L'UE suit de "très près" la situation des prisonniers politiques sahraouis (SEAE)

Bruxelles, 29 mars 2018 (SPS) L'Union européenne (UE) "suit de très près" la situation des prisonniers politiques sahraouis, a affirmé jeudi le chef  de la division Moyen Orient et Afrique du Nord au Service européen pour l'action extérieure (SEAE), Vincet Piket.

"L'UE suit de très près la situation de ces prisonniers (sahraouis)",  a-t-il écrit dans sa réponse au ministre délégué, représentant du Front Polisario pour l'Europe, Mohamed Sidati qui avait adressé une lettre à la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini l'interpellant sur les atteintes "graves" aux droits de l'Homme au Sahara occidental occupé.

Selon Vincent Piket, depuis l'arrestation de ces prisonniers, "les représentants de la délégation de l'UE à Rabat ont rencontré régulièrement le Conseil national des droits de l'homme (CNDH) pour obtenir des informations sur leur état de santé et leurs conditions de détention", notamment concernant les différents cas soulevés par Mohamed Sidati dans sa lettre.

Relevant que les droits à la liberté de mouvement, de manifestation, d’association, "sont bannis dans les territoires occupés du Sahara occidental", le ministre sahraoui délégué pour l'Europe a soutenu dans sa lettre que "la situation des droits de l’Homme y a empiré depuis la fin du second procès de Gdeim Izik" dont le verdict a été prononcé le 19 juillet 2017.

Mohamed Sidati a rappelé, dans ce contexte, que 19 des prisonniers du groupe dit de "Gdeim Izik" détenus depuis 7 ans ont été condamnés à l'issue du procès à des peines très lourdes, allant de 20 ans à perpétuité, alors qu'"aucune preuve de leur culpabilité n’a été fournie" si ce n'est des "aveux extorqués sous la torture".

Le ministre sahraoui a dénoncé, en outre, la "dispersion brutale" à la mi-septembre 2017 des prisonniers du groupe de "Gdeim Izik" vers 7 prisons différentes à travers le territoire marocain, "la plupart à plus de 1000 kilomètres de leur famille habitant le Sahara occidental".

M. Sidati a indiqué que durant les 5 mois qui ont suivi leur dispersion, "les brimades ont été incessantes". Il en veut pour preuve "la réduction au minimum, sinon empêchement complet des visites familiales, enlèvements des livres et autres biens personnels, négligence de leur état de santé, mauvais traitements et nouveaux transferts vers des prisons différentes sans avertir les proches".

Le chef de la division Moyen Orient et Afrique du Nord au SEAE a affirmé,  à ce titre, que la "démocratie et les droits de l'Homme sont des éléments  essentiels de la politique étrangère de l'UE et de ses dialogues avec des pays partenaires", assurant le ministre sahraoui du "plein engagement du SEAE à cet égard".

"L'UE est préoccupée par la longue durée du conflit du Sahara occidental et par ses implications sur la sécurité, le respect des droits de l'Homme et l'intégration régionale", a-t-il ajouté, réitérant le soutien de l'Union au processus onusien pour le règlement du conflit au Sahara occidental.

"Nous soutenons pleinement les efforts déployés par le Secrétaire général des Nations unies et son envoyé personnel afin de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui garantira l'autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d'arrangements conformes aux principes et aux objectifs de la Charte des Nations unies", a-t-il affirmé.

Jeudi, le ministre délégué, représentant du Front Polisario pour l'Europe  a alerté, une nouvelle fois, la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini sur la "gravité de la situation" dans laquelle se trouvent des défenseurs des droits de l’Homme sahraouis.

Selon le représentant du Front Polisario pour l'Europe, une dizaine des défenseurs des droits de l’Homme sahraouis mène, depuis le 9 mars, une grève de la faim illimitée pour revendiquer le respect de leurs droits  humains par l’occupant marocain, et leur transfert dans une prison au Sahara occidental, à proximité de leur famille dont ils sont séparés par des centaines de kilomètres.

"Dispersés dans plusieurs prisons sur le territoire marocain et souvent  confinés, ces prisonniers subissent aujourd’hui une mort lente du fait de la négligence, de l’indifférence et des mauvais traitements de leurs geôliers", a-t-il affirmé, soutenant que "leur état de santé s’aggrave de jour en jour sans susciter la moindre compassion".

"Face à cette tragédie humaine, les responsables de l’UE se doivent pourtant d’intervenir auprès du Maroc avant qu’il ne soit tard", a-t-il estimé, rappelant que l'accord d’association qui les lient fait obligation à l’Union de "se préoccuper du respect des droits de l’Homme par le régime de Rabat". "Ce dernier ne doit absolument pas rester dans l’impunité", a-t-il plaidé.

Mohamed Sidati soutient que 56 prisonniers politiques, activistes et  défenseurs des droits de l’Homme dont certains sont en danger de mort du fait d’une grève de la faim prolongée, croupissent actuellement dans les prisons marocaines, "subissant les foudres d’une justice royale marocaine inique". (SPS)

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