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Bir
Lehlu (territoires libérés), 20/08/2007 (SPS) Le président
sahraoui, Mohamed Abdelaziz a demandé dimanche au SG de l’ONU, Ban
Ki Moon "d’intervenir pour mettre un terme aux transgressions du
droit et de la légalité internationaux, et des droits de l’homme",
dans une lettre parvenue à SPS.
Il a également
appelé Ki Moon à "exercer des pressions sur le Gouvernement marocain
pour qu’il cesse l’escalade, qu’il cesse d’impliquer les citoyens
sahraouis dans des élections qui ne les regardent pas et s’il doit
les organiser, qu’il les organise à l’intérieur des frontières de
son pays telles que reconnues internationalement".
"Je vous réitère
ma demande de voir l’ONU en tant que responsable du territoire
assumer intégralement cette responsabilité". D’agir pour mettre un
terme à la répression atroce commise par les autorités coloniales
marocaines contre des citoyens sahraouis innocents, pour ouvrir les
territoires sahraouis occupés aux observateurs et aux médias
indépendants, pour libérer les 66 prisonniers politiques sahraouis
restants et qui font partie de ces plusieurs centaines de sahraouis
ayant connus la prison du seul fait de leur opinion politique suite
aux manifestations pacifiques pour l’autodétermination déclenchées
depuis le 21 mai 2005".
Voici le texte
intégral de la lettre du président sahraoui Mohamed Abdelaziz au SG
de l’ONU Ban Ki Moon :
"Monsieur Ban Ki
Moon
Secrétaire Général
des Nations Unies
New York
Bir Lehlu 19 août
2007
Monsieur le
Secrétaire général,
Depuis son
invasion militaire du territoire du Sahara Occidental, le
Gouvernement marocain n’a eu de cesse de violer la légalité
internationale, dans ses principes et dans ses fondements. Sa
présence illégale, coloniale est caractérisée par de graves
violations de droits de l’homme, par des assassinats directes et par
d’autres atrocités telles brûler vif ou enterrer vivant des citoyens
sahraouis de façon individuelle ou collective, sans parler des
opérations de transferts intensifs de colons marocains et les
pillages systématiques des richesses naturelles de notre pays et
pour boucler la boucle ce même Gouvernement s’est tout simplement
soustrait à ses engagements internationaux et s’est retiré des
accords qu’il a lui-même signés avec la partie sahraouie et sous
l’égides des Nations Unies.
Monsieur le
Secrétaire général,
Dans cette lettre,
j’attire votre attention sur les pratiques provocatrices,
répétitives, dangereuses et en contradiction flagrante avec
l’exigence du Conseil de sécurité formulée dans sa résolution 1754
qui demande aux parties de bâtir un climat de confiance et de bonne
volonté favorisant les négociations directes et permettant la
conclusion d’un accord qui débouche sur l’autodétermination du
peuple sahraoui.
En effet, dans les
territoires sahraouies sous occupation, les autorités marocaines
s’emploient à forcer, par toute sorte de pressions, les citoyens
sahraouies à voter dans des élections qui concerne un pays qui n’est
pas le leur et en même temps elles persistent à les priver du droit
au vote dans l’exercice de leur droit fondamental à
l’autodétermination.
Monsieur le
Secrétaire général,
Par ce fait, le
Gouvernement marocain recourt à l’escalade, à la politique de la
fuite en avant et transgresse le droit international de manière
flagrante. Ce Gouvernement ne possède pas la souveraineté sur le
Sahara Occidental et n’a donc pas le droit d’assujettir la
population d’un territoire agressé et conquis injustement par les
armes à des pratiques censées se dérouler uniquement à l’intérieur
des frontières reconnues du pays agresseur et concerner sa seule
population.
En imposant ces
élections sur le territoire du Sahara Occidental occupé, dans un
contexte où la répression féroce et la torture, le quadrillage
sécuritaire et le black out médiatique s’intensifient, les autorités
d’occupation marocaines défient la légalité internationale et tente
d’imposer un fait accompli colonial sur un territoire confié à la
responsabilité des Nations Unies.
La responsabilité
de l’ONU est de garantir le droit à l’autodétermination et de
parachever le processus de décolonisation du Sahara Occidental. Elle
ne peut se complaire dans l’attitude du spectateur face au défi qui
lui ainsi lancé et face au mépris affiché à l’égard de sa mission,
MINURSO. Celle-ci est présente dans le territoire pour organiser le
vote légal et réclamé par la communauté internationale, le vote
d’autodétermination par référendum.
Monsieur le
Secrétaire général,
Dans ce cadre
précis et vu vos responsabilité à la tête de la plus grande
institution internationale, je vous demande d’intervenir pour mettre
un terme à ces transgressions du droit et de la légalité
internationaux, et des droits de l’homme ; d’exercer des pressions
sur le gouvernement marocain pour qu’il cesse l’escalade, qu’il
cesse d’impliquer les citoyens sahraouis dans des élections qui ne
les regardent pas et s’il doit les organiser, qu’il les organise à
l’intérieur des frontières de son pays telles que reconnues
internationalement.
Je vous réitère ma
demande de voir l’ONU en tant que responsable du territoire assumer
intégralement cette responsabilité. D’agir pour mettre un terme à
la répression atroce commise par les autorités coloniales marocaines
contre des citoyens sahraouis innocents, pour ouvrir les territoires
sahraouis occupés aux observateurs et aux médias indépendants, pour
libérer les 66 prisonniers politiques sahraouis restants et qui font
partie de ces plusieurs centaines de sahraouis ayant connus la
prison du seul fait de leur opinion politique suite aux
manifestations pacifiques pour l’autodétermination déclenchées
depuis le 21 mai 2005.
Nous demandons
aussi de révéler le sort de plus de 500 civils sahraouis disparus et
celui de 151 prisonniers de guerre sahraouis aux mains du
gouvernement marocain. Nous demandons également la publication du
Rapport de la délégation du Commissariat de l’ONU pour les droits de
l’homme de septembre 2006 et la mise en œuvre de ses
recommandations. Nous demandons enfin l’élargissement du mandat de
la Mission de l’ONU au Sahara Occidental, MINURSO, pour qu’elle
puisse surveiller la situation des droits de l’homme et rapporter
les violations commises.
Veillez agréer,
Monsieur le Secrétaire général, l’expression de ma haute
considération.
Mohamed Abdelaziz
Secrétaire
général du Front POLISARIO. (SPS)
020/090/100 201050
AOUT 07 SPS
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