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SPS
RASD/MAROC/APPEL
Le Président de la République appelle l’élite
marocaine à "relever le défi de la paix" dans la
région
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Tifariti (territoires
libérés), 02/06/2005 (SPS) Le Président de
la République, Mohamed Abdelaziz, a appelé le peuple
marocain à "relever le défi de la paix afin
d’être en conformité avec les résolutions
internationales et les valeurs humanitaires qui constituent le socle
des droits de l’Homme et celui de l’autodétermination des
peuples", et s’associer avec leurs frères Sahraouis pour
"regarder ensemble l’avenir avec optimisme et espoir". Voici à
présent le texte intégral de cette lettre, dont une copie
est parvenue à SPS.
"Depuis plus d’une semaine la partie
occupée du Sahara Occidental et toutes les localités ou
vivent des communautés sahraouies sont le
théâtre d’affrontements sanglants entre un peuple
pacifique réclamant son droit démocratique à
l'autodétermination qui lui est reconnu universellement et
les forces armées marocaines dans toutes leurs composantes
(armées, police anti-émeutes, gendarmerie, forces
auxiliaires…).
L’acharnement avec une rare violence
et la vague de répression qui s’est abattue sur la population
sahraouie à huis clos a présenté un spectacle
tragique, celui d’un peuple meurtri par la répression et par
tant d’année d’occupation et d’injustice.
Les photos qu’on croit tout droit
sorties de l’horreur et les traces cruelles consécutives
à la torture et aux sévices infligés à des
dizaines de sahraouis par les forces de sécurité
marocaines ont suscité une vive réprobation dans tous les
continents. Les réactions ont été
particulièrement fortes, car les organisations
internationales pour la défense des droits de l’homme, les
institutions et un grand nombre d’Associations ont
dénoncé avec force les violations des droits humains des
sahraouis, le non respect des libertés individuelles et ont
exprimé leur solidarité avec le droit inaliénable
du peuple sahraoui à la liberté et à
l’autodétermination.
Seul le peuple marocain, témoin
de la répression sauvage des populations sahraouies et des
événements tragiques qui viennent de se dérouler
dans la plupart des villes du Sahara Occidental a fait preuve d’un
mutisme déconcertant, observant en spectateur les dures
épreuves d’un peuple soumis à l’injustice. Pourtant tout
lie nos deux peuples, le voisinage, l’histoire, l’espoir de
voir s’affirmer dans notre région une zone de
paix et de concorde essentielles pour la restauration d’un
dialogue sincère et fructueux, et incarnant par la même
occasion les aspirations profondes de l’ensemble de ses peuples et
celles des générations futures, l’espoir aussi de voir se
concrétiser et s’épanouir nos valeurs communes de justice
et de démocratie loin de la guerre et du chauvinisme funeste.
Suite à une répression
en règle des civils sahraouis sans défense qui
réclament leur droit à l’autodétermination,
et qui n’ont que des banderoles en guise de symbole de
protestation, les réactions internationales se
succèdent depuis une semaine , à l’image des lettres de
soutien et de solidarité émanent des partis politiques,
des parlements, des représentants de la
société civile, des personnalités
indépendantes des organisations syndicales …L’appui le
plus significatif que nous attendions avec une grande impatience, et
qui exprime la solidarité du peuple frère marocain
ne s’est malheureusement pas manifesté.
Un grand peuple comme le peuple
marocain qui a enfanté des hommes illustres tels Mohamed V,
Mohamed Abd Lekrim Khatabi, Zerghtouni, Hamou Zayani, le Fquih Basri
Mehdi Ben Barka, figure de proue du nationalisme marocain, Abdeslam
Yassine, Allal Ben Abdalla, Abdelatif Zeroual, Saida Mounebhi, Touhani
Amin, Oumar Dehkoun, Mohamed Benouna, Omar Ben Jelloun , Nadia Yassine,
Belhouari, Dridi et bien d’autres, dont les combats contre le
colonialisme ont laissé des traces indélébiles
dans la mémoire collective de leur peuple et des peuples
voisins, ne peut, au nom d’un rêve utopique, désuet,
rester impassible devant l'abandon d’un futur rayonnant et
prometteur auquel aspire nos deux peuples frères..
Un grand peuple comme le peuple
marocain qui a donné à la culture contemporaine une
élite qui restera éternellement témoin de la
créativité tels Mokhtar Soussi, Mohamed Abed Al Jabri,
Abdallah Hamoudi, Abdallah Aroui, Mehdi Menjra, Mohamed Drif, Mohamed
Tozi, Mohamed Barada, Taher Ben Jeloun, Fatma Merini, Moumen Diouri,
Abdallah Azrica, Abdelatif El abi, Abdelhamid Aka, Mohamed Kessous,
Touraya Jebrane et autres et qui, en dépit des années de
plomb toujours palpables, a fait montre d’une grande disposition
pour la consécration des droits de l’Homme et la
démocratie, ne peut garder le silence devant la violence d’une
rare sauvagerie dont ont été victimes les
étudiants sahraouis qui ont manifesté devant le campus
universitaire de Rabat.
Au cours des dernières
années, et au regard de l’immense
responsabilité qui exige plus que jamais de redoubler d’efforts
pour garantir à nos peuples un avenir commun, les élites,
les partis politiques et les intellectuels marocains avaient,
pendant les dix premières années du conflit,
appuyé fermement, parfois avec zèle les
thèses du Gouvernement marocain. Si les conditions
régionales et mondiales étaient favorables à une
telle inflexion, il n’en est plus de même aujourd’hui, et donc il
n’y a plus de raison à ce que les intellectuels
démocrates, les élites, les partis politiques et les
instances de la société civile cautionnent la politique
du Gouvernement marocain tendant à confisquer le droit
démocratique sur les frontières sud du Maroc.
Nous avons affirmé a plusieurs
reprises, et chaque fois que l’occasion nous a été
donné que la position exprimée dernièrement
par le Maroc, consistant à récuser le principe même
du référendum constitue une rébellion contre la
communauté internationale et une entrave sérieuse aux
efforts déployés par celle-ci depuis des
décennies, pour résoudre pacifiquement le conflit. Cette
politique, en contradiction avec les engagements auxquels a
pleinement souscrit le Maroc, mine les efforts laborieusement
consentis par l'ONU et laisse la voie libre à tous les
dérapages dans la région du Maghreb.
Depuis les années soixante dix,
et en dépit de ses contradictions et calculs fallacieux, le
Gouvernement marocain s’est toujours montré disposé
à respecter le droit du peuple sahraoui à
l’autodétermination et les accords signés avec le Front
POLISARIO en vue de l’organisation d’un référendum,
libre, juste et démocratique au Sahara Occidental sous
l’égide des Nations Unies.
Un mois après les
émeutes sanglants de Zemla, le 17 juin 1970 et le
soulèvement historique du peuple sahraoui qui marqua un
nouveau jalon dans l'évolution du Mouvement de Libération
Nationale contre le colonialisme espagnol, qui était alors
soumis à de très fortes pressions, le défunt
Hassan II a déclaré lors d’une conférence de
presse tenue le 30 juillet 1970 qu’à « défaut
d’une quelconque revendication par rapport au Sahara
espagnol, le Maroc s’en tient uniquement au libre choix des
populations du territoires qui s’exprimeront sur leur
destin ». Lors de la création, en mai 1973 du
Front POLISARIO en vue du parachèvement de la
souveraineté nationale sur l'intégralité du
territoire, on s’attendait surtout à une aide consistante
de la part du Maroc et à l’engagement tel qu’il a
été formulé par le Roi Hassan II.
Le Maroc, obnubilé par
son vieux projet expansionniste du “grand Maroc” et une vision
totalement étriquée a changé radicalement de
position lorsque l’Espagne envoya en 1974 une lettre à
l’Assemblée générale préconisant ,
dès le début 1975 l’organisation d’un
référendum d’autodétermination. Le Gouvernement
marocain fit volte-face et fit valoir des revendications
historiques maroco- mauritaniennes sur le Sahara Occidental.
En effet, à la demande du
Maroc, l'Assemblée générale de l'ONU devait saisir
la Cour Internationale de Justice (CIJ) par sa résolution 3292
(13 décembre 1974), lui demandant d'émettre son avis
consultatif sur la nature des relations entre le territoire du Sahara
Occidental d'un côté et le royaume du Maroc et l'ensemble
mauritanien, de l'autre et ce qui peut s'en suivre sur l'application du
principe d'autodétermination.
L'avis consultatif de la Cour
Internationale de Justice de La Haye sera émis le 16 octobre
1975, réaffirmant textuellement dans le chapitre 162 de son
verdict que « les éléments et les informations en
possession de la Cour ne font état d'aucune souveraineté
entre le territoire du Sahara Occidental d'un côté et le
royaume du Maroc et l'ensemble mauritanien de l'autre ». Partant
de ce fait, la Cour n'a pas trouvé de relations juridiques
pouvant influencer la mise en oeuvre de la résolution 1514 (XV)
de l'Assemblée générale de l'ONU.
Après avoir
navigué à contre courant de l’histoire et du droit
international et après sept ans de guerre fratricide, le Roi
défunt a soutenu, en 1981 au Sommet de l’OUA à Nairobi,
l’intention du Maroc de souscrire à la légalité en
acceptant la voie des urnes pour résoudre le conflit du Sahara
Occidental. Le Roi Hassan II réitéra devant la
37ème session de l’Assemblée générale des
Nations Unies en date du 27 août 1983 le souhait ardent du Maroc
d’aller au référendum et de respecter ses
résultats, d’accepter un cessez-le-feu et d’ouvrir le territoire
aux observateurs internationaux. C’est à partir de ce
moment que les deux parties au conflit, le Maroc et le Front POLISARIO,
entreprirent sous l’égide de l’ONU et de l’OUA, les bons
offices en vue de baliser la voie pour
l’avènement de la paix à travers une solution juste et
démocratique conformément au Droit international, et qui
devinrent par la suite Plan de paix ONU-OUA , approuvé par le
Conseil de sécurité à travers la
résolution 690 (1991), qui laissera entrevoir le début
d’une issue heureuse du conflit.
Avant et après cette
période, le Roi défunt et bon nombre des membres de son
Gouvernement avaient laissé entendre que le Maroc serait le
premier pays à ouvrir une ambassade au Sahara Occidental si
l’option de l’indépendance l’emportait. Pour sa part, le Front
POLISARIO s’est engagé à respecter scrupuleusement le
choix des Sahraouis quel qu’il soit.
Les efforts de paix ont abouti
au processus de négociations entre les deux parties,
conduit par M. James Baker, Représentant personnel du
Secrétaire général des Nations unies, et
à l'acceptation solennelle en septembre 1997 par le
royaume du Maroc et par le Front Polisario des accords de Houston qui
ont fixé l'ensemble des modalités relatives à
l'organisation et au contrôle par les Nations unies d'un
référendum d'autodétermination libre et impartial
au profit du peuple sahraoui. Le Front POLISARIO, convaincu que la paix
demeure une option stratégique, a consenti des concessions de
taille, car au lieu de s’en tenir à la consultation
populaire sur la base du recensement espagnol de 1974, recensement qui
ne peut être objet de contestation en raison de son
administration par l’Espagne pendant cent ans, nous avons
accepté la participation de tous les marocains qui se trouvaient
dans le territoire avant 1999 après une période
transitoire d’autonomie de 4 à 5 ans conformément au
« Plan de paix pour l’autodétermination du peuple du
Sahara Occidental », approuvé par le Conseil de
sécurité (Rés 1495 –juin 2003).
En revenant sur ses engagements
contractés sous les auspices de l’ONU et en engageant de
nouvelles manœuvres dilatoires pour faire échouer le processus
de paix, le Maroc refuse aujourd’hui tout simplement de souscrire au
principe même du référendum. Cette attitude
irresponsable, et qui dénote le peu de cas
qu'éprouve le Maroc à l'égard de l'ONU et du
droit international peut avoir des conséquences fâcheuses
pour la paix, ce qui ne manquera pas de replacer le
conflit dans son contexte en 1980, c’est à dire avant le
sommet de Nairobi. Entre les concessions faites pour trouver une
issue au problème et la confiscation du droit imprescriptible du
peuple sahraoui à l’autodétermination, il y a un
écart considérable.
Le peuple marocain acceptera t-il,
après toutes ces péripéties et ces longues et
douloureuses années que le spectre de la guerre plane une
nouvelle fois sur notre région ? Acceptera
t-il qu’on soutienne l’effort de guerre au détriment
de projets à même de sortir le pays du marasme
économique ? Acceptera t-il qu’on injecte quotidiennement
3 millions de dollars pour financer une guerre
dévastatrice alors que l'ampleur de la misère et de la
paupérisation sont à leur paroxysme au Maroc ? Acceptera
t-il enfin que le chômage atteigne son summum
et que la dette du pays se chiffre à coup de milliards de
dollars ?
Les élites démocrates au
Maroc, tels Abdel Hamid Barada, Abderahmane Ben Amar, Abderahman Jamai,
Abdelhamid Amin, Mohamed Sabar et bien d’autres, accepteraient-ils que
leur pays s’isole davantage de la Communauté internationale ?
Acceptent-ils que leur pays continue à s’inscrire en porte
à faux des efforts de la communauté internationale
et continue à se dérober de ses engagements
internationaux en refusant une consultation référendaire
démocratique ?
La position du Gouvernement marocain
de souscrire au principe de référendum au Sahara
Occidental est en totale contradiction avec la légalité
internationale. Pour la communauté internationale toute
entière, la question du Sahara Occidental est un problème
de décolonisation inachevée, dont la solution
réside dans l'application des résolutions pertinentes des
Nations Unies relatives au droit du peuple du Sahara Occidental
à l'autodétermination, au moyen d'un
référendum libre et impartial. L'ONU intervient dans le
dossier du Sahara Occidental depuis le 16 décembre 1965
(Rés 2072), quand elle l’inscrit sur la liste des
territoires et des peuples non autonomes de la 4ème Commission,
dite « des politiques spéciales et de la
décolonisation ». Ce faisant, l'ONU affirme le droit du
Sahara Occidental à la décolonisation conformément
aux dispositions pertinentes de la Charte des Nations unies et de la
résolution de l'Assemblée générale 1514
(XV) contenant la Déclaration sur l'octroi de
l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux de 1960.
Le peuple marocain et ses
élites, connus pour leurs contributions considérables en
matière de légalité internationale se doivent de
trouver la solution appropriée aux questions suivantes :
Pourquoi le droit international et les institutions qui le
représentent n’ont jamais reconnu aucune
légitimité, ni souveraineté du Maroc sur le Sahara
Occidental, pas plus qu’aucun pays ne l’a jamais fait ?
Pourquoi les Nations Unies ont déclaré, le 29 janvier
2002, à la faveur de l'avis juridique émis par leur
Conseiller juridique, M. Hans Correl que le Maroc ne peut pas se
prévaloir du statut de puissance administrante du Sahara
Occidental ? Pourquoi un grand nombre de pays à travers le monde
reconnaissent la République Arabe Sahraouie Démocratique
? Pourquoi la RASD est un pays fondateur de l’Union africaine ?
Pourquoi le droit à l’autodétermination joui-t-il d’une
audience internationale aussi importante ? Pourquoi
l’expérience du peuple sahraoui dans les Campements de
réfugiés, modeste soit elle, suscite tant de
respect sur le plan international ? Parmi les centaines de
journalistes qui ont visité les Campements de
réfugiés sahraouis, dont le journaliste marocain, Ali
Lemrabet et les milliers de visiteurs étrangers, les
organisations internationales et non gouvernementales qui
opèrent sur place, pourquoi aucun d’eux n’a
évoqué les prétendues «
séquestrations » ?
Il est certain que les
réponses, qui outrepassent le discours officiel comme
les thèses éculées des « complots
ourdis de l’étranger » , « la conspiration »,
« le mercenariat » et les « ennemis de
l’intégrité territoriale », sont du ressort
et de la responsabilité du peuple marocain frère en
général, et son élite en particulier.
Pourquoi l’élite du Maroc
frère accepte-t-elle qu’on impute à l’Algérie les
échecs cuisants de la position officielle du Maroc à
propos du conflit ? Pourquoi oblige t-on toujours le peuple
marocain à imputer à l’étranger l’incendie qui
embrase sa demeure? La position de l’Algérie n’a pas
changé d’un iota que ce soit en 2005 ou lorsqu’elle a
voté la résolution 2072 en 1965 sur le Sahara Occidental.
Il en est de même pour un grand nombre de pays qui votent
chaque année des résolutions qui appuient le droit du
peuple sahraoui à l’autodétermination.
La refus de souscrire au
principe même du référendum n’est pas
seulement en contradiction avec les engagements officiels du
Gouvernement marocain, ni avec le droit international qui
considère le Sahara Occidental comme étant un
problème de décolonisation, mais constitue un affront et
une tentative de tourner le dos à la volonté du peuple
sahraoui de choisir son destin en toute liberté. Cette
volonté va en s’accentuant depuis le soulèvement
populaire de Zemla en 1970 contre le colonialisme espagnol, jusqu’au
soulèvement d’El gouvernementales, trente cinq ans après,
contre l’occupation marocaine, et qui a englobé les
communautés sahraouies ou qu’elles se trouvent. Entre ces deux
dates historiques, et loin du discours propagandiste, le peuple
sahraoui a de tout temps exploité toutes les occasions pour
réclamer son droit légitime à l’existence et
à la liberté.
Quatre mois seulement avant l’annexion
du territoire sahraoui par le Maroc, les Nations Unies, à
l’instar de la résolution par laquelle la Cour de Justice de la
Haye a émis son avis juridique, avait envoyé
à la même époque une mission d'enquête au
Sahara Occidental et aux trois pays voisins, l'Algérie, le Maroc
et la Mauritanie. Le rapport de cette mission, publié le 11
octobre 1975, cinq jours seulement avant le verdict de la CIJ, a
réaffirmé dans plusieurs passages, que "les personnes
rencontrées par la mission à l'intérieur du
territoire et en dehors de celui-ci, ont réaffirmé leur
attachement aux objectifs du Front Polisario pour l'indépendance
du territoire". Et avant de clore cette partie historique, il y lieu de
rappeler la résolution 2983 de l'AG de l'ONU du 14
décembre 1972, qui réaffirme le droit inaliénable
du peuple sahraoui à l'autodétermination et à
l'indépendance, conformément à la
résolution 1514 de l'AG, ainsi que la légitimité
de son combat pour jouir de son droit à
l'autodétermination et à l'indépendance, appelant
tous les pays à fournir tout le soutien matériel et moral
à son combat.
Les intellectuels marocains ne doivent
pas t-ils se poser la question à propos de
l’appréhension extrême des autorités par rapport
à un référendum ou deux options sont
offertes , celle de l’indépendance et celle de
l’intégration au Maroc ? N’est-il pas illusoire, superflu
et grotesque à la fois que les autorités marocaines
parlent d’une partie du peuple sahraoui dans les territoires
occupés « revendiquant sa
marocanité » alors que l’autre partie est
séquestrée dans les Campements de réfugiés
? Et pourquoi, ces mêmes autorités ne
permettent-elles pas à ces deux parties d’exprimer leur
appartenance à travers un référendum
démocratique, et Dieu aura ainsi épargné à
ses croyants de s’entretuer ?
Le Gouvernement marocain n’est-il
pas en contradiction flagrante avec la réalité
lorsqu’il clame haut et fort être un pays démocratique au
moment où il transforme les villes sahraouies en forteresse,
s’acharne avec une rare violence sur des manifestants qui
réclament la fin de l’occupation de leur pays, accentue
chaque jour la répression, multiplie les assassinats et
les disparitions loin des caméras des télévisions
et impose un blocus médiatique et politique…. S’il y a
bien une conséquence à tirer de ce dernier
soulèvement au Sahara Occidental pour le peuple marocain
frère, c’est de ne pas croire dans les discours officiels
passés en boucle telle une antienne, discours qui
alternent chantages et menaces contre des ennemis qui
n’existent que dans la propre imagination du Gouvernement
marocain. Ce dernier en est bien entendu l’unique
bénéficiaire, surtout lorsqu’on sait qu’il dispose de la
plus importante armée sur le plan numérique dans la
région tandis qu’une grande partie de la population vit sous le
seuil de la pauvreté.
Le peuple marocain digne accepte-t-il
de voir des femmes sahraouies de tout âges, parfois en
état de grossesse malmenées,
piétinées, et qui assistent impuissantes à
la répression féroce de leurs enfants qui finissent en
cachots, loin d’elles ? Des hommes nobles tels Abou Bakr Jamai, Ali
Lemrabet, Idriss Benani, Ben Chemsi et bien d’autres accepteraient
t-ils que les valeurs humaines soient foulées au pied de la
sorte, que la liberté d’expression soit bafouée avec
cette brutalité au Sahara Occidental au vu et au su de
tout le monde ? Nous pouvons avoir des idées divergentes, mais
l’on doit défendre, mutuellement notre droit à la
différence.
Eu égard à
la guerre féroce menée contre notre petit peuple,
nous ne voulons pas et n’aspirons pas à insulter l’avenir, car
nous sommes persuadés qu’il s’agit d’un avenir radieux et
prometteur qui attend nos deux peuples frères. Rien ne
saurait justifier à nos yeux de toucher un seul cheveu
d’un citoyen marocain même au temps ou quelques mouvements de
libération recouraient au terrorisme en tant que moyen
"légal" de résistance.
Malgré les violations
persistantes des droits de l’homme au Sahara Occidental par le
Gouvernement marocain et le déversement par son aviation des
bombes de napalm et de phosphore sur nos populations civiles lors de
leur exode forcé, nous avons ouverts les bras, dès le
début du cessez-le feu, au peuple frère marocain et avons
décidé d’ouvrir une nouvelle page. Chaque fois que le
Gouvernement marocain essaie de mettre de nouvelles barrières
entre nous, nous essayons de les contourner. C’est aussi ce qui nous a
amené à accepter le dernier Plan Baker préconisant
la participation de nos frères marocains résidants dans
le territoire en tant que votants potentiels. Aussi, sommes-nous
convaincus des aptitudes des deux peuples sahraouis et marocains
à relever le défi, celui de l’avènement d’une paix
juste et définitive qui permettrait au peuple sahraoui de
choisir librement son destin. Notre confiance totale en notre peuple et
dans nos convictions ne nous ont pas incité à
réclamer « un référendum confirmatif
» de l’indépendance, lui préférant la
confirmation de la démocratie sur le terrain.
En dépit du refus du
Gouvernement marocain de reconnaître l’existence de 155
soldats de guerre sahraouis et de maintenir dans le secret total
500 disparus civils dont le sort demeure inconnu, nous avons pris
l’initiative, à plusieurs reprises et lors de différentes
occasions et sans occasion, de libérer de manière
unilatérale et en signe de bonne volonté des
groupes de prisonniers de guerre marocains rapatriés
aussitôt dans leurs foyer.
Les trente ans de conflit
doivent servir à de leçon nos deux peuple. Nous
devons en tirer les conséquences pour poser les jalons de
la paix et bâtir les bases solides d’un avenir commun. La
réalité tangible qui s’offre à nos yeux est
qu’à l’issue de trente ans, aucune force au monde ne peut
annihiler la volonté d’un peuple fut-il petit, et partant
l’empêcher d’exister et de recouvrer sa liberté.
La tournée sécuritaire
de 1975 qui devait prendre fin dans une semaine se poursuit trente ans
après. Elle a engendré des souffrances
indescriptibles et endeuillé des milliers de familles. Aucune
raison ne justifie aujourd’hui le retour à la guerre et à
ses corollaires d’autant que la voie d’une paix juste et
définitive pouvant être édifiée sur la
légalité et le droit international est toute
tracée.
Ces trente ans de conflit ont
été défalquées pour toujours des chances
qui s’offraient aux deux peuples sahraoui et marocain. Elle a
empêché les enfants d’améliorer et de
parfaire leur scolarité, elle a entravé le
développement, barré la route au progrès
social et éreinté les populations. Un règlement
juste du conflit du Sahara occidental va certainement créer une
atmosphère d’harmonie, de paix et de coopération
bénéfique pour tous les pays et les peuples de la
région.
Le Front POLISARIO émet le
souhait que le Gouvernement du Maroc se rende compte qu’en
déclarant son refus de souscrire à la
légalité, notamment l’organisation d’un
référendum d’autodétermination du peuple sahraoui,
il défie toute la communauté internationale et se hasarde
vers une escalade extrêmement dangereuses. Aussi, le peuple
marocain doit être conscient que les multiples concessions
que nous avons faites tout au long des années
écoulées ne constituent pas un signe de faiblesse,
loin s’en faut, mais plutôt un désir sincère de
mettre fin au conflit à travers le moyen le plus
démocratique à savoir le vote libre et
démocratique. A ce moment là, nos deux peuples
frères oeuvreront de concert avec les autres peuples de la
région pour concrétiser leurs aspirations et
arriver à cet idéal. Le peuple marocain frère,
avec toutes ses composantes et ses forces vives se doit de relever le
défi, celui de la paix afin d’être en conformité
avec les résolutions internationales et les valeurs humanitaires
qui constituent le socle des droits de l’Homme et celui de
l’autodétermination des peuples.
Notre confiance est grande en vous,
élites et peuple marocain frère. La main de la paix que
nous vous tendons est sincère. Associons-nous pour regarder
ensemble l’avenir avec optimisme et espoir, cet avenir radieux auquel
aspire nos peuples frères et nos générations
futures." (SPS)
010/090/100 022041 jun 05 SPS
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