4ème sommet Afrique-Monde arabe: "L'Afrique persiste et signe, toujours fidèle à sa Charte"

Paris, 28 nov 2016 (SPS) L'Association française des Amis de la RASD (AARASD) a soutenu lundi que les pays africains ont réaffirmé leur attachement à la Charte de l'Union africaine (UA) lors du quatrième sommet Afrique-Monde Arabe, qui s'est tenu à Malabo en Guinée Equatoriale.

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'UA ont réaffirmé cet engagement suite à la décision du Maroc de conditionner sa participation par son refus de siéger aux côtés de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), membre à part entière et fondateur de l'organisation panafricaine, à ce sommet.

"Le roi Mohamed VI, comme son père Hassan II, a tendance à ne pas comprendre l'attachement des Etats africains à leur Charte", a soutenu l'Association dans un communiqué, notant que "depuis un an, le roi du Maroc manœuvre à coups de voyages, de business et de cadeaux, pour convaincre (des) dirigeants de l'Union Africaine de se débarrasser de la RASD et d'ouvrir grandes leurs portes au Maroc."

"Les responsables africains du Forum (sommet) n'ont pas cédé au chantage, alors le Maroc est parti avec quelques uns de ses amis (...) qui espéraient pourtant investir dans la riche Afrique", a souligné l'AARASD dans le texte.

"L'Afrique persiste et signe", a-t-on ajouté, relevant par ailleurs que "2/3 des membres de la Ligue Arabe sont restés au Forum aux côtés de la RASD comme l'Egypte, le Soudan, la Tunisie, la Somalie, Djibouti et l'Algérie."

L'Association a tenu à rappeler par la même occasion que "la déclaration finale est restée également fidèle aux principes de la Charte de l'Union Africaine et donc au respect des frontières coloniales et au droit à l'autodétermination pour tous les peuples colonisés", affirmant que "c'est un grave revers pour le Maroc tant en Afrique qu'auprès d'une partie des Etats de la Ligue arabe."

Dans ce contexte, l'Association a prévenu qu"il reste quelques semaines à Ban Ki Moon pour manifester autant de fermeté et imposer au Maroc de revenir à la table des négociations directes pour véritablement négocier et respecter le droit international et tout le mois de décembre au Conseil de sécurité, présidé par l'Espagne pour soutenir un tel engagement."

L'Union africaine montre le chemin depuis plus de 30 ans. Le 12 novembre 1984, elle admettait la RASD à siéger à l'OUA comme 51 ème Etat membre, a-t-on rappelé.

Le Maroc avait formulé en septembre dernier une demande d'adhésion à l'UA, dont la RASD est membre fondateur.

Samedi, le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, a affirmé que son pays "ne s'oppose pas à l'adhésion du Maroc à l'UA pour peu que cela se fasse dans le respect des principes fondateurs de l'organisation continentale à leur tête la fin de l'occupation du Sahara Occidental".

La commission de l'UA a, pour sa part, rappelé récemment que l'Acte constitutif de l'Union ne contient pas de disposition relative à l'expulsion d'un membre quelconque de l'Union.

En effet, l'article 29 de l'Acte constitutif de l'Union fixant les conditions de l'adhésion, stipule qu'un pays qui veut adhérer à l'UA doit faire une demande qui doit être remise au président de la Commission de l'UA. Si cette demande reçoit l'accord de 28 pays (majorité simple), ce pays est admis, "mais sans conditions". (SPS)

 

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