151 prisonniers de
guerre sahraouis 02.11.05
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Monsieur le Secrétaire général,
L'existence, même partielle de tels charniers, constitue un développement
nouveau d'une importance capitale et une preuve qui ne laisse nulle place au
doute quant à la responsabilité totale et entière du Gouvernement marocain dans
le lourd dossier des disparus et prisonniers de guerre sahraouis. A travers
cette reconnaissance la preuve est ainsi faite de l'implication du Gouvernement
marocain dans les violations persistantes des droits de l'homme, perpétrées dans
le passé comme dans le présent à l'encontre des populations sahraouies qui ont
été de tous temps soumises aux enlèvements et disparitions forcées ainsi qu'à
la torture systématique sous toutes ses formes.
Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,
Nous sommes persuadés que la reconnaissance de tels faits, en ce moment précis,
par le Gouvernement marocain a pour objectif de détourner l'opinion publique
internationale du drame vécu par le peuple sahraoui sous l'occupation marocaine,
et qui se déroule loin des regards du monde en raison, notamment du siège
médiatique et sécuritaire imposé au territoire. Ce même drame se produit,
malheureusement au vu et au su de la Mission des Nations Unies pour
l'organisation d'un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui (MINURSO).
A cet effet, il est important de multiplier les efforts pour faire valoir la
vérité, devenue plus qu'une exigence du fait des appels de détresse lancés jour
après jour par les familles des disparus et des prisonniers de guerre sahraouis.
Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,
Eu égard à l'immense responsabilité de l'Organisation que vous présidez et aux
valeurs de justice, de droit et de légalité internationale que vous incarnez,
nous nous adressons à vous pour :
- Faire connaître la vérité à propos des 500 disparus sahraouis dont le sort
demeure inconnu et ce, en procédant à la libération de ceux parmi eux qui se
trouvent encore en vie,
- La libération immédiate de ceux encore vivants parmi les 151 prisonniers de
guerre sahraouis, incarcérés dans les prisons marocaines et éclaircir le sort
des personnes décédées,
- Imposer des sanctions internationales contre le Maroc qui soient à la mesure
des fautes commises à l'encontre du droit et des traités internationaux,
notamment son manque de respect pour les engagements conclus sous les auspices
de votre Organisation tels le refus de souscrire au principe du droit à
l'autodétermination du peuple sahraoui (lettre du Gouvernement marocain,
adressée le 29 avril 2004 aux Nations Unies), le refus d'appliquer les
différentes résolutions des Nations Unies depuis le Plan de règlement ONU/OUA,
approuvé en 1991 par le Conseil de sécurité (résolution 690), en passant par les
accords complémentaires de Houston, en septembre 1997 et enfin le refus
d'appliquer la résolution 1495 (juin 2003) portant sur l'organisation d'un
référendum d'autodétermination du peuple du Sahara Occidental.
- Création d'un tribunal spécial international où devraient comparaître les
responsables marocains impliqués dans les crimes contre l'Humanité, commis à
l'encontre du peuple sahraoui, et dont les exemples ne manquent pas:
enlèvements, personnes décédées sous la torture, disparitions forcées,
charniers, utilisation d'hélicoptères pour balancer des personnes vivantes,
utilisation d'armes prohibées sur le plan international telles le napalm et le
phosphore blanc.
Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,
Il est illogique voir impossible du tout, d'user de la politique de deux poids
deux mesures dans le traitement des crimes et des violations des droits de
l'homme. Les Nations Unies, qui ont mis sur pied des tribunaux internationaux
pour juger les responsables de crimes commis au Rwanda ou en ex-Yougoslavie et
entrepris d'immenses efforts pour traduire en justice les responsables de
crimes contre l'Humanité commis en Amérique Latine et ailleurs doivent en faire
de même au Sahara Occidental où les crimes commis sont de la même ampleur si ce
n'est pire.
Si l'on emploie des paramètres et des critères différents pour les mêmes cas,
cela voudrait-il dire que la personne sahraouie constitue une exception et
n'est donc pas concernée par les questions liées aux droits de l'homme? Ou que
le Maroc est un pays susceptible de ne pas rendre compte et peut, en toute
impunité ne pas se conformer aux règles internationales?
La reconnaissance, même partielle par le Gouvernement marocain, de ses crimes
contre le peuple sahraoui auxquelles s'ajoutent la détérioration constante des
droits de l'homme dans les territoires sahraouis sous occupation marocaine
exigent de la MINURSO un effort primordial dans le cadre de la protection des
populations civiles sahraouies et ce, dans l'attente de l'organisation d'un
référendum libre et démocratique permettant au peuple sahraoui de choisir
librement son destin.
Recevez, Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies, les assurances de ma
haute et parfaite considération.
Mohamed Abdelaziz,
Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique,
Secrétaire général du Front POLISARIO". (SPS)
010/090/100 021205 nov 05 SPS
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