Consacrer l'attachement à l'Acte constitutif de l'UA lors du prochain sommet (président de la République)

Alger, 24 jan 2017 (SPS) Le président de la République, Brahim Ghali, a estimé nécessaire de consacrer l'attachement à l'Acte constitutif de l'Union africaine (UA) et de défendre son caractère intransgressible lors du prochain sommet de l'UA, prévu les 30 et 31 janvier à Addis Abeba.

"Le prochain sommet africain est appelé à consacrer l'attachement à l'acte constitutif de l'UA et défendre son caractère intransgressible", a indiqué le président de la République, dans un entretien à l'APS.

Rappelant que le sommet d'Addis Abeba examinera la demande d'adhésion du Maroc à l'UA, M. Ghali a précisé que "si la bonne foi du Maroc d'adhérer à l'UA sans condition et en s'engageant à respecter toutes les clauses de l'Acte constitutif est avérée, le sommet décidera alors l'approbation, le report ou le refus".

Le président de la République a exprimé le souhait que la démarche marocaine (adhésion à l'UA) soit suivie par une autre plus courageuse qui englobe la reconnaissance définitive de la souveraineté de la RASD sur l'ensemble de son territoire, reconnu à l'échelle internationale, au seul service de la stabilité, de la sécurité et de la paix dans le continent africain".

Il a formé le voeu de voir le Maroc contribuer à la préservation de l'unité du continent africain, à travers le respect de l'acte constitutif et des frontières et de la souveraineté des pays dont la RASD, et jouer un rôle positif au sein de l'UA(...)".

"Nous et tous les pays amis prendront part au prochain sommet de l'UA forts et confiants en le Droit de l'UA et son acte constitutif, partant de la vision commune des pays africains et convaincus que l'unité, le poids et le développement du continent seront les principales préoccupations", a affirmé le présidant de la République.

 

== Davantage d'acquis diplomatiques pour la question sahraouie==

 

Par ailleurs, le président de la République a évoqué les acquis diplomatiques enregistrées dernièrement par la cause sahraouie notamment la position de l'ONU appelant à permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination, le dernier arrêt rendu par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) portant annulation de l'accord UE-Maroc sur les ressources naturelles du Sahara Occidental et la demande d'adhésion du Maroc à l'UA et la ratification de son acte constitutif qui inclut la RASD comme membre à part entière.

"La cause sahraouie a enregistré l'année dernière des acquis diplomatiques et remporté de grandes victoires notamment la position de l'ONU appelant au parachèvement du processus de décolonisation au Sahara Occidental, prouvant ainsi que la voix de l'Organisation est plus forte que les obstacles dressés par le royaume du Maroc".

"A travers l'expulsion de la composante politique de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), l'entrée en confrontation directe avec l'ancien SG de l'ONU, Ban Ki moon et l'entrave des visites de l'envoyé personnel du SG de l'organisation onusienne au Sahara Occidental, Christopher Ross, le Maroc a voulu contourner l'ONU et saper ses efforts pour permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination", a expliqué le Président Ghali.

Cependant, a-t-il poursuivi, "l'ONU a réitéré que le conflit sahraoui est une question de décolonisation et souligné sa responsabilité dans le parachèvement de sa mission dans ce territoire en dépit des récurrentes entraves marocaines".

M. Ghali a rappelé, dans ce sens, l'autre victoire du Front Polisario au niveau de l'Union européenne, en l'occurrence l'arrêt rendu en décembre dernier par la CJUE annulant l'accord sur la libéralisation du commerce des produits agricoles et halieutiques conclu entre l'UE et le Maroc.

Cet arrêt a confirmé que le Sahara Occidental ne faisait pas partie du royaume du Maroc et par conséquent tout accord entre l'UE et le Maroc ne peut inclure les territoires et les eaux du Sahara occidental, mais se limiter aux frontières marocaines reconnues à l'échelle internationale.

La décision de la CJUE est venue confirmer ainsi  la souveraineté du peuple sahraoui sur ses territoires et ses richesses et admettre la nécessité de permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination, conformément aux exigences de la légalité internationale, ajoute M. Ghali.

Evoquant les acquis diplomatiques de la cause sahraouie, le président Ghali a cité la demande d'adhésion du Maroc à l'UA qui compte la RASD comme membre fondateur.

Il a estimé que "le vainqueur dans cette affaire (l'adhésion du Maroc à l'UA) est le peuple sahraoui, la cause sahraouie, l'UA et son Acte constitutif obligeant tout Etat membre à respecter les frontières héritées à l'indépendance et à respecter tous les pays membres et leur souveraineté avec la nécessité d'œuvrer pour le règlement pacifique des différends".

==Une guerre visant à affamer les réfugiés sahraouis==

       

Parallèlement aux efforts diplomatiques intensifs du Front Polisario pour aller de l'avant dans la question sahraouie et permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination, la situation humanitaire dans les camps des réfugiés sahraouis s'aggrave de plus en plus, notamment avec le manquement de certains pays donateurs à leurs engagements et les tentatives d'autres parties de réduire les aides destinées aux sahraouis.

Le président de la République  a affirmé que les autorités sahraouies "rencontrent des difficultés concernant les aides humanitaires destinées aux réfugiés, sachant qu'il y a des tentatives de certaines instances internationales et de certains pays donateurs pour réduire ces aides".

Il a précisé que l'objectif visé "en cette conjoncture précise" est "de faire pression sur le peuple sahraoui et de saper sa résistance".

Pour M. Ghali, cette politique de pression risque de mener vers "une guerre visant à affamer" les réfugiés sahraouis, affirmant cependant  qu'"elle n'altérera en rien la détermination du peuple sahraoui à la résistance et à la revendication de son droit à la liberté et à l'indépendance et au retour au pays".

Le président de la République a exprimé le vœu de voir le nouveau secrétaire général de l'ONU Antonio Gutteres poursuivre le travail engagé par son prédécesseur Ban Ki-moon qui a promis aux Sahraouis de déployer davantage d'efforts avec les pays donateurs et d'organiser une conférence pour examiner la situation des réfugiés sahraouis dans les camps.

Il a souhaité que "Gutteres (nouveau SG de l’ONU) trouve au sein du Conseil de sécurité le soutien nécessaire pour faire avancer le dossier et activer le processus de décolonisation au Sahara occidental". (SPS)

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