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New York,
12/08/2007 (SPS) Les négociations entre le Front Polisario et le
royaume du Maroc, au deuxième et dernier jour du second round
organisé à Manhasset, près de New York, "marquent le pas" et se
déroulent dans "une atmosphère pesante" du fait de l'intransigeance
du Maroc à imposer son plan d'autonomie, ont déclaré samedi à l'APS
des responsables sahraouis.
Annonçant un
troisième prochain rendez-vous maroco-sahraoui, "probablement en
Europe", avant la fin de l'année en cours, MM. Radhi Bachir Seghaïer,
conseiller du président Mohamed Abdelaziz, et Brahim Ghali,
représentant du Front Polisario à Madrid, membres de la délégation
sahraouie aux négociations, n'ont pas manqué de dénoncer "la
position figée" des Marocains qui ne veulent parler que de
"l'autonomie, toute l'autonomie et seulement l'autonomie".
"A Manhasset 2, on
tourne en rond. Les Marocains observent une position figée. Ils
n'ont et n'acceptent aucune autre initiative", a souligné M.
Seghaïer relevant que les discussions ont été "en deçà de ce que
l'on espérait".
Interrogé sur les
évolutions éventuelles enregistrées depuis le premier round des
négociations, des 18 et 19 juin dernier, il a indiqué que malgré les
efforts du médiateur onusien, M. Peter Van Walsum, à faire avancer
les discussions et la "flexibilité" et "la disponibilité" des
Sahraouis à faire avancer les pourparlers, "les Marocains semblent
obéir à des instructions fermes, répètent le même discours sur
l'autonomie et ne veulent pas que l'on aborde des thèmes et dossiers
spécifiques comme les questions touchant aux réfugiés, aux
prisonniers, au mur, au déminage, aux richesses naturelles et à leur
exploitation à la libre circulation des personnes ou aux visites
entre familles".
Malgré
l'intransigeance de la partie marocaine, la délégation sahraouie,
forte de son droit à l'autodétermination et du soutien de la
communauté internationale, regrette que "les Marocains ne sortent
pas de leur isolement pour revenir aux réalités de la situation au
Sahara Occidental et souscrire à la dernière résolution 1754 (2007)
du Conseil de sécurité qui appelle les deux parties à négocier de
+bonne foi+, +sans conditions préalables+, sur la base des
propositions des deux parties en conflit en vue d'assurer le droit à
l'autodétermination du peuple sahraoui".
Les travaux de
samedi, à l'issue desquels est attendu un communiqué de l'envoyé
personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara Occidental,
Van Walsum, se sont tenus à huis-clos.
Confirmant la
disponibilité de la délégation sahraouie à poursuivre les
discussions "dans un futur non lointain", probablement en Europe,
"en vue d'essayer de faire des percées sur la voie de la recherche
d'une solution politique mutuellement acceptable", le délégué
sahraoui dit regretter que "les Marocains cherchent à tout prix à
bloquer ces négociations devant assurer la paix et la stabilité dans
le Maghreb".
Réaffirmant la
bonne volonté du Front Polisario et également celle du facilitateur
onusien "de persister sur la voie de la négociation", M. Seghaïer a
estimé que les prochains rounds, qui se tiendront en dehors de
contingences politiques et d'échéances électorales qui s'imposent au
Gouvernement marocain, "pourront enregistrer plus de progrès dans la
résolution du conflit sahraoui".
Pour l'ancien
ministre sahraoui de la Défense, M. Brahim Ghali, pour qui la
fermeté du Gouvernement marocain "à ne vouloir discuter que de leur
projet d'autonomie est un préalable inacceptable", l'intransigeance
manifestée par Rabat "ne sert en rien la volonté partagée des Nation
unies, des Sahraouis et d'un grand nombre de nations, de conforter
le peuple sahraoui dans son droit à l'autodétermination".
"Les discussions,
lors de ce second round, n'ont pas évolué, sinon régressé, du fait
de la position défendue par la délégation marocaine qui ne veut
mettre sur la table des négociations que son seul plan d'autonomie",
a-t-il déclaré à l'issue des travaux de la matinée.
"Si l'agenda des
travaux mis en place par le représentant du secrétaire général de
l'ONU a permis aux deux délégations de se retrouver à Manhasset 2 et
même se donner rendez-vous à un prochain round, la bonne volonté
onusienne à confiner les négociations dans le cadre défini par la
résolution 1754 du Conseil de sécurité, n'a pas convaincu les
Marocains de sortir de l'impasse de la seule option d'autonomie", a
encore indiqué M. Ghali.
"Les résultats de
Manhasset 2 sont en deçà de ceux de Manhasset I", a-t-il déploré,
ajoutant que les Marocains "cherchent à imposer leur diktat et
consacrer le fait accompli colonial".
"Les Marocains ont
continué à tenir le même discours et nous tenir les mêmes arguments,
sans avancées notables sur la voie de la recherche d'une solution
politique qui satisfasse les deux peuples", a-t-il encore souligné,
ajoutant toutefois que les deux parties restent disposées à
poursuivre leurs négociations.
Regrettant la
"fuite en avant" de la délégation marocaine et le non-respect des
recommandations onusiennes sur lesquelles se fondent les
négociations de paix maroco-sahraouies, M. Ghali a réaffirmé la
disposition du Front Polisario à "poursuivre les négociations sans
toutefois trahir le mandat donné par le peuple sahraoui pour la
défense de son droit à l'autodétermination, suivant l'acceptation et
la conception onusiennes, à savoir donner la parole au peuple pour
choisir entre l'indépendance, l'intégration ou l'autonomie".
"Nous reprendrons
les négociations, peut-être dans une capitale européenne, en
espérant que les Marocains sortiront de leur intransigeance et
unilatéralisme", a-t-il souhaité. (SPS)
020/090/700 120930
AOUT 07 SPS
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