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Paris,
24/10/2007 (SPS) L’association française des Amis de la RASD (AA-RASD)
a dénoncé mercredi la position du président français Nicolas Sarkozy
sur la question du Sahara Occidental, la jugeant "contraire à celle
de l’ONU et de bien des Etats de l’UE".
Réagissant au
discours de M. Sarkozy, mardi devant le parlement marocain, la
présidente de l’AA-RASD, Mme Régine Villemont, a souligné qu’"à
l'inverse de ce que nous osions espérer, à savoir un rééquilibrage
de la position française respectueuse du droit international et donc
de l'autodétermination du peuple sahraoui, le président Sarkozy
vient d'approuver, comme son prédécesseur Jacques Chirac, le plan
d'autonomie pour le Sahara Occidental".
L'AA-RASD
"s'étonne d'une telle position peu compatible avec la mise en
chantier des ambitions du président Sarkozy qui veut développer les
relations et les projets des pays de l'ensemble méditerranéen",
poursuit Mme Villemont dans un communiqué.
L'AA-RASD "dénonce
cette position contraire à ce que l'Assemblée générale des Nations
unies vient d'approuver par consensus, à savoir l'autodétermination
des Sahraouis", notant aussi que "la position défendue par la
Présidence de la République française se distingue également de
celle exprimée par bien des Etats de l'Union européenne".
L'ONG a rappelé
que le Royaume-Uni à exprimé son appui à l'autodétermination, que le
ministre italien des Affaires étrangères, M. d'Aléma, a rencontré le
18 octobre le président de la RASD, M. Mohamed Abdelaziz, et que le
Parlement européen vient de remettre le prix Silver Rose à la
militante sahraouie des droits de l'Homme, Aminetou Haïdar.
Elle ajoute
qu’ayant "appris que M. Nicolas Sarkozy s'était rendu à El Aaïun en
1991, (elle) se demande si celui-ci a eu l'occasion de rencontrer
"les bagnards sahraouis" victimes pour certains de 17 ans de
disparition forcée dans les geôles de Hassan II et libérés en
septembre 1991, en même temps que la signature du cessez-le-feu
entre le Maroc et le Front Polisario".
"Ces anciens
disparus sont aujourd'hui les militants dans leur pays toujours
occupé par le Maroc et continuent à se battre pour leur liberté,
autodétermination et indépendance pour leur pays, le Sahara
Occidental", a encore souligné l’ONG qui "appelle la France à se
conformer à la légalité internationale et à respecter le droit à
l'autodétermination des Sahraouis".
L’AA-RASD fait
partie du collectif d’une dizaine d’ONG françaises qui avaient
adressé une lettre au président Sarkozy, à la veille de sa visite au
Maroc, lui rappelant que le 25 septembre 2007, devant l'Assemblée
générale des Nations unies, il avait "souligné qu'il n'y aurait pas
de paix dans le monde si la communauté internationale ne soutenait
pas +le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes+".
La Ligue française
des droits de l’Homme, le Mouvement contre le racisme et pour
l’amitié entre les peuples, le Mouvement de la Paix, l'Association
française d'amitié et de solidarité avec les peuples d'Afrique,
Survie, ou encore le Comité pour le respect des libertés et des
droits Humains au Sahara Occidental, avaient en commun noté que "la
population sahraouie, qui exprime depuis mai 2005 son droit à
l'autodétermination par des manifestations pacifiques, est
violemment réprimée".
Le collectif d’ONG
avait alors décrit la situation au Sahara Occidental où "les
défenseurs sahraouis des droits de l'Homme sont arrêtés et condamnés
à de lourdes peines de prison au cours de procès qui ne respectent
pas les normes internationales d'un procès équitable comme ont pu le
constater à plusieurs reprises des avocats français observateurs" et
où "des associations sahraouies pour le respect des droits de
l'Homme ou pour la tenue d'un référendum d'autodétermination sont
interdites ou poursuivies devant les tribunaux".
"Les libertés
fondamentales d'opinion, d'expression, d'association et de
manifestation ne sont pas respectées dans ces territoires qui
subissent de surcroît un véritable huis clos", avait ajouté le
collectif, relevant que "de nombreuses délégations d'observateurs et
de journalistes étrangers sont refoulées."
Ainsi, note-t-il,
"en octobre 2006, une délégation du Parlement européen a même été
interdite" et "dans certaines universités marocaines, des étudiants
sahraouis, qui veulent exprimer leur solidarité avec les populations
des territoires occupés, subissent également une violente
répression".
"Une telle
situation ne contribue pas à créer un climat favorable aux
négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario sous
l'égide des Nations unies qui doivent reprendre en décembre 2007
(après les deux rounds de juin et août 2007) sur la base de la
résolution 1754 adoptée le 30 avril 2007 par le Conseil de Sécurité
des Nations unies", avaient estimé les ONG dont également un
syndicat de la Magistrature. (SPS)
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OCT 07 SPS |