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Paris,
20/10/2007 (SPS) Une dizaine d’ONG françaises ont adressé une lettre
au président français Nicolas Sarkozy, soulignant " la violente
répression" que subit le peuple sahraoui qui "lutte pacifiquement
pour son droit à l’autodétermination", a-t-on appris jeudi du Comité
pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara
Occidental (CORELSO) basé à Paris.
Dans une lettre
commune rendue publique jeudi, ces ONG dont le CORELSO, la ligue
française des droits de l’homme (LDH), le Mouvement contre le
racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), et le Syndicat de
la Magistrature, ont rappelé que le 25 septembre 2007, devant
l'Assemblée Générale des Nations Unies, le président français avait
" souligné qu'il n'y aurait pas de paix dans le monde si la
communauté internationale ne soutenait pas le droit des peuples à
disposer d'eux-mêmes".
"Partageant cette
analyse et connaissant votre intérêt pour la région du Maghreb, nous
voudrions profiter de votre prochain déplacement au Maroc pour
attirer votre attention sur la situation dans les territoires
occupés du Sahara Occidental ", ont poursuivi les ONG, soulignant
que "la population sahraouie, qui exprime depuis mai 2005 son droit
à l'autodétermination par des manifestations pacifiques, est
violemment réprimée".
Les associations,
dont également le Mouvement de la Paix, L’Association Française
d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique, et celle des
Amis de La RASD (AA-RASD), ont ajouté que "les défenseurs sahraouis
des droits de l'homme sont arrêtés et condamnés à de lourdes peines
de prison au cours de procès qui ne respectent pas les normes
internationales d'un procès équitable comme ont pu le constater à
plusieurs reprises des avocats français observateurs".
"Des associations
sahraouies pour le respect des droits de l'homme ou pour la tenue
d'un référendum d'autodétermination sont interdites ou poursuivies
devant les tribunaux", a en outre signalé le collectif d’ONG.
Pour ce collectif,
"les libertés fondamentales d'opinion, d'expression, d'association
et de manifestation ne sont pas respectées dans ces territoires qui
subissent de surcroît un véritable huis clos".
"De nombreuses
délégations d'observateurs et de journalistes étrangers sont
refoulées. En octobre 2006, une délégation du Parlement Européen a
même été interdite", ont écrit les ONG, relevant que "dans certaines
universités marocaines, des étudiants sahraouis, qui veulent
exprimer leur solidarité avec les populations des territoires
occupés, subissent également une violente répression".
La délégation du
Haut-Commissariat des Droits de l'Homme des Nations Unies, qui avait
enquêté sur cette situation en mai 2006, a constaté que les
Sahraouis subissaient de graves restrictions de leur droit
d'exprimer leur opinion et de créer des associations et estimé que
ces violations découlaient de la non application du droit à
l'autodétermination du peuple sahraoui", a fait valoir le collectif,
dont aussi Survie-France et Droit Solidarité.
Les ONG ont
précisé que "le rapport de cette mission (onusienne), qui n'a
toujours pas été publié officiellement, confirme les témoignages des
défenseurs des droits de l'homme et avocats français qui ont assisté
aux procès et rencontré des victimes de la répression et leurs
familles".
"Une telle
situation ne contribue pas à créer un climat favorable aux
négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario sous
l'égide des Nations Unies qui doivent reprendre en décembre 2007
(après les deux rounds de juin et août 2007) sur la base de la
résolution 1754 adoptée le 30 avril 2007 par le Conseil de Sécurité
des Nations Unies", a souligné le collectif associatif.
"Nous
souhaiterions que, lors de vos entretiens avec les autorités
marocaines, vous preniez en compte nos observations avec l'objectif
de demander "aux autorités marocaines" de mettre un terme à la
répression, de respecter les libertés fondamentales et de tout faire
pour parvenir à une solution politique, juste, durable et
mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du Sahara
Occidental", ont conclu les ONG.
Le président
français entamera lundi prochain une visite d’Etat de trois jours au
Maroc, a annoncé l’Elysée. (SPS)
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OCT 07 SPS |