ONU: le Front Polisario condamne fermement l'expulsion par le Maroc d'une délégation catalane du Sahara occidental

New York, 29 fev 2020 (SPS) Le représentant du Front Polisario aux Nations Unies, Sidi Mohamed Omar, a attiré samedi l'attention du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'expulsion vendredi d'une délégation catalane du Sahara occidental par les autorités marocaines, exprimant une ferme condamnation de cette action illégale.

"Je vous écris pour signaler que, le vendredi 28 février 2020, les autorités marocaines d'occupation au Sahara occidental ont expulsé une délégation de Catalogne, en Espagne", a rappelé M. Sidi Omar dans une lettre adressée au Représentant permanent de la Belgique auprès des Nations Unies, Président du Conseil de sécurité, Marc Pecsteen de Buytswerve.

"Mme Susana Segovia, M. Ferran Civit, M. Vidal Aragonés, Mme Guadalupe Moreno, M. Oriol Puig, M. David Minoves, Mme Gemma Aristoy et M. Toni Royo n'ont pas été autorisés à débarquer de l'avion à leur arrivée à l'aéroport d'El Ayoune, la capitale du Sahara occidental occupé, et ont été immédiatement expulsés du territoire", a ajouté le diplomate sahraoui.

Le représentant du Front Polisario aux Nations Unies a indiqué que le groupe avait l'intention de constater de visu la situation des droits de l'Homme dans le territoire et de rencontrer des militants sahraouis des droits de l'Homme et de la société civile.

Le 25 février 2020, les autorités d'occupation marocaines ont également expulsé Mme Ana Sebastian Gascon, une avocate qui s'est rendue sur le territoire pour assister, en tant qu'observatrice de l'Ordre des avocats espagnols, au procès d'un militant sahraoui des droits de l'Homme.

"Je voudrais porter à votre attention et à celle des membres du Conseil de sécurité notre ferme condamnation de cette action illégale, qui est un autre épisode des tentatives continues du Maroc de maintenir les territoires occupés du Sahara occidental hors de portée des observateurs internationaux et des journalistes étrangers", a dénoncé M. Sidi Omar.

Et d'ajouter: "Comme nous l'avons signalé à plusieurs reprises, les expulsions répétées par le Maroc d'observateurs internationaux du Sahara occidental occupé partagent un objectif commun, qui n'est autre que de cacher les crimes odieux perpétrés par les forces d'occupation marocaines contre les civils sahraouis".

"Ce qui rend la situation encore plus alarmante, c'est que toutes les pratiques répressives et terroristes poursuivies systématiquement par les forces d'occupation marocaines contre les civils sahraouis se déroulent dans le cadre d'une interdiction totale des médias imposée au Sahara occidental occupé. Comme le Secrétaire général de l'ONU l'a indiqué dans son rapport S / 2019/787 du 2 octobre 2019 (par.68), des journalistes, avocats, blogueurs et défenseurs des droits de l'Homme sahraouis couvrant des violations des droits de l'Homme dans le territoire sont harcelés et arrêtés arbitrairement", a-t-il souligné.

Le Secrétaire général de l'ONU a maintes fois insisté sur le fait qu'un suivi impartial, complet et soutenu de la situation des droits de l'Homme est nécessaire pour assurer la protection de tous les habitants du Sahara occidental, a insisté M. Sidi Omar, soutenant qu'"il est donc impératif que le Conseil de sécurité exerce les pressions nécessaires sur le Maroc pour que les observateurs des droits de l'Homme des Nations Unies et les observateurs internationaux obtiennent un accès complet, sans entrave et continu au Sahara occidental occupé". (SPS)

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