Sahara Occidental: résolution à faire avancer le processus de décolonisation après l'adhésion du Maroc à l'UA

Chahid Elhafed, 21 fev 2017 (SPS) Le peuple sahraoui demeure résolument attaché à la réalisation du processus de décolonisation sur son territoire occupé notamment après l'adhésion du Maroc à l'Union africaine (UA) et les engagements qui en découleront en matière de respect du règlement de l'Organisation et des libertés des peuples africains.

Pendant plus de 40 ans d'occupation du Sahara Occidental et plus de 25 ans depuis la signature de l'accord de cessez-le-feu entre les deux parties en conflit (Front Polisario et Maroc) devant initialement sous-tendre le processus de règlement pacifique sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU), "le peuple sahraoui n’a encore vu aucun signal du côté marocain pour mettre un terme à son occupation du territoire du Sahara Occidental", a affirmé le représentant du Front Polisario auprès de l'ONU Boukhari Ahmed.

Le responsable au Front Polisario, représentant unique du peuple sahraoui, a indiqué que l’adhésion du Maroc à l’UA "pourrait être une opportunité pour résoudre le conflit du Sahara Occidental, pour peu que Rabat ne joue pas à un jeu trouble et douteux", d'autant plus que, a-t-il dit, que cette adhésion a été faite sur la base de son approbation de la charte de l’UA qu’il a signé, et il doit par conséquent, respecter son engagement.

D'autre part, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ould Salek, a précisé que "le Maroc, en signant l'Acte constitutif de l'Union africaine, a officiellement reconnu ses frontières internationalement" à savoir celles n'incluant pas le Sahara Occidental.

"Si l'occupant marocain ne venait pas à respecter ses engagements, il se retrouvera face à une situation inextricable et un isolement au double plan africain et mondial tant les fondements sur lesquels a été créée l'organisation continentale reposent sur la libération du continent, la décolonisation et l'interdiction de tout accaparement des terres par la force", a-t-il encore souligné.

Dans l'expectative du respect des engagements pris par le Maroc, "l'Union africaine reste le garant principal, aux cotés des Nations unies, de l'application du plan de règlement sans cesse bloqué par le régime marocain", a poursuivi le chef de la diplomatie sahraouie qui estime que l'adhésion du Maroc à l'Union l'"oblige pragmatiquement" à adhérer aux démarches des deux organisations africaine et onusienne quant au règlement du conflit au Sahara Occidental.

=Mise en garde contre toute manoeuvre non conforme à la Charte de l'UA=

Se basant sur les antécédents de l’occupant, M. Boukhari remet en doute l’"honnêteté" et la  "franchise" du Maroc, évoquant même des "intentions non avouées".

Il a relevé à ce propos, que "le peuple Sahraoui n’a jamais fait confiance à l'occupant", mettant en garde contre "toute éventuelle stratégie marocaine non conforme à la charte de l’UA", notamment à son article 4.

L’article 4 de la charte de l’UA considère que les frontières des Etats membres sont celles acquises le jour de l’accession à l’indépendance. Celles du Maroc datent de 1956, ce qui exclue clairement les territoires du Sahara Occidental de son autorité.

"Agir autrement signifierait que le Maroc a induit en erreur les membres de l'Union Africaine qui doivent rester vigilants en s’assurant que l’indépendance du Sahara Occidental ne soit pas balayée sous le tapis de l’opportunisme politique et de la tromperie," a-t-il renchéri.

Par ailleurs, le président de la République, secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a appelé les Nations unies, en général, et le Conseil de sécurité tout particulièrement, à "assumer leurs responsabilités et exercer des pressions sur le Maroc pour l'amener à se conformer aux décisions onusiennes visant l'organisation d'un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui.

En attendant cela, ils sont tenus d'accomplir leur mission d'obliger le Maroc à respecter les clauses de l'accord de cessez-le-feu et la reprise immédiate de l'action de la MINURSO", a-t-il encore martelé.

Selon le président de la République, l'application de la légalité internationale concernant le conflit au Sahara Occidental constitue un "objectif stratégique" pour la partie sahraouie sur la scène africaine, et ce partant de la Charte et décisions onusiennes et africaines afin de permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination et de parachever la souveraineté de l'Etat sahraoui sur la totalité des ses terres.

"Il s'agit là d'un fait établi et immuable indépendamment de l'adhésion du Maroc", a-t-il déclaré.

Dernière colonie d'Afrique, le Sahara Occidental est occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France, faisant actuellement l'objet d'un processus de décolonisation sous l'égide des Nations unies et de l'Union africaine sur la base d'un accord de cessez-le-feu signé les deux parties en conflit. (SPS)

020/090/700 211408 FEV 017 SPS