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Londres, 25/07/2007 (SPS) Le militant sahraoui
Ali Salem Tamek a dévoilé, dans un entretien accordé à Amnesty
International, les pratiques barbares des autorités de l'occupation
marocaines au Sahara Occidental et la politique de harcèlement et
d'intimidation exercée à l'encontre des militants sahraouis des
droits de l'homme.
Le militant sahraoui a révélé dans cet entretien,
paru dans le bulletin l'information mensuel de l'organisation sous
le titre "le prix du défi: un ancien détenu se confie à Amnesty
International", "l'arrestation et l'emprisonnement de plusieurs
militants sahraouis des droits de l'homme au Sahara Occidental et
les actions entreprises, avec des militants politiques, en vue de
protester contre la maltraitance infligée par les autorités
marocaines durant leur détention".
La prison n'est que l'une des armes utilisées dans
la campagne de harcèlement et d'intimidation, menée par les
autorités marocaines contre des militants sahraouis des droits de
l'homme et des opposants au Sahara Occidental", lit-on dans le
bulletin.
"Depuis que le Maroc a annexé la région du
Sahara Occidental en 1975, une grande partie des sahraouis n'a cessé
de revendiquer le droit à l'autodétermination" a souligné M. Tamek,
ajoutant qu'au milieu des années 1970 et jusqu'au début des années
1990, ceux parmi les Sahraouis qui revendiquaient ce droit
publiquement ou dénonçaient les violations des droits de l'homme
s'exposaient au risque de faire l'objet de disparitions forcées".
Ali Salem Tamek connaît trés bien les méthodes utilisées par les
autorités marocaines pour étouffer l'opposition.
Il a, à cet effet souligné que non seulement il a
été arrêté à plusieurs reprises, mais il a subi des tortures pendant
sa détention, avant d'être interné dans un asile d'aliénés, et s'est
même fait injecté "un produit" nocif", a-t-il raconté, précisant que
même sa famille n'a pas été épargnée par ces pratiques odieuses.
Evoquant les souffrances vécues par sa famille,
Ali Salem a déclaré "ma famille a subi des intimidations pour lui
soutirer des déclarations publiques me condamnant et me reniant en
raison de mes opinions politiques et de mes positions vis-à-vis des
droits de l'homme. Les services secrets marocains ont tenté de
convaincre ma femme de m'espionner moi et mes amis.
Pour avoir refusé de le faire, mon épouse a été
enlevée non loin de la prison et violée". Ali Salem a, par ailleurs,
confié "il est difficile pour une personne de supporter certaines
pratiques blessantes au plus profond d'elle-même tel le viol dont ma
femme a été victime (...), cet acte restera à jamais gravé dans ma
mémoire, j'ai été choqué quand je l'ai appris et quand je me
rappelle ses détails odieux, j'ai du mal à continuer à vivre".
La dernière détention de Ali Salem a duré près de
huit mois et a pris fin en avril 2006. Il a été condamné à 10 mois
de prison suite à un procès "arbitraire" pour avoir été accusé
d'avoir provoqué des actes de violence.
Ali Salem Tamek est un fervent défenseur des
droits de l'homme. Depuis 1992, Ali Salem, un activiste sahraoui et
un détenu d'opinion, a été incarcéré à cinq reprises. Durant ses
détentions, il a mené des grèves de la faim à 22 reprises, a-t-il
indiqué. (SPS)
010/090/700 251036 JUL 07 SPS |