Conférence internationale sur les ressources naturelles du Sahara occidental en octobre en France

Paris, 5 avr 2018 (SPS)  Une conférence internationale sur les ressources  naturelles du Sahara occidental sera organisée les 19 et 20 octobre à  Gonfreville-l’Orcher (Normandie, France), a-t-on appris jeudi des  organisateurs.

La décision d'organiser cet événement a été prise à l'issue d'une réunion,  tenue mardi à l'Assemblée française, autour du député Jean-Paul Lecoq, du  maire de Gonfreville-l’Orcher, Alban Bruneau, du représentant du Front  Polisario en France, Oubi Bouchraya, ainsi que de la secrétaire générale de  l’Association des Amis de la RASD (AARASD), Nicole Gasnier.

Selon ses initiateurs, la conférence devra réunir, outre les responsables  sahraouis, des avocats, des experts, des professeurs universitaires  ainsi  que des membres de la société civile qui agissent à travers le monde pour  la protection des richesses naturelles sahraouies.

"Le but de la conférence est d’élaborer un plan d’action qui garantisse la  souveraineté du peuple sahraoui sur son territoire et ses richesses", a  indiqué la même source, rappelant que depuis les deux arrêts successifs de  la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), les 21 décembre 2016 et 27  février 2018, sur les accords commerciaux bilatéraux entre l’UE et le royaume du Maroc, "il est apparu clairement que le Sahara occidental est  +un territoire séparé et distinct+ de celui du Maroc, où ces  accords ne  peuvent par conséquent s’appliquer".

En effet, la CJUE a établi, à travers  ces arrêts, que toute exploitation  des ressources naturelles du Sahara occidental sans le consentement du  peuple sahraoui, représenté légalement par le Front Polisario, constitue  une violation de son droit à l’autodétermination, un droit imprescriptible  pour le peuple d’un territoire non-autonome.

Pour l'AARASD, il s’ensuit  une "grande responsabilité" pour l’Union  européenne, qui "est tentée de passer pardessus le droit pour complaire à  son partenaire marocain", relevant cependant que "ce serait aux dépens de  sa crédibilité et au risque d’un échec, car le Front Polisario et ses  avocats sont déterminés à défendre judiciairement jusqu’au bout le droit du peuple sahraoui à disposer de ses ressources naturelles".

Suite à l'arrêt de la CJUE sur l'accord de pêche UE-Maroc, le Front  Polisario avait demandé, rappelle-t-on, l’ouverture de "négociations  directes" avec la Commission européenne pour conclure un accord  international qui "permettra aux entreprises européennes d’exercer leur activité sur le territoire ou dans les eaux adjacentes dans le respect du  droit et la sécurité juridique", soulignant qu'il est "prêt à ce dialogue  sans aucun préalable".

En février dernier, les participants à la conférence "Syndicalistes et  solidarité avec le Sahara occidental", organisée au Parlement européen à  Bruxelles, avaient exprimé leur "profonde inquiétude" face à la persistance  du pillage des ressources naturelles du Sahara occidental, appelant l'UE et  ses institutions à "condamner clairement" toute exploitation illégale de  ces ressources.

Le Sahara occidental, territoire non autonome occupé illégalement par le  Maroc, avec le soutien de la France, depuis 1975, est potentiellement riche  en matières premières, notamment le phosphate, en ressources halieutiques  du fait que ses zones maritimes sont les plus poissonneuses au monde.

Selon des données communiquées par les Sahraouis, "les richesses  naturelles spoliées actuellement par le Maroc sont estimées à 4,5 milliards  dollars par an", des revenus qui sont "utilisés pour l’acquisition d’armes  pour réprimer brutalement la lutte du peuple sahraoui pour son droit  légitime à l’autodétermination". (SPS)

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