L'ONU interpellée suite à l'expulsion de parlementaires basques du Sahara occidental

New York (Nations unies), 03 déc 2019 (SPS) Le Représentant du Front Polisario auprès de  l'ONU, Sidi Mohamed Omar, a interpellé l'ONU suite à l'expulsion par le Maroc de parlementaires basques du Sahara occidental, soulignant que le royaume cherche par ses expulsions à cacher les crimes odieux perpétrés par les forces d’occupation contre des civils sahraouis.

"Je vous écris pour vous informer que, le dimanche 1er décembre 2019, les autorités d'occupation marocaines au Sahara occidental ont expulsé quatre membres du Parlement régional du Pays basque en Espagne. Mme Eva Juez, M. Carmelo Barrio, M. Inigo Mart?nez et M. Josu Estarrona ont été expulsés à leur arrivée à l'aéroport d'El Ayoun, la capitale du Sahara occidental occupé", a écrit M. Sidi Omar dans une lettre adressée au Représentant permanent des Etats-Unis d'Amérique auprès de l'Organisation des Nations Unies, et au président du Conseil de sécurité. 

"Le groupe avait pour objectif de connaître de près la situation des droits de l'Homme dans le territoire et de rencontrer des militants sahraouis des droits de l'Homme et de la société civile", a expliqué le diplomate sahraoui.         

Et d'ajouter: "Je voudrais porter à votre attention et à celle des membres du Conseil de sécurité notre ferme condamnation de cette action illégale, qui est un autre épisode de la poursuite des tentatives du Maroc visant à maintenir les territoires occupés du Sahara occidental inaccessibles aux observateurs internationaux et aux journalistes étrangers".   

Le diplomate sahraoui a soutenu que "les expulsions répétées du Maroc d’observateurs internationaux et de médias du Sahara occidental occupé partagent un objectif commun, qui n’est autre que de cacher les crimes odieux perpétrés par les forces d’occupation marocaines contre des civils sahraouis. Il est inacceptable que les autorités d'occupation marocaines continuent de refuser l'accès au territoire non autonome du Sahara occidental, qui reste sous la responsabilité des Nations Unies dans l'attente d'une solution définitive au conflit".

Ce qui rend la situation encore plus alarmante, souligne le diplomate sahraoui, "c’est que toutes les pratiques répressives et terroristes poursuivies systématiquement par les forces d’occupation marocaines contre des civils sahraouis se déroulent dans le cadre d’une panne totale des médias imposée au Sahara Occidental occupé".

"Les journalistes, blogueurs et défenseurs des droits de l'Homme sahraouis qui couvrent des violations des droits de l'Homme sur le territoire (rapport du Secrétaire général S / 2019/787 du 2 octobre 2019, paragraphe 68) sont persécutés et détenus injustement", a-t-il encore dénoncé.     

Le Représentant du Front Polisario à l'ONU a rappelé que le Secrétaire général a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu'une surveillance impartiale, globale et soutenue de la situation des droits de l'Homme était nécessaire pour garantir la protection de toutes les personnes au Sahara occidental. "Il est donc impératif que le Conseil de sécurité exerce la pression nécessaire sur le Maroc pour que les observateurs des droits de l'Homme et les observateurs internationaux des Nations Unies obtiennent un accès complet, sans entrave et continu au Sahara occidental occupé, et qu'ils puissent faire rapport librement et ouvertement sur les droits de l'Homme dans le territoire", a-t-il insisté.

"Les Nations Unies ont la responsabilité juridique et morale de déployer tous les efforts possibles pour assurer la protection des droits de l'Homme dans le Sahara occidental occupé en attendant la décolonisation du territoire conformément aux résolutions pertinentes de l'ONU", a plaidé M. Sidi Omar. (SPS)

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