New York (Nations unies), 10/10/2007 (SPS) L'Algérie appelle
à la protection adéquate de la population sahraouie des territoires
occupés du Sahara occidental face à la répression dont elle fait
l'objet par les forces d'occupation marocaines ainsi qu'à la
publication du rapport sur la situation des droits de l'homme dans
ces territoires élaboré par le Bureau du Haut commissaire des
Nations unies pour les droits de l'homme.
"Au moment où le processus de négociations
maroco-sahraouies cultive l'espérance en une solution pacifique au
conflit du Sahara occidental, il n'est que juste que la population
sahraouie des territoires occupés bénéficie d'une protection
internationale adéquate face à la répression", a souligné le
représentant permanent de l'Algérie auprès de l'ONU, M. Youcef
Yousfi, à l'ouverture des travaux de la Commission des questions
politiques spéciales et de la décolonisation des Nations unies.
M. Yousfi a appelé en outre le Bureau du Haut
commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme à "assumer
ses responsabilités à cet égard en rendant public le rapport de sa
mission au Sahara occidental et en viellant à la mise en oeuvre de
ses recommandations, en étroite coopération avec la MINURSO dont le
mandat ne saurait exclure +la responsabilité de protéger+ ainsi
qu'avec toutes les agences concernées du système des Nations unies".
Dans ce cadre, il a plaidé pour la levée du "huis
clos imposé" dans les territoires occupés du Sahara occidental, afin
de permettre, a-t-il dit, aux journalistes, parlementaires et
membres des organisations humanitaires d'y "accéder librement" et de
contacter la population "sans entraves".
"Il est également, essentiel que les réfugiés
sahraouis en territoire algérien, auxquels l'Algérie accorde une
hospitalité fraternelle et pour lesquels elle consent de lourds
sacrifices, ne soient plus l'enjeu de manœuvres politiciennes de la
puissance occupante du Sahara occidental", a-t-il déploré, ajoutant
que ces réfugiés "doivent au contraire, bénéficier d'une sollicitude
accrue" en matière humanitaire de la part de la communauté
internationale en raison de leur "situation précaire".
Evoquant le conflit sahraoui, M. Yousfi a rappelé
que l'Algérie "est plus que jamais convaincue" que le règlement
"juste et définitif" de ce conflit est "nécessairement" celui qui
garantit au peuple du territoire l'exercice de son droit à
l'autodétermination, à travers l'organisation d'un référendum "libre
et sans contrainte", conforme à la doctrine et à la pratique des
Nations unies en matière de décolonisation.
Dans ce contexte, il a souligné que l'Algérie n'a
cessé d’œuvrer pour le parachèvement pacifique du processus de
décolonisation à travers la tenue d'un référendum
d'autodétermination "libre et crédible", ajoutant qu'elle a été de
"tous les efforts" menés par l'Organisation de l'Unité africaine et
les Nations unies visant à promouvoir "une solution juste, durable
et équitable" du conflit sahraoui et qui ont été couronnés par
l'adoption du Plan du règlement.
Abordant les négociations directes ouvertes en
juin et août derniers entre les deux parties en conflit, la Maroc et
le Front Polisario, sous les auspices des Nations unies, et
auxquelles l'Algérie et la Mauritanie sont associées en qualité de
pays voisins, M. Yousfi a réitéré le vœu de l'Algérie de voir ce
processus honorer le principe fondateur du droit des peuples à
l'autodétermination dont "cette auguste instance est le garant
vigilant", a-t-il dit.
Il a également, rappelé que le peuple sahraoui,
qui "mène sa lutte de libération nationale de manière exemplaire",
s'est toujours tourné vers "cette auguste Assemblée" pour l'aider à
exercer son "droit légitime et inaliénable à disposer librement et
démocratiquement de son destin".
A cet égard, M. Yousfi a fait savoir qu'"il n'y a
pas de meilleure façon, pour cette Commission, d'exprimer
aujourd'hui, son appui à la cause sahraouie, comme elle l'a fait par
le passé, à l'endroit de tous les peuples sous domination coloniale,
que de soutenir les efforts du secrétaire général de l'ONU et de son
envoyé personnel pour la mise en oeuvre de la résolution 1.754 et
pour la promotion d'une solution juste et durable du conflit du
Sahara occidental".
Il a estimé que "la rectitude politique et morale
commande tout autant que les exigences de vérité et d'efficacité,
que chaque question internationale soit traitée attentivement et en
fonction de ses mérites propres, à l'abri des amalgames réducteurs
et des dénaturations abusives".
Et c'est sous cet éclairage, que le parachèvement
de la décolonisation du Sahara occidental "est une nécessité qui
s'impose aux Nations unies comme un test de crédibilité et le
passage obligé pour la réalisation d'ambitions encore plus grandes",
a-t-il conclu. (SPS)
010/090/700 101628 OCT 07 SPS |