New York (Nations unies), 10/10/2007 (SPS) Le Sahara
occidental a constitué le principal sujet de débat à la quatrième
Commission de l'Assemblée générale de l'Onu, chargée de la
décolonisation, la majorité des intervenants exprimant leur soutien
au droit des Sahraouis à l'autodétermination.
"L’accès à la souveraineté est l’une des pierres
angulaires de l’action de l’Onu", a rappelé le président de la
Commission, Abdalmahmoud Abdalhalim Mohamad, du Soudan, à
l'ouverture de ses travaux, lundi.
Le rapporteur du Comité spécial sur l’application
de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux
peuples coloniaux, M. Bachar Jaafari (Syrie), a souhaité que les
"efforts conjoints de tous les Etats membres (de l'Onu), du système
des Nations unies et des habitants des territoires non autonomes
mènent à des progrès significatifs dans l’éradication totale du
colonialisme".
Le représentant de l'Angola, M. Tete Antonio, a
fait remarquer qu’"à une époque où la consultation populaire faisait
presque partie de nos mœurs à tous, il est bien logique que le
peuple du Sahara occidental jouisse également de ce droit".
Il s’est réjoui de l’amorce de négociations
directes entre les parties, le Maroc et le Front Polisario, à
Manhasset près de New York, en août dernier,et les a encouragées à
"négocier de bonne foi".
Le diplomate angolais s'est félicité en
particulier du "rôle positif" joué par les pays voisins, l’Algérie
et la Mauritanie. M. Juan Martinez, représentant la République
dominicaine, a déclaré que la question du Sahara occidental devait
"trouver sa solution avec les Nations unies", estimant que les
dernières réunions de Manhasset "ouvrent des perspectives
intéressantes".
M. Valente Chissano, du Mozambique, a appelé à un
règlement du conflit grâce à une solution qui serait "juste et
acceptable".
Il a déploré que les objectifs de la Déclaration
sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux
"avaient maintenant plus de 50 ans et que, malgré cela, ils ne sont
toujours pas atteints".
Le représentant de la Chine, M. Liu Zhenmin, a de
son côté rappelé que deux millions de personnes vivaient encore dans
16 territoires non-autonomes. "Il y a consensus parmi les Etats
membres pour que l’on parvienne à achever au plus tôt le processus
de décolonisation", a dit le représentant chinois. Il a rappelé que
son pays avait "toujours appuyé les populations de ces territoires
dans leurs efforts pour exercer leur droit à l’autodétermination.
La Chine, a-t-il ajouté, "a l’intention de
continuer à œuvrer au sein de l’Onu et de sa 4ème Commission".
Le représentant de l'Iran, M. Hossein Maleki, a
déclaré que la Charte des Nations unies "consacrait le droit à
l’autodétermination" et a demandé à ce que la décolonisation soit
donc considérée comme un "objectif majeur pour l’Organisation".
Il a également plaidé en faveur de missions
annuelles d'information menée par les Nations unies dans les
territoires non autonomes. M. Mason F. Smith, des îles Fidji, a
estimé que la décolonisation était un "droit de l’homme
fondamental".
"La taille du territoire, ou sa situation
géographique, ne devrait pas empêcher le droit inaliénable de son
peuple à exercer son droit à l’autodétermination, librement et sans
ingérence", a-t-il dit. M. Alfredo Lopes Cabral, de la
Guinée-Bissau, a rappelé que l’"objectif ultime (de l'Onu) était de
donner la possibilité aux peuples (des territoires non autonomes) de
s’exprimer".
Après les interventions des représentants des pays
membres de la 4ème Commission, la parole a été donné à des
"pétitionnaires" venus du monde entier pour exprimer leur opinion
sur le conflit du Sahara occidental et les autres territoires non
autonomes.
M. Willy Meyer Pleite, qui s’exprimait en tant que
député européen et au nom du Groupe d’amitié avec le Sahara
occidental du Parlement européen, a souligné que "le Maroc n’était
pas puissance administrante mais puissance occupante".
Il a affirmé que Rabat n’avait pas montré de
"volonté réelle de débloquer la situation", jugeant d'autre part que
l’Espagne, en tant qu’ancienne puissance administrante du Sahara
occidental, "a une responsabilité clef au sein de l’Union
européenne".
Certains pétitionnaires ont reproché au
gouvernement espagnol d’"entériner la proposition marocaine
consistant à refuser l’indépendance au profit de l’autonomie".
Une intervenante a rappelé que la majorité du
peuple sahraoui vivait depuis 30 ans dans un des lieux les plus
inhospitaliers du Sahara, dans des camps de réfugiés.
Une représentante de l'ONG internationale Oxfam a
reproché à la communauté internationale de ne pas répondre à ses
engagements et d’avoir réduit l’assistance aux réfugiés sahraouis.
(SPS)
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