SAHARA PRESS SERVICE

SPS
RASD/MAROC/APPEL
Le Président de la République appelle l’élite marocaine à "relever le défi de la paix" dans la région



02.06.05



Tifariti (territoires libérés), 02/06/2005 (SPS) Le Président de la République, Mohamed Abdelaziz, a appelé le peuple marocain à "relever le défi de la paix  afin d’être en conformité avec les résolutions internationales et les valeurs humanitaires qui constituent le socle des droits de l’Homme et celui de l’autodétermination des peuples", et s’associer avec leurs frères Sahraouis pour "regarder ensemble l’avenir avec optimisme et espoir".

"Aucune raison ne justifie aujourd’hui le retour à la guerre et à ses corollaires d’autant que la voie d’une paix juste et définitive pouvant être édifiée sur la légalité et le droit international est toute tracée", a notamment soutenu le Président de la République dans une lettre adressée à l’élite marocaine, rendu public ce jeudi.

Déplorant que pendant les dix premières années du conflit,  les élites, les partis politiques et les intellectuels marocains  avaient "appuyé fermement, parfois avec zèle  les thèses du Gouvernement marocain", M. Abdelaziz a estimé qu’il n’y a plus de raison maintenant à ce que les intellectuels démocrates continuent à "cautionner la politique du Gouvernement marocain tendant à confisquer le droit démocratique sur les frontières sud du Maroc".

Il s’interrogera sur les raisons qui poussent l’élite marocaine à  accepter qu’on attribue à l’Algérie les échecs cuisants de la position officielle du Maroc à propos du conflit  et qu’on oblige toujours le peuple marocain à "imputer à l’étranger l’incendie qui embrase sa demeure".

Des élites qui ne peuvent "garder le silence devant la violence d’une rare sauvagerie" dont ont été victimes les Sahraouis dans les universités marocaines et dans les territoires occupés du Sahara Occidental, a-t-il martelé, déplorant que l’appui le plus significatif attendu avec une grande impatience du peuple frère marocain "ne s’est malheureusement pas manifesté".

"Le peuple marocain digne accepte-t-il de voir des femmes sahraouies de tout âges, parfois en état de grossesse malmenées, piétinées, assistant impuissantes à la répression féroce de leurs enfants qui finissent dans les cachots, loin d’elles", s’est-il interrogé.

Il invitera l’élite marocaine à  tirer les conséquences de ce dernier soulèvement sahraoui  et de "ne pas croire dans les  discours officiels passés en boucle telle une antienne, qui alternent  chantages et  menaces contre des ennemis qui n’existent que dans la propre imagination du Gouvernement marocain"(…) " Nous pouvons avoir des idées divergentes, mais l’on doit défendre, mutuellement notre droit à la différence", a-t-il soutenu.

Il exhortera cette même élite à s’interroger sur "l’appréhension extrême" des autorités marocaine par rapport à un référendum où deux options sont offertes, celle de l’indépendance et celle de l’intégration au Maroc ainsi que sur les raisons qui poussent Rabat à empêcher que les Sahraouis s’expriment sur leur futur à travers un référendum démocratique, "et Dieu aura ainsi épargné à ses croyants de s’entretuer".
   
Pour le Président de la République "aucune force au monde ne peut annihiler  la volonté d’un peuple fut-il petit, et partant l’empêcher d’exister et de recouvrer sa liberté", estimant qu’un règlement juste du conflit du Sahara occidental va certainement "créer une atmosphère d’harmonie, de paix et de coopération entre les pays de la région, et serait bénéfique pour tous les peuples de la région".

Le texte intégral de cette lettre sera diffusé par SPS incessamment. (SPS)

010/090/100 021124 jun 05 SPS





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RASD/MAROC/APPEL
Le Président de la République appelle l’élite marocaine à "relever le défi de la paix" dans la région






Tifariti (territoires libérés), 02/06/2005 (SPS) Le Président de la République, Mohamed Abdelaziz, a appelé le peuple marocain à "relever le défi de la paix  afin d’être en conformité avec les résolutions internationales et les valeurs humanitaires qui constituent le socle des droits de l’Homme et celui de l’autodétermination des peuples", et s’associer avec leurs frères Sahraouis pour "regarder ensemble l’avenir avec optimisme et espoir". Voici à présent le texte intégral de cette lettre, dont une copie est parvenue à SPS.

"Depuis plus d’une semaine la partie occupée du Sahara Occidental et toutes les localités ou vivent  des communautés sahraouies sont le théâtre d’affrontements sanglants entre un peuple pacifique réclamant son droit démocratique à l'autodétermination qui lui est reconnu universellement  et les forces armées marocaines dans toutes leurs composantes (armées, police anti-émeutes, gendarmerie, forces auxiliaires…).

L’acharnement avec une rare violence et la vague de répression qui s’est abattue sur la population sahraouie à huis clos a présenté un spectacle tragique, celui d’un peuple meurtri par la répression et par tant d’année d’occupation et d’injustice.

Les photos qu’on croit tout droit sorties de l’horreur et les traces cruelles consécutives à la torture et aux sévices infligés à des dizaines de sahraouis par les forces de sécurité marocaines ont suscité une vive réprobation dans tous les continents. Les réactions ont été particulièrement fortes,  car les organisations internationales pour la défense des droits de l’homme, les institutions et un grand nombre d’Associations ont dénoncé avec force les violations des droits humains des sahraouis, le non respect des libertés individuelles et ont exprimé leur solidarité avec le droit inaliénable du peuple sahraoui à la liberté et à l’autodétermination.

Seul le peuple marocain, témoin de la répression sauvage des populations sahraouies et des événements tragiques qui viennent de se dérouler dans la plupart des villes du Sahara Occidental a fait preuve d’un mutisme déconcertant, observant en spectateur les dures épreuves d’un peuple soumis à l’injustice. Pourtant tout lie nos deux peuples,  le voisinage, l’histoire, l’espoir de  voir s’affirmer dans notre   région  une zone de paix et de concorde essentielles  pour la restauration d’un dialogue sincère et fructueux, et incarnant par la même occasion les aspirations profondes de l’ensemble de ses peuples et celles des générations futures, l’espoir aussi de voir se concrétiser et s’épanouir nos valeurs communes de justice et de démocratie loin de la guerre et du chauvinisme funeste.
 
Suite à une répression en règle des civils sahraouis sans défense qui réclament leur droit à l’autodétermination, et  qui n’ont que des banderoles en guise de symbole de protestation,  les  réactions internationales se succèdent depuis une semaine , à l’image des lettres de soutien et de solidarité émanent des partis politiques, des parlements,  des représentants de la société civile, des personnalités indépendantes des  organisations syndicales …L’appui le plus significatif que nous attendions avec une grande impatience, et qui exprime la  solidarité du peuple frère marocain ne s’est malheureusement pas manifesté.
 
Un grand peuple comme le peuple marocain qui a enfanté des hommes illustres tels Mohamed V, Mohamed Abd Lekrim Khatabi, Zerghtouni, Hamou Zayani, le Fquih Basri Mehdi Ben Barka, figure de proue du nationalisme marocain, Abdeslam Yassine, Allal Ben Abdalla, Abdelatif Zeroual, Saida Mounebhi, Touhani Amin, Oumar Dehkoun, Mohamed Benouna, Omar Ben Jelloun , Nadia Yassine, Belhouari, Dridi et bien d’autres, dont les combats contre le colonialisme ont laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective de leur peuple et des peuples voisins, ne peut, au nom d’un rêve utopique, désuet, rester impassible devant l'abandon d’un  futur rayonnant et prometteur auquel aspire nos deux peuples frères..
 
Un grand peuple comme le peuple marocain qui a donné à la culture contemporaine une élite qui restera éternellement témoin de la créativité tels Mokhtar Soussi, Mohamed Abed Al Jabri, Abdallah Hamoudi, Abdallah Aroui, Mehdi Menjra, Mohamed Drif, Mohamed Tozi, Mohamed Barada, Taher Ben Jeloun, Fatma Merini, Moumen Diouri, Abdallah Azrica, Abdelatif El abi, Abdelhamid Aka, Mohamed Kessous, Touraya Jebrane et autres et qui, en dépit des années de plomb  toujours palpables, a fait montre d’une grande disposition pour la consécration des droits de l’Homme et la démocratie, ne peut garder le silence devant la violence d’une rare sauvagerie dont ont été victimes les étudiants sahraouis qui ont manifesté devant le campus universitaire de Rabat.
 
Au cours des dernières années,  et au regard de l’immense  responsabilité qui exige plus que jamais de redoubler d’efforts pour garantir à nos peuples un avenir commun, les élites, les partis politiques et les intellectuels marocains  avaient, pendant les dix premières années du conflit,  appuyé fermement, parfois avec zèle  les thèses du Gouvernement marocain. Si les conditions régionales et mondiales étaient favorables à une telle inflexion, il n’en est plus de même aujourd’hui, et donc il n’y a plus de raison à ce que les intellectuels démocrates, les élites, les partis politiques et les instances de la société civile cautionnent la politique du Gouvernement marocain tendant à confisquer le droit démocratique sur les frontières sud du Maroc.

Nous avons affirmé a plusieurs reprises, et chaque fois que l’occasion nous a été donné que  la position exprimée dernièrement par le Maroc, consistant à récuser le principe même du référendum constitue une rébellion contre la communauté internationale et une entrave sérieuse aux efforts déployés par celle-ci depuis des décennies, pour résoudre pacifiquement le conflit. Cette politique,  en contradiction avec les engagements auxquels a pleinement souscrit le Maroc, mine les  efforts laborieusement consentis par l'ONU et laisse la voie libre à tous les dérapages dans la région du Maghreb.
 
Depuis les années soixante dix, et en dépit de ses contradictions et calculs fallacieux, le Gouvernement marocain s’est toujours montré disposé à respecter le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et les accords signés avec le Front POLISARIO en vue de l’organisation d’un référendum, libre, juste et  démocratique au Sahara Occidental sous l’égide des Nations Unies.
 
Un mois après les émeutes sanglants de Zemla, le 17 juin 1970 et le soulèvement historique du peuple sahraoui qui marqua  un nouveau jalon dans l'évolution du Mouvement de Libération Nationale  contre le colonialisme espagnol, qui était alors soumis à de très fortes pressions, le défunt Hassan II a déclaré lors d’une conférence de presse tenue le 30 juillet 1970 qu’à « défaut d’une  quelconque revendication par rapport au Sahara espagnol,  le Maroc  s’en tient uniquement au libre choix des populations du territoires qui  s’exprimeront  sur leur destin ». Lors de la création,  en mai 1973 du  Front POLISARIO en vue du parachèvement de la souveraineté nationale sur l'intégralité du territoire, on s’attendait surtout à une aide consistante  de la part du Maroc et à l’engagement tel qu’il a été formulé par le Roi Hassan II.
 
Le Maroc, obnubilé  par son vieux projet expansionniste du “grand Maroc” et une vision totalement étriquée a changé radicalement de position lorsque l’Espagne envoya en 1974 une lettre à l’Assemblée générale préconisant , dès le début 1975 l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Le Gouvernement marocain  fit volte-face et  fit valoir des revendications historiques maroco- mauritaniennes sur le Sahara Occidental.

En effet, à la demande du Maroc, l'Assemblée générale de l'ONU devait saisir la Cour Internationale de Justice (CIJ) par sa résolution 3292 (13 décembre 1974), lui demandant d'émettre son avis consultatif sur la nature des relations entre le territoire du Sahara Occidental d'un côté et le royaume du Maroc et l'ensemble mauritanien, de l'autre et ce qui peut s'en suivre sur l'application du principe d'autodétermination.

L'avis consultatif de la Cour Internationale de Justice de La Haye sera émis le 16 octobre 1975, réaffirmant textuellement dans le chapitre 162 de son verdict que « les éléments et les informations en possession de la Cour ne font état d'aucune souveraineté entre le territoire du Sahara Occidental d'un côté et le royaume du Maroc et l'ensemble mauritanien de l'autre ». Partant de ce fait, la Cour n'a pas trouvé de relations juridiques pouvant influencer la mise en oeuvre de la résolution 1514 (XV) de l'Assemblée générale de l'ONU.

Après avoir navigué  à contre courant de l’histoire et du droit international et après sept ans de guerre fratricide, le Roi défunt a soutenu, en 1981 au Sommet de l’OUA à Nairobi, l’intention du Maroc de souscrire à la légalité en acceptant la voie des urnes pour résoudre le conflit du Sahara Occidental. Le Roi Hassan II réitéra devant la 37ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies en date du 27 août 1983 le souhait ardent du Maroc d’aller au référendum et de respecter ses résultats, d’accepter un cessez-le-feu et d’ouvrir le territoire aux observateurs internationaux.  C’est à partir de ce moment que les deux parties au conflit, le Maroc et le Front POLISARIO, entreprirent sous l’égide de l’ONU et de l’OUA, les  bons offices en vue de  baliser  la voie  pour l’avènement de la paix à travers une solution juste et démocratique conformément au Droit international, et qui devinrent par la suite Plan de paix ONU-OUA , approuvé par le Conseil de sécurité à travers la  résolution 690 (1991), qui laissera entrevoir le début d’une issue heureuse du conflit.

Avant et après cette période, le Roi défunt et bon nombre des membres de son Gouvernement avaient laissé entendre que le Maroc serait le premier pays à ouvrir une ambassade au Sahara Occidental si l’option de l’indépendance l’emportait. Pour sa part, le Front POLISARIO s’est engagé à respecter scrupuleusement le choix des Sahraouis quel qu’il soit.

Les efforts de paix ont abouti au  processus de négociations entre les deux parties, conduit par M. James Baker, Représentant personnel du Secrétaire général des Nations unies, et  à   l'acceptation solennelle en septembre 1997 par le royaume du Maroc et par le Front Polisario des accords de Houston qui ont fixé l'ensemble des modalités relatives à l'organisation et au contrôle par les Nations unies d'un référendum d'autodétermination libre et impartial au profit du peuple sahraoui. Le Front POLISARIO, convaincu que la paix demeure une option stratégique, a consenti des concessions de taille, car au lieu de s’en tenir à la   consultation populaire sur la base du recensement espagnol de 1974, recensement qui ne peut être objet de contestation en raison de son administration par l’Espagne pendant cent ans, nous avons accepté la participation de tous les marocains qui se trouvaient dans le territoire avant 1999 après une période transitoire d’autonomie de 4 à 5 ans conformément au « Plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental », approuvé par le Conseil de sécurité (Rés 1495 –juin 2003).

En revenant sur ses engagements contractés sous les auspices de l’ONU et en engageant  de nouvelles manœuvres dilatoires pour faire échouer le processus de paix, le Maroc refuse aujourd’hui tout simplement de souscrire au principe même du référendum. Cette attitude irresponsable, et qui   dénote  le peu de cas qu'éprouve le Maroc à l'égard de l'ONU et  du droit international peut avoir des conséquences fâcheuses pour la paix, ce qui ne manquera   pas de replacer le  conflit dans son contexte en 1980,  c’est à dire avant le sommet de Nairobi.  Entre les concessions faites pour trouver une issue au problème et la confiscation du droit imprescriptible du peuple sahraoui à l’autodétermination, il y a un écart considérable.

Le peuple marocain acceptera t-il, après toutes ces péripéties et ces longues et douloureuses années que le spectre de la guerre plane une nouvelle fois  sur notre région ?  Acceptera t-il  qu’on soutienne  l’effort de guerre au détriment de projets à même de sortir le pays du marasme économique ? Acceptera t-il qu’on injecte  quotidiennement 3 millions de dollars pour financer une  guerre dévastatrice alors que l'ampleur de la misère et de la paupérisation sont à leur paroxysme au Maroc ? Acceptera t-il enfin  que le chômage atteigne   son summum et que la dette du pays se chiffre à coup de milliards de dollars ?  

Les élites démocrates au Maroc, tels Abdel Hamid Barada, Abderahmane Ben Amar, Abderahman Jamai, Abdelhamid Amin, Mohamed Sabar et bien d’autres, accepteraient-ils que leur pays s’isole davantage de la Communauté internationale ? Acceptent-ils que leur pays continue à s’inscrire  en porte à faux des efforts de la communauté internationale  et continue à se dérober de ses engagements internationaux en refusant une consultation référendaire démocratique ?

La position du Gouvernement marocain de souscrire au principe de référendum au Sahara Occidental est en totale contradiction avec la légalité internationale. Pour  la communauté internationale toute entière, la question du Sahara Occidental est un problème de décolonisation inachevée, dont la solution réside dans l'application des résolutions pertinentes des Nations Unies relatives au droit du peuple du Sahara Occidental à l'autodétermination, au moyen d'un référendum libre et impartial. L'ONU intervient dans le dossier du Sahara Occidental depuis le 16 décembre 1965 (Rés 2072), quand elle l’inscrit  sur la liste des territoires et des peuples non autonomes de la 4ème Commission, dite « des politiques spéciales et de la décolonisation ». Ce faisant, l'ONU affirme le droit du Sahara Occidental à la décolonisation conformément aux dispositions pertinentes de la Charte des Nations unies et de la résolution de l'Assemblée générale 1514 (XV) contenant la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux de 1960.

Le peuple marocain et ses élites, connus pour leurs contributions considérables en matière de légalité internationale se doivent de trouver la solution appropriée aux  questions suivantes : Pourquoi le droit international et les institutions qui le représentent n’ont jamais reconnu aucune légitimité, ni souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental,  pas plus qu’aucun pays ne l’a jamais fait ?  Pourquoi les Nations Unies ont déclaré, le 29 janvier 2002, à la faveur de l'avis juridique émis par leur Conseiller juridique, M. Hans Correl que le Maroc ne peut pas se prévaloir du statut de puissance administrante du Sahara Occidental ? Pourquoi un grand nombre de pays à travers le monde reconnaissent la République Arabe Sahraouie Démocratique ? Pourquoi la RASD est un pays fondateur de l’Union africaine ? Pourquoi le droit à l’autodétermination joui-t-il d’une audience internationale aussi importante ? Pourquoi l’expérience  du peuple sahraoui dans les Campements de réfugiés, modeste soit elle,  suscite tant de respect sur le plan international ?  Parmi les centaines de journalistes qui ont visité les Campements de réfugiés sahraouis, dont le journaliste marocain, Ali Lemrabet et les milliers de visiteurs étrangers, les organisations internationales et non gouvernementales qui opèrent sur place, pourquoi aucun d’eux n’a  évoqué les prétendues « séquestrations » ?

Il est certain que les réponses, qui outrepassent  le discours officiel comme les  thèses éculées des « complots ourdis de l’étranger » , « la conspiration », « le mercenariat » et les « ennemis de l’intégrité territoriale », sont du  ressort et de la responsabilité du peuple marocain frère en général, et son élite en particulier.

Pourquoi l’élite du Maroc frère accepte-t-elle qu’on impute à l’Algérie les échecs cuisants de la position officielle du Maroc à propos du conflit ?  Pourquoi oblige t-on toujours le peuple marocain à imputer à l’étranger l’incendie qui embrase sa demeure? La position de l’Algérie n’a pas changé d’un iota que ce soit en 2005 ou lorsqu’elle a voté la résolution 2072 en 1965 sur le Sahara Occidental. Il en est de même pour un grand nombre de  pays qui votent chaque année des résolutions qui appuient le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

La refus de souscrire au  principe  même du référendum n’est pas seulement en contradiction avec les engagements officiels du Gouvernement marocain, ni avec le droit international  qui considère le Sahara Occidental comme étant un problème de décolonisation, mais constitue un affront et une tentative de tourner le dos à la volonté du peuple sahraoui de choisir son destin en toute liberté. Cette volonté  va en s’accentuant depuis le soulèvement populaire de Zemla en 1970 contre le colonialisme espagnol, jusqu’au soulèvement d’El gouvernementales, trente cinq ans après, contre  l’occupation marocaine, et qui a englobé les communautés sahraouies ou qu’elles se trouvent. Entre ces deux dates historiques, et loin du discours propagandiste, le peuple sahraoui a de tout temps exploité toutes les occasions pour réclamer son droit légitime à l’existence et à la liberté.

Quatre mois seulement avant l’annexion du territoire sahraoui par le Maroc, les Nations Unies, à l’instar de la résolution par laquelle la Cour de Justice de la Haye a émis son  avis juridique, avait envoyé à la même époque une mission d'enquête au Sahara Occidental et aux trois pays voisins, l'Algérie, le Maroc et la Mauritanie. Le rapport de cette mission, publié le 11 octobre 1975, cinq jours seulement avant le verdict de la CIJ, a réaffirmé dans plusieurs passages, que "les personnes rencontrées par la mission à l'intérieur du territoire et en dehors de celui-ci, ont réaffirmé leur attachement aux objectifs du Front Polisario pour l'indépendance du territoire". Et avant de clore cette partie historique, il y lieu de rappeler la résolution 2983 de l'AG de l'ONU du 14 décembre 1972, qui réaffirme le droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination et à l'indépendance, conformément à la résolution 1514 de l'AG, ainsi que la légitimité de son combat pour jouir de son droit à l'autodétermination et à l'indépendance, appelant tous les pays à fournir tout le soutien matériel et moral à son combat.

Les intellectuels marocains ne doivent pas t-ils se poser la question à propos  de l’appréhension extrême des autorités par rapport à  un référendum ou deux options sont offertes , celle de l’indépendance et celle de l’intégration au Maroc ?  N’est-il pas illusoire, superflu et grotesque à la fois que les autorités marocaines parlent d’une partie du peuple sahraoui dans les territoires occupés   « revendiquant sa  marocanité » alors que l’autre partie est séquestrée dans les Campements de réfugiés ? Et pourquoi, ces mêmes autorités ne permettent-elles  pas à ces deux parties d’exprimer leur appartenance à travers un référendum démocratique, et Dieu aura ainsi épargné à ses croyants de s’entretuer ? 

Le Gouvernement marocain n’est-il pas  en contradiction flagrante avec la réalité lorsqu’il clame haut et fort être un pays démocratique au moment où il transforme les villes sahraouies en forteresse, s’acharne avec une rare violence sur des manifestants qui réclament la fin de l’occupation de leur pays,  accentue chaque jour la répression, multiplie les assassinats et  les disparitions loin des caméras des télévisions et  impose un blocus médiatique et politique…. S’il y a bien une conséquence à tirer de ce dernier  soulèvement au Sahara Occidental  pour le peuple marocain frère, c’est de ne pas croire dans les  discours officiels passés en boucle telle une antienne,  discours  qui alternent  chantages et  menaces contre des ennemis qui n’existent que dans la propre  imagination du Gouvernement marocain. Ce dernier  en est  bien entendu l’unique bénéficiaire, surtout lorsqu’on sait qu’il dispose de la plus importante armée sur le plan numérique dans la région tandis qu’une grande partie de la population vit sous le seuil  de la pauvreté.

Le peuple marocain digne accepte-t-il de voir des femmes sahraouies de tout âges, parfois en état de grossesse   malmenées, piétinées,  et qui assistent impuissantes à la répression féroce de leurs enfants qui finissent en cachots, loin d’elles ? Des hommes nobles tels Abou Bakr Jamai, Ali Lemrabet, Idriss Benani, Ben Chemsi et bien d’autres accepteraient t-ils que les valeurs humaines soient foulées au pied de la sorte, que la liberté d’expression soit bafouée avec cette brutalité au Sahara Occidental  au vu et au su de tout le monde ? Nous pouvons avoir des idées divergentes, mais l’on doit défendre, mutuellement notre droit à la différence. 
  
Eu égard à  la  guerre féroce menée contre notre petit peuple, nous ne voulons pas et n’aspirons pas à insulter l’avenir, car nous sommes persuadés qu’il s’agit d’un avenir radieux et prometteur qui attend nos deux peuples frères. Rien ne saurait  justifier à nos yeux de toucher un seul cheveu d’un citoyen marocain même au temps ou quelques mouvements de libération  recouraient au terrorisme en tant que moyen "légal" de résistance.

Malgré les violations persistantes des droits de l’homme au Sahara Occidental par le Gouvernement marocain et le déversement par son aviation des bombes de napalm et de phosphore sur nos populations civiles lors de leur exode forcé, nous avons ouverts les bras, dès le début du cessez-le feu, au peuple frère marocain et avons décidé d’ouvrir une nouvelle page. Chaque fois que le Gouvernement marocain essaie de mettre de nouvelles barrières entre nous, nous essayons de les contourner. C’est aussi ce qui nous a amené à accepter le dernier Plan Baker préconisant la participation de nos frères marocains résidants dans le territoire en tant que  votants potentiels. Aussi, sommes-nous convaincus des aptitudes des deux peuples sahraouis et marocains à relever le défi, celui de l’avènement d’une paix juste et définitive qui permettrait au peuple sahraoui de choisir librement son destin. Notre confiance totale en notre peuple et dans nos convictions ne nous ont pas incité à réclamer «  un référendum confirmatif » de l’indépendance, lui préférant la confirmation de la démocratie  sur le terrain.

En dépit du refus du Gouvernement marocain de reconnaître  l’existence de 155 soldats de guerre sahraouis et de  maintenir dans le secret total 500 disparus civils dont le sort demeure inconnu, nous avons pris l’initiative, à plusieurs reprises et lors de différentes occasions et sans occasion, de libérer de manière unilatérale et en signe de  bonne volonté des groupes de prisonniers de guerre marocains rapatriés aussitôt dans leurs foyer.

Les trente ans de conflit doivent  servir à de leçon nos deux peuple. Nous devons en tirer les conséquences pour poser les jalons de la  paix et bâtir les bases solides d’un avenir commun. La réalité tangible qui s’offre à nos yeux est qu’à l’issue de trente ans, aucune force au monde ne peut annihiler  la volonté d’un peuple fut-il petit, et partant l’empêcher d’exister et de recouvrer sa liberté.

La tournée sécuritaire de 1975 qui devait prendre fin dans une semaine se poursuit trente ans après. Elle   a engendré des souffrances indescriptibles et endeuillé des milliers de familles. Aucune raison ne justifie aujourd’hui le retour à la guerre et à ses corollaires d’autant que la voie d’une paix juste et définitive pouvant être édifiée sur la légalité et le droit international est toute tracée.

Ces trente ans de conflit ont été défalquées pour toujours des chances qui s’offraient aux deux peuples sahraoui et marocain.  Elle a empêché les enfants d’améliorer et de  parfaire leur scolarité, elle a entravé le développement, barré la route au  progrès social et éreinté les populations. Un règlement juste du conflit du Sahara occidental va certainement créer une atmosphère d’harmonie, de paix et de coopération bénéfique pour tous les pays et les peuples de la région.

Le Front POLISARIO émet le souhait que le Gouvernement du Maroc se rende compte qu’en déclarant son refus de souscrire à la légalité, notamment l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, il défie toute la communauté internationale et se hasarde vers une escalade extrêmement dangereuses. Aussi, le peuple marocain doit être conscient que  les multiples concessions que nous avons faites tout au long des années écoulées ne constituent  pas un signe de faiblesse, loin s’en faut, mais plutôt un désir sincère de mettre fin au conflit à travers le moyen le plus démocratique à savoir le vote libre et démocratique. A ce moment là, nos deux peuples frères oeuvreront de concert avec les autres peuples de la région pour concrétiser leurs  aspirations et arriver à cet idéal. Le peuple marocain frère, avec toutes ses composantes et ses forces vives se doit de relever le défi, celui de la paix afin d’être en conformité avec les résolutions internationales et les valeurs humanitaires qui constituent le socle des droits de l’Homme et celui de l’autodétermination des peuples.

Notre confiance est grande en vous, élites et peuple marocain frère. La main de la paix que nous vous tendons est sincère. Associons-nous pour regarder ensemble l’avenir avec optimisme et espoir, cet avenir radieux auquel aspire nos peuples frères et nos générations futures." (SPS)

010/090/100 022041 jun 05 SPS







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SPS
RASD/ESPAGNE/INTIFADA/SOLODARITE
Des centaines d’Espagnols et de Sahraouis dénoncent la répression devant l’ambassade marocaine à Madrid





Madrid, 02/06/2005 (SPS) Des centaines d’Espagnols et de Sahraouis ont manifesté mercredi devant l’ambassade marocaine à Madrid pour dénoncer la répression des forces spéciales marocaines contre la population sahraouie sans défense dans les territoires occupés et au Maroc, a constaté SPS.

"Non à la violence, si à l’indépendance", "Cette ambassade est couverte de sangs d’innocents", "Vive le Polisario", "Libérez les détenus", sont entre autres des slogans scandés par la foule, qui arborait les couleurs de la RASD et portait des pancartes avec de multiples slogans dénonçant l’occupation marocaine illégale du territoire sahraoui.

Le coordinateur des Associations (espagnoles) amies du peuple sahraoui,
José Taboada, appellera l’ONU, la UE et le Gouvernement Zapatero à "assumer leurs responsabilités dans la décolonisation du Sahara Occidental et dans la protection des civils sahraouis", déplorant la passivité de ces instances devant la répression marocaine dans le territoire sahraoui.

"Le peuple sahraoui attend depuis 30 ans avec beaucoup de sérénité et le Gouvernement marocain a passé 30 ans d’occupation illégal du territoire", dira-t-il en référence à l’appel à la "sérénité" lancé récemment par M. Miguel Angel Moratinos aux parties.
 
Des manifestations similaires devant les missions diplomatiques marocaines en Espagne ont déjà eu lieu à Séville, Aljeciras, Valence, Barcelone, alors que d’autres sont prévues samedi prochain à Bougos et La Curona, rappelle-t-on. (SPS)
010/090/666 021701 jun 05 SPS





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SPS
TERRITOIRES OCCUPES/ESPAGNE/INTIFADA/MEDIA
Le PSOE dénonce les graves incidents au Sahara Occidental





MADRID, 02/06/02005 (SPS) Le Secrétaire des Mouvements sociaux et des Relations avec les ONG du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), Pedro Zerolo, a exprimé sa "préoccupation" devant les affrontements qui se sont produits dans plusieurs villes du Sahara Occidental et du Maroc, dénonçant "les graves incidents qui ont conduit à la violation des droits fondamentaux des Sahraouis", rapporte Europa Press, citant un communiqué du parti.

M. Zerolo appelera à la nomination "urgente" d’un nouveau Envoyé personnel des Nations unies (au Sahara Occidental –NDLR) pour accélérer le processus de négociation et créer une nouvelle dynamique de rapprochement", a ajouté la même source.

Il estimera fondamental "le respect des droits humains et des libertés fondamentales" par le Maroc appelant les parties à trouver une solution qui respecte "la légitime aspiration des Sahraouis à défendre leur futur". (SPS)

010/090/666 021719 jun 05 SPS






SPS
RASD/ESPAGNE
Le virage de la politique espagnole au Sahara Occidental a "aggravé la situation", selon le PP





MADRID, 02/06/2005 (SPS) Le virage de la politique espagnole au Sahara Occidental a "aggravé la situation", a affirmé le porte-parole du Parti Populaire (PP) au Congrès des Députés espagnol, Eduardo Zaplana, dans une interpellation urgente sur la politique extérieure du Gouvernement socialiste espagnol au pouvoir, a rapporté Europa Press.

"Le virage de la politique traditionnelle espagnol, que quelques uns ont qualifié de trahison de nos obligations envers le peuple sahraoui, loin de solutionner le conflit, témoigne de la gravité de la situation", a affirmé M. Zaplana, cité par la même source.

Il demandera si le Gouvernement Zapatero a protesté officiellement auprès du Maroc pour son accusation à l’Espagne d’être l'instigatrice de l’Intifada sahraouie dans les territoires occupés.

M. Zaplana critiquera le Gouvernement socialiste pour s’être "aliéné sur la France dans ses thèses sur le Sahara, rappelant qu’un an s’est passé depuis la fameuse promesse du Président du Gouvernement, durant sa visite à Paris, que la solution du conflit interviendra "dans six mois".

"Avez-vous protesté formellement auprès de Rabat pour une telle insulte? a-t-il interrogé, "Ou bien vous avez opté pour offrir vingt autres chars de combat au Maroc pour apaiser sa colère et l’aider à réprimer les Sahraoui", a-t-il ajouté. (SPS)

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