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Madrid,
23/09/2007 (SPS) Une conférence juridique internationale sur le
conflit du Sahara Occidental s’est tenue vendredi à Madrid en
présence de plusieurs juristes, chercheurs et universitaires, dont
plusieurs venus de France et d’Italie et au cours de laquelle le
droit du peuple sahraoui à l’autodétermination a été réaffirmé avec
force.
Organisée par
l’Association internationale des juristes pour le Sahara Occidental,
la rencontre a été marquée par la présentation de plusieurs
communications telles "la question du Sahara Occidental dans le
cadre juridique international", "le conflit du Sahara Occidental
dans la géopolitique maghrébine", ou encore "la plainte pour délit
de génocide contre le peuple sahraoui".
Dans leurs
interventions, les participants ont rappelé le caractère juridique
de ce long et douloureux processus de décolonisation de cette
ancienne colonie espagnole qui figure pourtant à l’ordre du jour de
l’agenda des Nations unies depuis 1965, en tant que territoire non
autonome, un problème qui doit trouver sa solution à travers
l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée Générale incluant
la Déclaration sur l’accès à l’indépendance des peuples et pays
colonisés.
Dans ce sens, les
participants ont rappelé encore que toutes les résolutions des
Nations unies ont réaffirmé la nécessité d’un règlement juste et
définitif qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara
Occidental.
Cette position,
ont-ils ajouté, a été de nouveau réitérée par le Conseil de sécurité
de l’ONU dans sa résolution 1720 dans laquelle il exprime sa
détermination à oeuvrer pour une solution politique mutuellement
acceptable qui permette l’autodétermination du peuple sahraoui.
Dans ce contexte,
le président de l’Union des Juristes Sahraouis (UJS), Abba Salek qui
a cité également l’Avis du Tribunal International de Justice (1975)
a affirmé que devant toutes ces évidences "le Maroc tente d’imposer
le fait accompli colonial", tout en qualifiant son +Plan
d’autonomie+ de "nouvelle manoeuvre dilatoire qui n’a d’autre
objectif que celui de perpétuer la négation du droit inaliénable du
peuple sahraoui à l’autodétermination".
Cette proposition
marocaine a été rejetée par les participants car, expliquent-il, "le
Maroc part de l’idée que la souveraineté du territoire du Sahara
occidental lui appartient, alors que seul le peuple sahraoui est
titulaire de cette souveraineté et c’est à lui seul de déterminer
son avenir conformément à la légalité internationale".
L’offre
"d’autonomie élargie" proposée par le Maroc est une "offre qui n’a
aucune base légale puisque aucun pays au monde ne reconnaît la
souveraineté du Maroc sur le territoire qu’il occupe illégalement",
ont affirmé les différents intervenants. I
ntervenant sur "le
conflit du Sahara occidental dans la géopolitique maghrébine", le
chercheur et universitaire Yahia Zoubir établis à Marseille a
d’emblée affirmé que le cas du Sahara occidental "renseigne sur
l’échec des Nations unies, ou plutôt le manque de volonté de ses
membres les plus influents au Conseil de sécurité, de mener à terme
ce qui aurait dû être un simple processus de décolonisation".
A ses yeux, malgré
l’illégalité de l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc, "le
Droit international a été violé pour des considérations
géopolitiques depuis le début du conflit", estimant à ce propos que
la contradiction entre Droit international et considération
géopolitique "est au coeur" de ce conflit et explique pourquoi il
n’a toujours pas été résolu.
Pour l’orateur, le
Maroc n’aurait pas pu maintenir sa politique "d’annexion pure et
simple du territoire qu’il a colonisé" sans le soutien indéfectible
des Etats-Unis et de la France pour des "intérêts géopolitiques au
détriment de la légalité internationale".
Analysant la
position actuelle de l’Espagne vis-à-vis du conflit du Sahara
occidental, Yahia Zoubir a indiqué que ce pays a rompu la
"neutralité positive" qu’il observait par le passé et ce, a-t-il
dit, malgré "sa responsabilité historique en tant que puissance
coloniale".
"Théoriquement
l’Espagne reste la puissance administrative puisque l’Accord
Tripartite (Maroc, Espagne, Mauritanie) de novembre 1974 n’a aucune
base légale", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le
pillage des ressources naturelles du Sahara occidental par "certains
pays démocratiques" a été dénoncé par les participants affirmant
qu’il s’agit la d’une "violation flagrante" des règles du Droit
international relatives à la protection des richesses des peuples
sous domination coloniale, conformément à l’Avis juridique de l’ONU
du 29 janvier dernier.
Le président de
l’Union des Juristes Sahraouis a appelé ces pays à s’abstenir de
signer avec le Maroc tout contrat qui puisse faciliter
l’exploitation des richesses et les ressources naturelles du Sahara
occidental, ainsi que la communauté internationale à dénoncer les
"graves atteintes contre le droit du peuple sahraoui à disposer de
lui même". (SPS)
010/090/700 231114
SEPT 07 SPS
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