Amnesty International appelle les autorités marocaines à libérer les détenus politiques sahraouis

Londres,02 avr 2016 (SPS)  L’organisation Amnesty International a lancé samedi un appel urgent aux autorités marocaines à libérer les treize Sahraouis militants des droits de l’homme, détenus dans la prison de Salé au Maroc et qui observent une grève de la faim depuis le début mars, inscrivant cette question sur la liste de ses actions urgentes.

Les 13 détenus sahraouis, Sidahmed Lemjayed, Ahmed Sbai, Mohamed Bachir Boutanguiza, Naâma Asfari, Hassan Dah, Cheikh Banga, Mohamed Bani, Sidi Abdallah Abhah, Mohamed Bourial, Mohamed Embarek Lefkir, Bachir Khadda, Abdallah Toubali et Brahim Ismaili, ont été condamnés à 20 ans de prison pour leur militantisme pacifique, lors des manifestations de Gdeim Izik, en novembre 2010.

Au total, 25 manifestants et militants sahraouis avaient été arbitrairement arrêtés et jugés. 

Le 1er mars dernier, 13 parmi eux, ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention arbitraire, ainsi que celle de huit autres, après un procès inéquitable.

Amnesty International tire la sonnette d’alarme quant à leur état de santé, soulignant qu’outre l’importante perte du poids, ils souffrent, à ce stade de leur grève, de "fatigue extrême, maux de tête intenses, douleurs abdominales et perte de conscience".

L’ONG réaffirme que le procès avait été "entaché d'irrégularités" et d’"injustice" et d’"aveux sous la torture", rappelant qu’aucune enquête n’avait été faite par le tribunal militaire avant le procès.

Amnesty International interpelle la communauté internationale à faire pression sur les autorités marocaines pour qu’ils libèrent les détenus sahraouis, ou qu’ils les rejugent dans le cadre d'un procès équitable, avec respect du principe de présomption de libération dans l'attente du procès, comme défini par le droit international relatif aux droits humains.

Elle  est également demandé de réclamer aux autorités marocaines, de veiller à ce que les 13 grévistes de la faim bénéficient de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin, et qu’ils diligentent une enquête "indépendante" et "impartiale" sur leurs allégations de torture et d’autres mauvais traitements.(SPS).

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