L'Espagne appelée à assumer ses responsabilités envers l'ONU et le peuple sahraoui

Madrid, 13 juin 2020 (SPS) Plusieurs organisations, des intellectuels et des personnalités espagnols ont adressé une pétition au chef du gouvernement, Pedro Sanchez, exigeant de l'Etat espagnol d'assumer ses responsabilités historiques et juridiques envers le peuple sahraoui.

"Nous, citoyens, membres de la société civile, par le biais de l'Association des droits de l'Homme d'Espagne, ainsi que les organisations, personnalités, intellectuels et professionnels qui adhèrent à ce document, demandons à l’Espagne, en tant que puissance administrante, d'assumer ses responsabilités au Sahara occidental occupé, assumer la protection des habitants, de ses ressources naturelles et de sa promotion, jusqu'à sa décolonisation par le référendum d'autodétermination correspondant".

Ils ont également réclamé "la restitution immédiate de la nationalité espagnole à tous les Sahraouis enregistrés en 1974, à leurs descendants et à tous ceux qui peuvent démontrer leur droit de conserver ou d'obtenir la nationalité espagnole".

Les signataires ont rappelé dans le texte qu'"à 115 Kms des îles Canaries, elle perdure depuis l'invasion militaire marocaine (30/10/1975) et la signature des -accords de Madrid- (14/11/1975), une catastrophe humanitaire qui fait des milliers de morts, des centaines de disparus, torturés et emprisonnés".

"L'Espagne, en 1975, a manqué à ses responsabilités envers les Nations Unies et le peuple sahraoui, violant délibérément les buts et principes de la Charte des Nations Unies", ont-ils dénoncé, indiquant qu'"après trente-cinq ans, aucun Etat membre de la communauté internationale n'a reconnu la légitimité du territoire non autonome du Sahara occidental en tant que territoire marocain".

"Au contraire, un grand nombre d'Etats ont reconnu l'Etat de la RASD et ont établi des relations diplomatiques officielles avec son gouvernement, représenté par le Front Polisario", se sont félicités.

"La population sahraouie nous donne une leçon de dignité, de patience, de courage et d'esprit de sacrifice, nous montrant que tout a une limite, et que les tristement célèbres -accords de Madrid- n'étaient qu'un instrument illégal, dont la non-dénonciation a conduit à une déstabilisation de toute la région, où les arrestations arbitraires, la torture, les enlèvements, les disparitions, les meurtres et le pillage de leurs moyens de subsistance ont été et sont le triste héritage de ces accords", ont ajouté les signataires. (SPS)

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