Arraisonnement du navire transportant du phosphate du Sahara occidental: le Front Polisario optimiste quant au respect du droit international

Bir Lahlu (territoires sahraouis libérés), 18 mai 201è (SPS) Le  gouvernement de la RASD  et le Front Polisario ont fait part jeudi de leur  optimisme après l'arraisonnement à Panama d'un deuxième navire transportant une cargaison de phosphate illégalement extraite au Sahara occidental  occupé, et destinée à l'exportation, soulignant qu'"il était temps de  recourir à la loi et au droit international" pour protéger les richesses  naturelles du peuple sahraoui.

En réaction à l'interception du navire, Mohamed Khadad, membre du  secrétariat général du Front Polisario, a souligné : "Nous sommes  optimistes pour ce deuxième recours à l'application de la loi pour mettre  un terme au flagrant vol d'une ressource appartenant à un peuple sous  occupation, ce qui favorisera notre détermination".

L'interdiction de passage, le 1er mai, d'une cargaison passant par  l'Afrique du Sud et l'étape d'aujourd'hui au Panama font partie, a dit M.  Khadad, "des mesures en cours visant à lutter contre l'exploitation  illégale des ressources naturelles du Sahara occidental et à améliorer la règle de droit dans l'avancement de l'autodétermination du peuple  sahraoui".

"Depuis le début des expéditions de l'entreprise vers le port de  Vancouver au cours du deuxième semestre de 2013, le gouvernement sahraoui a  tenté de prendre attache avec Agrium, protestant systématiquement contre  l'envoi des navires (au Sahara occidental) de façon continue", a déclaré M.  Khadad.

Le point de référence, a soutenu M. Khadad, "est la décision de la Cour  internationale de Justice en 1975 qui avait conclu que le Maroc n'a pas de  droit territorial ou de prétention au Sahara Occidental", en plus de la  résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies qui stipule que "le  territoire est occupé".

"Après des années de lutte pour la fin de ce commerce illégal et notre  quête de création par les Nations Unies d'une instance de surveillance afin  de veiller sur nos ressources jusqu'à l'organisation d'un référendum  autodétermination du peuple sahraoui. Il était temps de recourir à la loi  et au droit international",   a ajouté le responsable sahraoui.

L'affaire de l'arraisonnement du navire danois, et de celui retenu en  Afrique du Sud le 1er mai et destiné à l'importateur néo-zélandais Ballance  Agri-Nutrients  (54 000 tonnes, 7 millions de dollars), fait suite à une  affaire portée par les Sahraouis auprès de la Cour de justice de l'Union  européenne.

La Cour avait conclu en appel que le Maroc n'avait aucun droit ou  revendication territoriale au Sahara occidental et que l'accord sur la  pêche entre l'Union européenne et le Maroc ne pouvait s'étendre sur le  territoire. Le tribunal a particulièrement noté que le consentement du peuple sahraoui  était nécessaire pour le commerce ou des accords concernant des ressources  naturelles.

Les autorités judiciaires sahraouies  s'engagent contre le commerce illégal

M. Khadad a expliqué que "les Sahraouis voulaient que leur gouvernement  agisse. Nous ne pouvions plus tolérer le mythe selon lequel l'exploitation  minière et l'exportation de la roche de phosphate constituaient en quelque  sorte un avantage pour la partie de notre population occupée à l'intérieur  du Sahara occidental. Et notre peuple dans les camps de réfugiés n'a rien vu du commerce".

"Considérez ceci: une pierre de phosphate de haute qualité pour engrais  agricole est vendue à profit et profite à la nutrition des enfants dans des  pays comme le Canada et la Nouvelle-Zélande", a-t-il fait remarquer.

"En attendant, les propriétaires légitimes de la ressource, y compris les  enfants sahraouis, sont confrontés à une mauvaise sécurité alimentaire.  L'injustice de cette situation ne pourrait pas être plus évidente", a-t-il  enchaîné.

M. Khadad dit s'attendre à ce que les autorités judiciaires sahraouies  s'engagent contre tous les conspirateurs dans le commerce illégal des  ressources du Sahara occidental et poursuivent des propriétaires de navires  pour des cargaisons futures, y compris des réclamations civiles ultérieures  contre eux dans des pays spécifiques où les appels au port sont faits.

La détention de la cargaison à bord du navire ultra Innovation survient la  veille du rendez-vous donné par la Haute Cour de l'Afrique du Sud pour  l'examen du cas du navire arrêté le 1er mai pour l'interdiction de la  cargaison liée à la Nouvelle-Zélande.

Le navire de la société danoise "Ultra Innovation" a été intercepté la  nuit dernière à Panama en vertu d'une ordonnance de la Cour panaméenne en  transitant à travers le canal de Panama en route vers le Canada, ont  précisé le gouvernement sahraoui et le Front Polisario.

Le navire qui transportait une cargaison de phosphate estimée à 55 000  tonnes et évaluée à environ 6 millions de dollars, avait été suivi avant  son arrivée vers la fin du mois dernier à El Aaiun sur la côte du Sahara  occidental.

L'arraisonnement du transporteur danois, fait suite à une affaire portée  par les Sahraouis auprès de la Cour de justice de l'Union européenne.  Elle s'ajoute à l'affaire du navire retenu en Afrique du Sud le 1er mai et  qui était destiné à l'importateur néo-zélandais Ballance Agri-Nutrients. La  cargaison du navire en question était de 54 000 tonnes d'une valeur de 7  millions de dollars. (SPS)

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