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TERRITOIRES OCCUPES/REPRESSIONS/AMNESTY

Amnesty International préoccupée par le sort de défenseurs sahraouis des droits de l'Homme


Londres
, 14/10/2007 (SPS) Amnesty International a affirmé être préoccupée par le fait que deux défenseurs sahraouis des droits humains, Brahim Sabbar et Ahmed Sbai, risquent d'être condamnés à une nouvelle peine de prison à la suite de leur comparution en justice le 8 octobre 2007 pour "offense à magistrats".

Ces deux hommes, condamnés lors d'un précédent procès pour "appartenance à une organisation non autorisée" et d'"incitation à des actions violentes de contestation", purgent déjà des peines d'emprisonnement.

Dans un communiqué rendu public vendredi, Amnesty International estime qu'ils pourraient être des prisonniers d'opinion, détenus pour leurs activités pacifiques de défense des droits humains et du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Le 8 octobre 2007, Brahim Sabbar et Ahmed Sbai n'ont comparu que très brièvement devant le tribunal d’El Aaiun (Sahara Occidental).

Ils étaient accusés d'"offense à magistrats" pour avoir scandé des slogans en faveur de l'autodétermination du peuple sahraoui lors de leur précédent procès. Ils ont comparu aux côtés de trois autres Sahraouis - Ahmed Salem Ahmeidat, Mohamed Lehbib Gasmi et El Hafed Toubali - qui purgent eux aussi des peines de prison et font l'objet des mêmes accusations.

Un sixième accusé, Abdessalam Loumadi, récemment libéré à l'issue d'une autre peine, était absent. Les cinq accusés ont été expulsés de la salle d'audience sur ordre du président du tribunal peu après l'ouverture du procès parce qu'ils continuaient de revendiquer l'autodétermination pour le peuple sahraoui et d'exprimer leur soutien au Front Polisario, qui s'oppose à l'annexion du Sahara occidental par le Maroc.

Leurs avocats ont demandé qu'ils réintègrent la salle d'audience, mais leur requête a été rejetée. Ils se sont donc déclarés dans l'incapacité de plaider. Le ministère public a demandé au juge d'appliquer la loi stricto sensu et le juge a clos l'audience, annonçant que le tribunal rendrait son verdict le 22 octobre. Les accusés risquent jusqu'à un an de prison et 5000 dirhams d'amende (environ 625 dollars).

Le communiqué indique, citant certaines sources, que les policiers ont insulté les cinq accusés et leur ont craché au visage dans le fourgon de police où ils ont été placés après leur expulsion du tribunal.

A leur arrivée au tribunal, les proches des accusés auraient été orientés, semble-t-il délibérément, vers une mauvaise salle d'audience, tandis que la salle où comparaissaient les accusés était remplie de membres des forces de sécurité en uniforme et en civil. Toutefois, quatre observateurs internationaux étaient présents.

Brahim Sabbar est le SG de l'Association sahraouie des victimes de violations graves des droits de l'homme commises par l'Etat marocain (ASVDH) et Ahmed Sbai est membre de l’association.

l'ASVDH (http://asvdh.net) recense et documente les violations des droits humains perpétrées par les autorités marocaines et demande justice pour les Sahraouis victimes de disparition forcée au cours des précédentes décennies.

Brahim Sabbar a lui-même fait l'objet d'une disparition forcée de 1981 jusqu'à sa libération en 1991. Cette association n'a pas pu être enregistrée officiellement auprès des autorités marocaines en raison d'obstacles administratifs à caractère politique. (SPS)

010/090/700 141033 OCT 07 SPS

 

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