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Bir Lehlu (territoires libérés), 12/07/2007
(SPS) Le Président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, a appelé le SG de
l’ONU, Ban Ki-moon, a intervenir auprès des autorités marocaines
afin de sauver des dizaines de Sahraouis en grève de faim dans des
prisons marocaines, d’arrêter la répression érigée en système au
Sahara Occidental et d’élargir les prérogatives de la Minurso pour
la protection des civils sahraouis.
"Vos responsabilités en tant que chef de la plus
grande instance internationale, la conscience humaine et la morale
nous recommandent de nous adresser à vous pour que vous interveniez
et que vous fassiez en sorte que des vies humaines en péril,
ignorées et condamnées à une mort lente par les autorités
marocaines, soient sauvées", a écrit M. Abdelaziz dans une lettre à
M. Ki-moon parvenue à SPS.
"En aucune manière des pratiques barbares, en ce
21ème siècle, visant des gens innocents dont le seul crime est
d’être attachés à des valeurs universelles, à des droits justes et
légitimes ne doivent être passée sous silence", s’est-il indigné,
ajoutant que le fait que le Gouvernement marocain "persiste dans le
mépris du Sahraoui en tant qu’être, le fait qu’il méprise encore les
résolutions des Nations Unies et leur Charte prouve qu’il n’as pas
les bonnes intentions ni la volonté sincère de parvenir à une
solution juste et définitive respectant le droit du peuple sahraoui
à l’autodétermination tel que stipulé dans la résolution 1754 du
Conseil de sécurité".
Rappelant "la recrudescence des graves violations
des droits de l’homme contre les Sahraouis dans les territoires
occupés du Sahara Occidental et au sud du Maroc et contre les
étudiants sahraouis dans les universités marocaines", le Président
sahraoui a également exprimé sa "préoccupation" profonde à l’égard
des "pratiques répressives, terribles et horribles" et des procès
"formels et injustes" orchestrés suite à ces répressions donnant
lieu à "des jugements iniques et sévères contre des victimes
innocents".
Voici le texte intégral de cette lettre :
"Monsieur Ban Ki-moon Secrétaire Général des
Nations Unies New York
Bir Lahlou 11 juillet 2007
Monsieur le Secrétaire général, Nous avons eu à attirer votre
attention, dans des correspondances antérieures, sur la
recrudescence des graves violations des droits de l’homme contre les
sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental et au
sud du Maroc et contre les étudiants sahraouis dans les universités
marocaines Nous vous avons également exprimé notre préoccupation
profonde à l’égard des pratiques répressives, terribles et horribles
qui se sont poursuivi même après avoir causé de graves traumatismes
physiques et psychologiques chez les manifestants pacifiques comme
chez l’étudiante sahraouie Sultana Khaya qui a perdu un œil.
En effet des procès formels et injustes ont
été organisés suite à ces répressions donnant lieu à des jugements
iniques et sévères contre des victimes innocents. De surcroît, les
détenus politiques sahraouis sont maltraités, malnutris et leur
santé physique et psychologique est au plus bas et sans doute que
l’opinion publique internationale se souvient encore avec amertume
des images horribles de ces détenus, prises de l’intérieure même de
la terrible prison de la Carcel Negra à El Aaiun, capital occupés du
Sahara Occidental.
Ces conditions terribles sont la sources de
graves séquelles physiques et psychologiques la cause de décès.
Monsieur le Secrétaire général, Ces conditions tragiques qui ne
peuvent être passées sous silence sont celles que vivent encore
aujourd’hui les détenus politiques sahraouis.
Ceux-ci ont été injustement incarcérés
parcqu’ils avaient tout simplement réclamé de façon pacifique un
droit qui a été reconnu par le droit international et par la Charte
des Nations Unies à leur peuple, le peuple sahraoui, à savoir le
droit à l’autodétermination. Parmi ces prisonniers politiques, se
trouve un groupe d’étudiants sahraouis de l’université marocaine de
Rabat qui est actuellement détenu dans la prison de Salé.
Ce groupe a décidé d’entrer en grève de la
faim depuis le 10 juillet 2007. Il est composé des étudiants
suivants: Mohamed Ali N’dour Sidi Moulay Ahmed Aillal Sidi Mohamed
Lalaoui Eloueli Ezzaz Mohamed Najem Essghir Elhoussein Eddalae
Brahim El Gharrabi Abdati Eddaya Lekhlifa Ejenhaoui.
Ces étudiants réclament des conditions
d’incarcération telles qu’elles doivent être appliquées à des
prisonniers d’opinion vu que leur incarcération est liée à leurs
positions politiques et au fait qu’ils eussent revendiqué
l’application de la légalité internationale. Ils réclament d’être
séparés des prisonniers du droit commun, de pouvoir poursuivre leurs
études et passer les examens.
Que la nourriture et les soins médicaux
soient améliorés, que leur droit aux visites, à la presse et à
communiquer avec l’extérieur soit garanti. Les autorités marocaines
ont fait la sourde oreille face aux revendications légitimes de ces
prisonniers sahraouis et à celles de leurs familles et ce en dépit
d’une grève d’avertissement de 24 heures suivi d’une autre de 48
heures.
Un mois après cette grève de la faim et dans
une saison de l’année difficile, leur santé s’étant dégradée, elle
peut désormais conduire à une situation catastrophique eu égard aux
indices graves prouvant le mépris des autorités marocaines pour la
vie humaine et pour les droits de l’homme leur persistance à ignorer
ces prisonniers et à tourner le dos à leurs revendications.
De telles situations et les conséquences
qu’elles génèrent comme par exemple le décès, loin des siens, du
détenu Dada Ali Hamma Nefaâ, ont conduit un groupe de prisonniers
sahraouis à entamer une grève de la faim, samedi 7 juillet 2007,
dans les prisons marocaines de Tiznit, Aït Melloul, Inzeggan,
Taroudant, et Kenitra pour protester contre leurs conditions
misérables et le mauvais traitements qu’ils subissent et pour être
transférés à El Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental, afin
d’être proches de leurs familles.
Ce groupe est composé des détenus suivants:
Hamid Omar (une personne âgée) Laaroussi Mohamed Lamine Choubeïda
Najiî El Bachir Abdalla El Hassan El Housseïn Jeddaï Mohamed Tamek
Idriss El Mansouri Brahim Kejjout El Basraoui Mohamed Ali Mahmoud
Abou Al Qassim Boujemaâ Daoudi Taqiou Allah Lekouara Leesseir Salek
Saleh Ameidan Lehmam Salama Brahim El Khalil Mgheimima Hammadi
Lekhbeïzi Ahmed Eddaoudi Zoubeïr El Garhi Sidahmed Fathi Lamine Badi
Monsieur le Secrétaire général,
Vos responsabilités en tant que chef de la
plus grande instance internationale, la conscience humaine et la
morale nous recommandent de nous adresser à vous pour que vous
interveniez et que vous fassiez en sorte que des vies humaines en
péril, ignorées et condamnées à une mort lente par les autorités
marocaines, soient sauvées. En aucune manière des pratiques
barbares, en ce 21ème siècle, visant des gens innocents dont le seul
crime est d’être attachés à des valeurs universelles, à des droits
justes et légitimes ne doivent être passée sous silence.
Le fait que le gouvernement marocain
persiste dans le mépris du sahraoui en tant qu’être, le fait qu’il
méprise encore les résolutions des Nations Unies et leur Charte
prouve qu’il n’as pas les bonnes intentions ni la volonté sincère de
parvenir à une solution juste et définitive respectant le droit du
peuple sahraoui à l’autodétermination tel que stipulé dans la
résolution 1754 du Conseil de sécurité.
Nous vous renouvelons dans cette lettre, où
seuls les noms des détenus grévistes de la faim ont été mentionnés,
notre demande d’intervenir auprès du gouvernement marocain pour
qu’il libère immédiatement et sans conditions tous les détenus
politiques sahraouis, pour qu’il révèle le secret sur le sort de
plus de 500 civils sahraouis disparus et de 151 prisonniers de
guerre sahraouis, pour garantir les conditions de sécurité, les
libertés fondamentales, la liberté de s’exprimer de se réunir, de se
déplacer, pour élargir le mandat de la MINURSO afin d’inclure la
protection des droits de l’homme des Sahraouis dans les territoires
occupés du Sahara Occidental et de pouvoir rapporter les violations
commises, publier le rapport de la délégation du Haut Commissariat
de l’ONU pour les droits de l’Homme de septembre 2006 relatif au
Sahara Occidental et mettre en application ses recommandations.
Veillez agréer, Monsieur le Secrétaire
général, l’expression de ma haute considération.
Mohamed Abdelaziz Secrétaire général du
Front POLISARIO".
(SPS)
010/090/100 121832 JUL 07 SPS |