Affaire du navire Key Bay: l'Espagne invitée à s'expliquer sur l'autorisation de laisser le navire poursuivre sa route

Madrid, 19 jan 2017 (SPS) Des élus espagnols ont demandé mercredi à leur gouvernement à s'expliquer sur la décision des autorités d'autoriser le navire européen "Key Bay" qui transporte une importante cargaison de l'huile de poisson, chargée à El Aaiun au Sahara occidental occupé, à poursuivre sa route vers la France après une escale samedi au port de Las Palmas dans les îles Canaries.

Dans une lettre adressée aux ministres espagnols des Affaires étrangères et des Finances, l'eurodéputé espagnol Florent Marcellesi, le député Jorge Luis Bail et la conseillère de la ville de Las Palmas, Maria del Pilar Alvarez Leon ont exhorté le gouvernement espagnol à "fournir une justification" et à préciser "le fondement juridique" de la décision des autorités espagnoles qui ont autorisé, samedi dernier, le "Key Bay" à quitter le port de Las Palmas malgré leur connaissance de la situation de la cargaison et de l'arrêt de la Cour de justice de l'UE (CJUE).

Selon ces élus, une importante cargaison de l'huile de poisson transportée par le navire européen Key Bay, chargée à El Aaiun au Sahara occidental le 7 janvier, est attendue à Fécamp (France) vers le 20 du même mois après une escale le 14 janvier au port de Las Palmas dans les îles Canaries (Espagne).

Le Key Bay a été contrôlé lors de son escale samedi à Las Palmas (Espagne) pour faire le plein de fuel par "la Guardia civil" qui a pu prendre connaissance des documents permettant le transport de la cargaison de l'huile de poisson.

Après vérification, les autorités espagnoles ont constaté que les autorisations ont été délivrées par les autorités marocaines d'occupation, ce qui établit la violation du droit international, ont-ils souligné dans la mesure où de tels produits ne peuvent accéder au marché européen que s’ils sont accompagnés de certificats d’origine et des garanties sanitaires établis par l’administration de l’Etat d’origine.

Malgré la violation du droit international établie, les autorités douanières espagnoles ont préféré laisser le navire poursuivre sa route sous prétexte qu'il n'avait pas pour destination finale Las Palmas, mais il était juste en transit, ont-ils regretté.

 

Les élus espagnols ont interpellé, à ce titre, le gouvernement de leur pays sur "la légitimité et la validité" des documents et certificats délivré par les autorités marocaines dans le territoire du Sahara occidental, d'autant que l'arrêt de la CJUE du 21 décembre dernier a souligné "sans équivoque" que l'accord d'association UE-Maroc, ainsi que l'accord de libéralisation, ne s'appliquent pas au territoire du Sahara occidental qui doit être considéré comme un tiers par rapport au Maroc.

Florent Marcellesi, Jorge Luis Bail et Maria del Pilar Alvarez Leon ont demandé également au gouvernement de leur pays s'il était en mesure d'affirmer que le Front Polisario a autorisé les exportations  du Sahara occidental vers l'Espagne et l'Union européenne.

Ils ont exhorté, en outre, le gouvernement espagnol  à veiller à ce que les autorités compétentes n'admettent pas le débarquement de produits qui ne sont pas garantis par des certificats d’origine valable, conformément au droit européen.

De son côté, le Front Polisario a annoncé qu'il déposera officiellement une plainte auprès des autorités européennes et françaises pour dénoncer l'embarquement illégal de l’huile de poisson par le navire européen Key Bay  à El Aaiun (ville occupée du Sahara occidental).

M'hammed Kheddad, membre du secrétariat national du Front Polisario a souligné, dans ce contexte, que  les produits prétendument marocains mais qui en réalité proviennent des eaux sahraouies et du port de Laâyoune occupée ne peuvent être exportés par des entreprises européennes et accéder au marché européen qu’avec l’autorisation du Front Polisario, seul représentant du peuple Sahraoui. (SPS)

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