Violation des arrêts de la CJUE: la communauté internationale et l'UE interpelées

Madrid, 17 nov 2018 (SPS) Le ministre délégué chargé de l’Europe, Mohamed Sidati, a interpellé samedi à Madrid, la communauté internationale en général et l’Union européenne (UE) en particulier, quant au non respect des arrêts de la Cour de justice européenne (CJUE) relatifs à l’Accord commercial Maroc-UE, les appelant à "assumer leur pleine responsabilité".

"Est-ce que les pays d’Europe peuvent laisser passer cette injustice et faire avaliser des accords qui sont entachés d’illégalités ?!", s’est interrogé M. Sidati, en marge de la 43ème Conférence de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui (Eucoco 2018), ajoutant que "si l’UE n’arrive pas à faire respecter sa propre justice, de quelle crédibilité peut-on parler ?".

L'interpellation exprimée par M. Sidati s'inscrit dans le sillage des appels lancés aux Européens pour respecter le droit du peuple sahraoui de jouir de ses ressources naturelles et renoncer aux manœuvres auxquelles a eu recours la Commission européenne avec l'occupant marocain pour se soustraire à la décision de la CJUE, qui annule tout accord commercial conclu avec le Maroc pouvant inclure les eaux territoriales et les richesses provenant du Sahara occidental occupé.

Après avoir souligné la tenue de la 43ème Eucoco dans un moment crucial dans la lutte que mène le peuple sahraoui pour son indépendance, coïncidant avec une date importante du 14 novembre de la signature de l’accord tripartite par le biais duquel des pays envahissent des territoires et exposent la population à la persécution et la discrimination, M. Sidati a rappelé que "l’Espagne a des responsabilités morales historiques et politiques essentielles en tant qu’ancienne puissance coloniale", qui l’amène, par conséquent, à "assumer de lourdes responsabilités".

"Les accords entre l’UE et le Maroc avec la prétention d’essayer d’inclure le Sahara occidental dans le champ de ces accords, constitue une violation flagrante du droit international mais aussi et surtout des décisions de la Cour de Justice de l’UE", s’est indigné le diplomate sahraoui.

M. Sidati a rappelé que cette Eucoco 2018 intervient avant la reprise des négociations entre le Front Polisario et le Maroc les 4 et 5 décembre prochain à Genève, à l’invitation de l'Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, Horst Kohler.

Ce rendez-vous prévu sous l'égide de l'Onu devrait marquer la relance du processus de règlement du conflit  du Sahara occidental, au point mort depuis 2012.

Les négociations se veulent directes, franches et loyales, sans conditions aucune, et sur la base du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, en présence des pays voisins, l’Algérie et la Mauritanie en tant que pays observateurs officiels.

Samedi après-midi, un rassemblement de mouvement de solidarité à grande échelle est prévu à Madrid pour exiger la mise en application du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.

Dans ce sens, M.Sidati a estimé, que ce rassemblement va envoyer "un message très clair de solidarité mais aussi un message clair d’interpellation allant droit à l’UE, et à la communauté internationale et allant droit à l’Espagne" quant à leur responsabilité dans le règlement du conflit du Sahara occidental. (SPS)

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