L'UE exhortée à veiller au respect du principe de la souveraineté du peuple sahraoui sur ses ressources naturelles

Bruxelles, 25 nov 2016 (SPS) L'eurodéputé espagnol, Florent Marcellesi a interpellé vendredi le gouvernement de son pays et la Commission européenne sur la nécessité de veiller au respect au Sahara occidental du principe selon lequel les ressources naturelles, conformément au droit international, doivent être exploitées au nom et dans l'intérêt de la population sahraouie.

Dans une lettre adressée au commissaire européen à l'énergie et au climat, Miguel Arias Canete et une autre au ministre espagnol de l'énergie, Alvaro Nadal, le député européen s'est interrogé sur les mesures prises par son pays et par l'UE pour s'assurer que l'énergie qui sera importée du Maroc, conformément à un accord signé récemment entre les deux parties, ne provient pas, en réalité, du Sahara occidental, inscrit sur la liste des territoires non-autonomes de l'ONU depuis 1963.

Florent Marcellesi a rappelé que les puissances administrant d'autres territoires doivent, selon le droit international, respecter les conditions quant à l'exploitation des ressources naturelles des pays non-autonomes, à savoir l'exploitation de ces ressources au profit du peuple se trouvant dans le territoire, et en son nom ou en consultation avec les représentants officiels.

Il a affirmé dans ce sens que l'importation en Europe de l'énergie produite au Sahara occidental constitue une "violation du droit international et les droits fondamentaux de la population sahraouie".

Le Maroc, l'Allemagne, la France, l'Espagne et la Portugal ont signé le 17 novembre dernier une déclaration commune les engageant à élaborer une feuille de route pour l'échange d'électricité renouvelable. L'objectif : identifier les obstacles au commerce de l'électricité renouvelable entre les cinq pays signataires et proposer des moyens de les surmonter.

Le réseau électrique marocain et l'UE sont déjà partiellement interconnectés via l'Espagne et cette interconnexion devrait être renforcée par une nouvelle ligne avec le Portugal, en vertu de cet accord.

L'eurodéputé espagnol a fait savoir que conformément à un programme national de développement des énergies renouvelables, le Maroc a installé des centrales solaires et des parcs éoliens au Sahara occidental, s'inquiétant à ce titre de voir l'énergie produite sur ce territoire utilisée pour intensifier le pillage actuel des ressources naturelles.

Selon l'ONG Western Sahara resource watch (WSRW), en 2020, plus d'un quart de toute la production d'énergie verte du Maroc serait située au Sahara occidental, un territoire qu'il maintient sous occupation.

L'eurodéputé Marcellesi a exigé des précisions sur les termes de l'accord signé en marge de la COP 22 à Marrakech (Maroc) pour savoir si les dispositions prévues dans cet accord respectent la position de l'UE qui ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

L'eurodéputé Marcellesi a exhorté la Commission européenne et l'Espagne à inclure une déclaration interprétative dans tout accord dans ce domaine afin de "limiter son application aux frontières du Maroc officiellement reconnues par la communauté internationale".

Une cinquantaine de députés européens, opposés à l'importation d'énergie renouvelable en provenance du Sahara occidental et à l'implication de l'UE dans la réalisation de projets marocains sur ce territoire occupé, ont exhorté la Commission européenne et le Secrétaire général de l'ONU à faire respecter le principe de la souveraineté permanente des peuples sur leurs ressources naturelles quand elles sont sous occupation étrangère.

Dans une lettre, datée du 18 novembre, 52 eurodéputés, représentants presque tous les groupes politiques siégeant au Parlement européen, ont exigé de l'UE de garantir que les importations énergétiques en provenance du Maroc ne comprennent pas l'énergie produite au Sahara occidental et que ses institutions respectent l'engagement de l'UE de ne pas allouer de fonds pour des centrales d'énergie renouvelable dans le Sahara occidental.

Dans cette lettre adressée au vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, au commissaire européen en charge du Climat et de l'Energie, Miguel Arias Canete, et au Secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon, les parlementaires européens ont exhorté ce dernier à s'assurer du respect des résolutions des Nations unies concernant l'exploitation des ressources naturelles dans un territoire non autonome.(SPS)

        

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