Autodétermination du peuple sahraoui : les puissances occidentales mises à l’index

L’application du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental est «bloquée par le jeu des intérêts des grandes puissances», dans la région nord-africaine et l’Afrique. Et, c’est ce qui est à l’origine de l’approche politique promue, par certains membres permanents du Conseil de sécurité des nations unies, dont la France et les États-Unis, retardant la non organisation du droit au référendum du peuple sahraoui, à ce jour, droit que consacre les textes et l’esprit de la Charte onusienne. Inscrite dans l’agenda des Nations unies, depuis les années soixante, sur le registre des questions de décolonisation, la communauté internationale peine à aller dans l’application effective du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, confortant, ainsi, la colonisation marocaine au Sahara occidental.
 
Pour le professeur universitaire et expert des relations internationales, Ahmed Kateb, après avoir rappelé la genèse de de la question du Sahara occidental, de la colonisation espagnole à l’invasion militaire marocaine, en 1975, des territoires sahraouis, permise par les Accord de Madrid, la nature fondamentale de la question sahraouie «demeure une question de décolonisation», a-t-il souligné. Invité à animer, hier, une conférence au Forum du quotidien «DK News», sur le droit à l’autodétermination, à l’initiative du Collectif des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui, (CJASPS), l’animateur précisera que l’intangibilité des frontières hérités de la colonisation étant consacré dans le Droit international, la communauté internationale «ne reconnaît pas la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental». Pour notre interlocuteur «l’impérialisme mondial» use de ses instruments économiques, médiatiques et politiques pour maintenir l’omerta politico-médiatique sur les souffrances et le combat du peuple sahraoui pour son droit à l’autodétermination.

Rappelant que la lutte du peuple sahraoui et de son représentant unique et légitime, reconnu par l’ONU, le Front Polisario, est un combat de mouvement de libération, l’Algérie, qui vient de «fêter son 53e anniversaire de son indépendance», s’appuie sur ses principes ayant guidé son processus historique pour s’affranchir du joug colonial français, dans ses soutiens aux peuples colonisés, notamment celui du Sahara ocidental et de la Palestine.
 
Dans son analyse, le conférencier a illustré le rôle que joue Rabat, précisément dans la région nord-africaine, en le résumant par son expression «un relai de l’impérialisme des puissances occidentales». Notons qu’étaient présents à cette rencontre l’ambassadeur sahraoui, à Alger, son excellence Brahim Ghali, le président du Comité national algérien de soutien au peuple sahraoui (CNASPS), Saïd Layachi, le deuxième secrétaire de l’ambassade d’Angola, à Alger, Karlos Kapusso, le militant infatigable dans son soutien à la Cause sahraoui, Mahrez Lamari, et l’on notera l’honorable présence de notre moudjahida Annie Steiner.
 
Prenant la parole, la militante, hors pair dans son combat pour la liberté et l’indépendance de l’Algérie, Annie a tenu à exprimer son soutien à la mère sahraouie Tekkber Haddi, en grève de la faim pour réclamer la dépouille de son fils, Lamine Haidalla, de 21 ans, mort à El-Ayoune occupée, après avoir été agressé par des colons marocains et torturé par la police coloniale. Notre interlocutrice dira que les pratiques coloniales sont les mêmes, indépendamment de l’espace et le temps. «Je reconnais les similitudes entre le combat de cette courageuse femme et mère sahraouie, et notre combat, à nous, contre la colonisation française», dira-t-elle, avant d’ajouter et qu’à travers le combat de Tekkber Haddi, «c’est tout le combat du peuple sahraoui pour son indépendance» qui est exprimé.
 
Pour sa part, le diplomate sahraoui, Brahim Ghali, après avoir salué la portée et la teneur de la solidarité, et le soutien de l’Algérie et des Algériens au juste et légitime combat du peuple sahraoui pour son indépendance, il indiquera que la colonisation marocaine est «une violation» du droit et de la Loi internationale. Appelant la communauté internationale à assumer ses responsabilités et ses engagements, il y a plus de 24 ans, aboutissant au cessez-le-feu, entre le Front Polisario et le Royaume chérifien, pour la tenue du référendum d’autodétermination.
 
Balayant d’un revers les thèses et la propagande du colonisateur marocain et ses soutiens occidentaux, qui mettent en avant les «risques» de l’indépendance du Sahara occidental sur la «stabilité de la Monarchie alaouite», l’ambassadeur sahraoui avertit que «ce sont, là, des lectures en faveur du maintien de la colonisation par le Maroc de notre Sahara occidental». Saluant, pour sa part, l’initiative du CJASPS, Saïd Layachi a appelé à doubler d’efforts et d’initiative pour le soutien au peuple sahraoui dans sa lutte légitime pour son indépendance, notamment sur les plans, national, régional et international. Invitant, plus loin dans son allocution, le Maroc «d’aller dans le sens du cours de l’histoire, en se conformant au Droit international par l’acceptation de l’organisation du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, comme le stipule les textes de la Charte de l’ONU». Et c’est ainsi, a-t-il conclu, que l’Union maghrébine arabe «trouvera tout son sens» par le respect des droits légitimes du peuple sahraoui , dont le plus fondamental, celui de vivre libre et indépendant sur ses terres.

Karima Bennour