Zone tampon au Sahara occidental: une campagne du Maroc pour trahir ses engagements (RASD)

Bir Lahlou (territoires sahraouis libérés), 14 avr 2018 (SPS) La campagne  "mensongère" orchestrée par le Maroc, à propos de la zone tampon, vise  avant tout "à trouver un alibi, même fabriqué, pour trahir ses engagements"  conclus dans le plan de règlement du conflit du Sahara occidental, a indiqué samedi le ministère sahraoui des Affaires étrangères, dans un Mémorandum. 

Le ministère sahraoui soutient, également, que ce "tapage intervient aussi  dans un climat de blocage marocain des efforts onusiens ainsi que le rejet  de Rabat du travail de la mission technique de l’ONU qui devrait  solutionner le problème résultant de la violation du cessez-le-feu par le  Maroc dans la zone d’El-Guergarat par l’ouverture d’un passage dans le mur de défense".

"Le Maroc a orchestré ces jours-ci un tapage médiatique et diplomatique  sans précédent qui a atteint le stade de l’hystérie", a affirmé le MAE  sahraoui, soulignant que "le Royaume a même brandi la menace d’engager une  action militaire pour annexer les zones libérées".

"Ce tapage de Rabat a été accompagné par une campagne de désinformation  sur la réalité qui existe sur le terrain en semant la confusion sur les  données géographiques acceptées d’un commun accord par les deux parties, le  Front Polisario et le royaume du Maroc", a-t-on encore ajouté dans ce  document.

 Ainsi et selon ce Mémorandum, "l’Accord Militaire N 1 organisant  l’opération du cessez-le-feu entre le Front Polisario et le Maroc stipule  que le mur de défense est la ligne de démarcation entre les deux armées  jusqu’a à la tenue du référendum et connaitre le statut définitif du territoire, avec la création d’une zone tampon à l’Est du mur large de 5 km  sur 2700 km de long".  L’Accord évoque, aussi, "la création d’une zone de 30 km de profondeur à l’Ouest du mur de défense et 25 km à l’Est et au Sud du même mur marocain".

"Les deux parties ne peuvent engager un mouvement de troupes ou de  matériel ou d’armes ni entreprendre des infrastructures sans en aviser au  préalable la MINURSO", a-t-on tenu à rappeler dans ce Mémorandum.

Concernant les allégations du Maroc que Bir Lahlou et Tifariti se situent  dans la zone tampon, les autorités sahraouies ont expliqué que ces deux  localités se situent dans les zones libérées à pas moins de 90 km du mur de  défense marocain, par conséquent, ces deux circonscriptions sont hors de la  zone tampon.

A propos des prétentions du Maroc que les forces du Front Polisario ont  violé le cessez-le-feu, le MAE sahraoui a indiqué que "ces allégations ont  été démenties par les Nations unies par le biais du porte parole officiel  du Secrétaire général des Nations unies, le 3 avril 2018".

"Sur le terrain et depuis le cessez-le-feu le gouvernement sahraoui est  celui qui administre et développe les zones libérées qui sont sous son  contrôle. Les régions et les bases militaires de l'armée sahraouie sont en  permanence au Sahara occidental depuis le déclenchement de la guerre de  libération contre le colonialisme espagnol en 1973, sans compter la  réalisation d’infrastructures par l’Etat sahraoui au profit des populations  de ces zones, notamment des hôpitaux, écoles et des forages de points  d’eau", a ajouté le ministère sahraoui.

== Les derniers développement ont accentué la rage des Marocains ==

Dans sa campagne mensongère, souligne le ministère sahraoui, "l’Etat  marocain a prétendu que pour la première fois le président sahraoui a reçu  les lettres de créance d’ambassadeurs étrangers dans la circonscription de  Bir Lahlou. Cette allégation est une contre-vérité comme le prouve les  différentes activités, les visites et rencontres ainsi que les congrès  organisées par le Front Polisario et l’Etat sahraoui depuis des décennies  ainsi que l’accueil de nombreuses personnalités étrangères (gouvernements,  parlements, partis politiques et société civil ) et les composantes de la  MINURSO."

Le Mémorandum indique, également, que d’autres facteurs ont accentué "la  rage" des autorités marocaines: "la Cour européenne de justice (CJUE) a  porté un coup dur aux prétentions et pillage illégal marocains des  ressources naturelles du Sahara occidental".

Le texte rappelle, en outre, que de son côté, l’Union africaine, lors de  son dernier sommet, a appelé "urgemment" à des négociations directes entre  la République arabe sahraouie démocratique et l'occupant marocain, les deux  parties au conflit.

"Ce revers de la diplomatie marocaine a achevé les tentatives du Royaume  de neutraliser la grande contribution de l’Afrique aux efforts de paix dans  la dernière colonie du continent", a affirmé le MAE sahraoui.

"La campagne marocaine de déformation de la vérité qui intervient avant la  réunion du Conseil de sécurité et au moment où la situation intérieure du  Maroc bouillonne vise avant tout à tromper les opinions marocaine et  internationale", lit-on dans le document.

A cela s’ajoute, souligne le Mémorandum, la détermination du Secrétaire  général des Nations unies, Antonio Guterres, et de son Envoyé personnel,  Horst Kohler, de relancer le processus de négociations entre les deux  parties.

"C’est pour cette raison que le Maroc a cherché des prétextes pour se  désengager du processus onusien', a fait remarquer le ministère.  "Il est donc clair que la campagne de désinformation entretenue par le  Maroc au sujet du cessez-le-feu et de la situation sur le terrain au Sahara  occidental n’est plus ni moins qu’une tactique de diversion montée pour le  Conseil de Sécurité afin de dévier les regards des véritables problèmes qui  sont à la base de l’impasse actuelle causée par le Maroc lui-même", a-ton  conclu dans ce Mémorandum. (SPS)

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