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El Aaiun
(territoires occupés), 22/09/2007 (SPS) La cour coloniale de
première instance d’El Aaiun occupée a condamné mercredi, le
défenseur des droits humains, président du comité local de la
section de l’Association sahraouie des victimes des violations
graves des droits Humains commises par l’Etat marocain (ASVDH) à
Boujdour et ex-détenu politique sahraoui, Mohamed Tahlil.
M. Tahlil, qui a
comparu mercredi devant la cour de premier degré, à El Aaiun, est
accusé par cette même cour, "d’avoir mis le feu à des biens publics,
constitution d’une bande criminelle et d’avoir brûlé un agent de la
police", a indiqué l’ASVDH.
"Ces accusations
reflètent clairement les mauvaises intentions de l’Etat marocain
envers ce défenseur des droits humains et aussi envers l’ASVDH", a
déploré la même source, dénonçant cette lourde peine contre cet
activiste sahraoui.
La défense de M.
Tahli, composée de sept avocats et deux observateurs étrangers s’est
interrogée "comment et quand aurait-il pu commettre ce genre de
crimes ?", alors qu’il a été arrêté à la frontière du Sahara
Occidental avec la Mauritanie où il revenait d’un voyage de cette
dernière, a précisé la même source.
M. Tahlil avait
été arrêté en juillet 2007 à son retour de la Mauritanie, au poste
de control sur la frontière Mauritanie – Sahara Occidental, et
conduit au poste de police à la ville de Dakhla occupée, après
l’avoir tabassé et menotté devant le public sans aucun délit.
Il avait été
arrêté auparavant 17 avril 2007, à un point de control, à l’entrée
de la ville d’El Aaiun, par un groupe d’agent de police marocain,
dont les tortionnaires : Aziz (surnommé Touhima, et Elkamouri
(officiers de la police judicaire) avant de l’expulser de la ville
le jour suivant, rappelle-t-on.
M. Tahlil avait
été condamné, en août 2005, condamné à 3 ans de prison ferme, cette
peine qui avait été confirmé en appel le 25 janvier 2006, avant
qu’il soit mis en liberté trois mois plus tard. Il a également été
détenu, torturé et abandonné dans en plein désert, à 50 kms de la
ville de Boujdour, une semaine après sa libération.
Le 11 août 2006,
les autorités marocaines, à Boujdoour, avaient refusé de lui
octroyer son passeport. Deux mois plus tard, M. Tahlil avait été
retenu et interrogé durant 4 heures à la frontière mauritanienne
lors de son retour de Nouadhibou, puis arrêté une deuxième fois à 40
kms de Dakhla. Il a été retenu au commissariat de police durant 24
heures, insulté et battu. Ses affaires personnelles, inclus un
téléphone portable et 2000 dirhams ont été confisqués.
A cet égard, l’ASVDH,
rappelle que ses membres font régulièrement l’objet d’arrestation,
intimidation et poursuite pour leurs activités dans la défense des
droits de l’homme au Sahara Occidental.
Trois de ses
membres, dont Brahim Sabbar, secrétaire général, Sadik Boullahi,
membre du bureau exécutif ainsi que Ahmed Sbai, membre du conseil de
coordination, comparaîtront en octobre prochain devant la cour, a
souligné la même source.
Pour sa part, l’ex
prisonnier politique et Prix Rafto 2002 des droits humains, Sidi
Mohamed Deddech, a dénoncé cette "lourde" peine prononcée par la
cour de première instance d’El Aaiun contre Tahlil et a appelé à la
libération "immédiate et inconditionnelle" des prisonniers
politiques sahraouis, ainsi qu’au respect des droits de l’homme dans
les territoires occupés du Sahara Occidental.
Par ailleurs, la
cour de premier degré d’El Aaiun, a décidé de reporter le procès de
trois détenus politiques sahraouis au 25 octobre 2007. Il s’agit de
Khallihenna Cheik Ali Dlimi, Mohamed Ahmed Barkouh et Hamid Ahmed
Barkouh, arrêtés à Smara en juin dernier et incarcérés à la Carcel
negra (prison noire) d’El Aaiun. (SPS)
020/090/110 221115
SEPT 07 SPS
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