Le groupe de soutien de Genève pour une coopération accrue entre le Polisario et le HCDH

Bir Lahlou, 06 nov 2020 (SPS) Le Groupe de soutien de Genève pour la Protection et la Promotion des Droits de l'Homme au Sahara occidental a appelé, jeudi, à une coopération accrue entre le Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) et le Front Polisario à même de  renforcer les capacités de l’ONU à exercer ses responsabilités à l'égard du peuple sahraoui.

Dans une lettre adressée au Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, le groupe de Genève (251 organisations membres) a appelé à  renforcer la coopération entre le HCDH et le Front Polisario, en proposant un "programme de coopération technique et le renforcement des capacités de l'ONU à exercer pleinement la responsabilité des Nations Unies envers le peuple du Sahara occidental".

Le groupe d'ONG rappelle dans sa missive que le Sahara occidental est le "seul Territoire non autonome qui n'a pas de puissance administrante reconnue". A ce tire, le groupe espère que le SG de l’ONU soumette "un rapport annuel complet comprenant des statistiques et autres informations de nature technique relatives aux conditions économiques, sociales et éducatives au Sahara occidental".

Ledit rapport "devrait également illustrer l'ampleur du pillage des ressources naturelles sahraouies par la puissance occupante et les sociétés internationales, et mentionner la responsabilité personnelle du SG dans l'accomplissement du mandat principal de la MINURSO, celui d’organiser un référendum pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental", précise le groupe dans sa lettre.

A ce propos, les signataires soulignent que "l'absence d'un Envoyé Personnel ne fait que renforcer la position illégale de la Puissance occupante", demandant au Secrétaire général de l'ONU "d'assumer personnellement le rôle de facilitateur entre le Maroc et le Front Polisario".

A l’occasion, le Groupe de Genève juge nécessaire de rappeler que la reconnaissance du Sahara occidental comme territoire non autonome implique l'application de la résolution 1514 et "en particulier le principe d'autodétermination".

Depuis le 27 février 1976, le Sahara occidental est le seul territoire non autonome qui n'a pas de puissance administrante internationalement reconnue. Par conséquent, le Groupe de Genève affirme que "les Nations unies ont la responsabilité première de la protection et de la promotion des droits fondamentaux du peuple sahraoui".

Suite à l'adoption de l'avis consultatif de 1975 par la Cour Internationale de Justice, aucun Etat, ni aucune organisation internationale n'a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. De ce fait, ajoutent les signataires, "le seul statut qui peut être conféré à la présence du Maroc au Sahara occidental depuis novembre 1975 est celui de Puissance occupante".

Depuis que le Maroc a "illégalement envahi, occupé et ensuite annexé une grande partie du territoire du Sahara occidental, le Droit International Humanitaire s'applique pleinement dans le Territoire", attestent les ONG.

Alors que le 8 novembre prochain, le peuple sahraoui célébrera le 10ème anniversaire du mouvement populaire pacifique de "Gdeim Izik", le Groupe de Genève a tenu à noter également que plusieurs défenseurs des droits de l'homme sahraouis purgent de lourdes peines de prison à la suite de procédures judiciaires "notoirement inéquitables, basées uniquement sur des aveux extorqués sous la torture".

Bien que le Comité contre la torture a estimé que l'un d'entre eux, Ennaâma Asfari (condamné à 25 ans de prison), a été victime de torture et a demandé au Royaume du Maroc de lui accorder une "indemnisation juste et adéquate", les autorités marocaines ont contesté la décision du Comité et n'ont pas encore mis en œuvre ses recommandations.

Depuis quelques jours, les Sahraouis manifestent pour réclamer la fermeture définitive de la brèche illégale de Guerguerat et protester contre le pillage illégal continu des ressources naturelles du Sahara occidental occupé.

Dans la lancée, le Groupe d’ONG évoque, en outre, le harcèlement dont sont victimes les membres de l'"Organe sahraoui contre l'occupation marocaine" (ISACOM) récemment créé parmi lesquels Aminatou Haidar (prix Nobel alternatif de la paix 2019).

Aussi, le Groupe de travail sur la détention arbitraire est régulièrement saisi de plaintes déposées par des défenseurs des droits de l'homme sahraouis, des journalistes et des étudiants qui, selon ledit Groupe de travail, sont visés par les forces d'occupation marocaines en raison de leur activité publique en faveur de la mise en œuvre du droit inaliénable de leur peuple à l'autodétermination et à l'indépendance.

Le Royaume du Maroc est appelé à "respecter et se conformer aux avis et décisions des différents mécanismes onusiens des droits de l’homme. Des centaines de familles sahraouies attendent toujours de savoir ce que les corps de leurs chères sont devenus et pouvoir ainsi faire leur deuil".

Aujourd'hui, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique. Une situation coloniale qui se poursuit grâce à une occupation illégale soutenue, d'une part, par une forte présence militaire et une sévère répression de la société civile sahraouie et, d'autre part, grâce à un parrainage politique de la France. Le peuple sahraoui a "désespérément besoin de voir que les Nations Unies sont de son côté", a conclu le groupe d'ONG, avant d'inviter "solennellement l'ONU à identifier à la fois les violations et les responsables de violations au Sahara occidental occupé". (SPS)

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