L'Espagne doit agir face à la grave situation des droits de l'Homme au Sahara occidental occupé

Madrid, 26 juil 2019 (SPS) Les associations de la communauté sahraouie résidant en Espagne ont demandé l'intervention immédiate du gouvernement espagnol afin de mettre fin à la répression incessante du régime marocain dans les territoires occupées du Sahara occidental.

Dans un manifeste signé par 41 associations sahraouies, il est indiqué que "depuis le 19 juillet dernier, les zones occupées du Sahara occidental connaissent une situation de terreur et d’angoisse, marquée par le déploiement massif d’unités d'occupation marocaine, raids et persécution d'activistes".

"Face à la répression brutale du régime d'occupation marocain, la communauté sahraouie en Europe, ainsi que plusieurs associations de solidarité, dénonce la situation dégradante et le manque de libertés sur le dernier territoire en voie de décolonisation en Afrique", a-t-on souligné.

Les associations signataires décrivent le silence de l'Espagne comme inacceptable face à la vague de répression et à la campagne de détentions arbitraires contre les civils sahraouis. Par conséquent, ils exigent "des mesures concrètes pour que le Maroc respecte ses engagements internationaux, des mesures que l'Etat espagnol doit promouvoir dans le cadre de sa responsabilité juridique, politique et morale au Sahara occidental".

"Nous regrettons profondément le terrifiant silence des partis et institutions politiques européens. Nous ne pouvons pas admettre que l'Union européenne, une institution qui défend les droits de l'Homme et la légalité internationale, devienne l'avocat d'un régime réputé pour ses attaques contre la Déclaration universelle des droits de l'Homme", ont dénoncé les associations, dans le document remis au ministère espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération.

Pour la communauté sahraouie, il est nécessaire que "l'Espagne assume ses responsabilités légales face au génocide marocain au Sahara occidental".

"L'Espagne, membre du Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies, doit également promouvoir l'extension du mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental, la MINURSO, en matière de protection des droits de l'Homme."

De même, dans le manifeste, les associations appellent à des pressions pour la "libération immédiate de tous les prisonniers politiques sahraouis".

Elles exigent également "un strict respect des arrêts de la Cour de justice de l'UE et l'annulation de tous les accords commerciaux avec le Maroc qui incluent les zones occupées du Sahara occidental".

Enfin, les associations signataires mettent en garde l'Espagne et la communauté internationale contre les conséquences dangereuses de la position marocaine vis-à-vis du processus de paix.

Le manifeste a été remis au ministère des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération espagnole à la fin de la manifestation observée à Madrid pour dénoncer le meurtre de la jeune femme sahraouie, Sabah Othman Hmeida, et les crimes graves du régime marocain dans les territoires sahraouis occupés.

Sabah Othman Hmeida, a été tuée par les forces de répression marocaines dans la ville d'El-Ayoun occupée et plusieurs d'autres ont été blessés et arrêtés, en marge de la célébration pacifique de la victoire vendredi dernier de l'équipe algérienne de football en finale de la coupe d'Afrique des nations (CAN) face au Sénégal qui s'est déroulée en Egypte.

La jeune fille a été victime d'un accident mortel intentionnel par la police marocaine qui a foncé sur la foule à pleine vitesse, selon des sources médiatiques sahraouies sur place, soulignant que la police marocaine a également blessé et arrêté plusieurs autres jeunes Sahraouis. (SPS)

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