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Paris,
16/06/2007 (SPS) Plusieurs actions ont été proposées par des
associations de solidarité avec le peuple sahraoui et des juristes
français afin d’alerter l’opinion publique sur les atteintes aux
droits de l’Homme commises contre les Sahraouis.
Un plan d’action a
été ainsi discuté et approuvé lors d’une réunion ayant regroupé
vendredi soir à Paris des représentants d’associations, dont celle
des Amis de la RASD (Aarasd), le Comité pour le respect des Libertés
et des droits de l’homme au Sahara occidental (Corelso), le Bureau
international pour le respect des droits de l’homme au Sahara
occidental (Birdhso), l'Association française d’amitié et de
solidarité avec les peuples d’Afrique, la Ligue des droits de
l’homme, Amnesty international, et des avocats.
Certains parmi les
juristes présents à cette rencontre avaient assisté en tant
qu’observateurs à des procès de sahraouis arrêtés à la suite de
manifestations pacifiques pour exiger l’indépendance de leur pays.
C’est justement à
partir des rapports de missions effectuées par des avocats français
au mois de mai à El Aaiun occupée et au Maroc que les participants à
cette rencontre ont formulé des propositions d’actions "coordonnées"
visant à "redynamiser la solidarité avec le peuple sahraoui" et à
"élargir l’information sur la situation d’atteintes graves aux
droits de l’Homme dont sont victimes les Sahraouis".
Résumant les
propositions d’actions, Me Roland Weyl, avocat à la Cour à Paris et
vice président de l’Association internationale des juristes
démocrates (AIJD), a retenu le lancement d’un appel qui pourrait
être signé, au départ, "par 20 juristes de premier plan" avant "de
le faire circuler" afin de recueillir d’autres signatures.
Sur le plan
international, il a insisté sur la coordination des efforts avec des
associations homologues au niveau européen notamment. Il a été
proposé, ainsi, la mise en liaison de toutes les associations qui
militent en faveur des droits de l’homme et de solidarité avec le
peuple sahraoui.
Me Weyl a souligné
que la rencontre de l’AIJD, prévue au mois de septembre prochain à
Genève, pourrait être saisie "pour envisager" des actions comme
"demander une commission d’enquête au comité onusien des droits de
l’homme". Il a proposé de mettre en place "un livre blanc devant
comprendre tous les actes".
Les participants
ont également proposé la possibilité de saisir l’Organisation
internationale du Travail (OIT) pour alerter sur "les atteintes au
droit au travail" dont sont victimes les sahraouis.
Les participants
ont mis aussi l’accent sur l’importance de soutenir les avocats
sahraouis qui accomplissent leur travail dans "des conditions très
contraignantes et difficiles".
Quant à M.
Christian Viret, du Birdhso, il a préconisé d’élaborer un "document
pour recueillir tous les rapports réalisés par des juristes de
plusieurs pays à la suite de leurs missions d’observation sur les
atteintes aux droits de l’homme".
De son côté, Me
France Weyl, avocate à Paris et qui a effectué (du 6 au 9 mai
dernier) avec Mme Aline Chanu, également avocate, une mission
d’observation, a estimé que "la présence d’observateurs étrangers
est extrêmement importante, et dérange beaucoup les autorités
marocaines dans la mesure où cela est de nature à remettre en cause
l’image de développement démocratique que le Maroc veut donner à la
communauté internationale".
Le même constat
est relevé par Mme Sapo Porcheron, qui a été témoin "des exactions
policières". "Au moment où je suis arrivée à El Aaiun (20 au 25
mai), il y avait beaucoup de manifestations pacifiques de sahraouis
et j’ai été témoin d’exactions policières, de tabassages. J’ai pu
rencontrer des victimes de cette répression, essentiellement des
femmes et des enfants", a-t-elle affirmé.
Elle a assisté à
El Aaiun en qualité d’observateur au procès de Brahim Sabbar,
militant des droits de l’homme et a également effectué une mission
d’enquête sur la situation des droits de l’homme.
Mme Porcheron a
ajouté qu’elle revient "avec une demande des sahraouis, celle de
faire connaître leur situation, en termes d’atteintes aux droits de
l’homme, à l’opinion publique internationale. C’est une demande
d’information et de divulgation de leurs conditions de vie qui
s’ajoute à une demande juridique".
Evoquant des
"choses inacceptables, impensables" vues sur place, elle a cité,
entre autres,"des atteintes au droit au travail, les sahraouis ne
disposant que d’un permis de travail qui pourrait leur être retiré
sur n’importe quel prétexte". Elle a également déploré "le
harcèlement dont sont victimes des enfants au sortir de leurs
écoles".
De son côté, Mme
Régine Villemont, Secrétaire générale de l'Aarasd, tout en dénonçant
la répression exercée par "le pouvoir marocain", a insisté sur
l’importance d’un "travail en commun, d’une coordination des
actions" afin d’assurer l’efficacité du travail à mener en termes de
solidarité et de défense des droits de l’homme au Sahara Occidental.
Les intervenants
ont par ailleurs souligné l’importance du rôle des observateurs afin
de casser "le black-out" qui "empêche d’informer sur la situation
des droits de l’homme des sahraouis" et insisté sur la question des
disparitions forcées, soulevée notamment par Mme Michèle Decaster,
de l’association française d’amitié et de solidarité avec les
peuples d’Afrique.
Autre témoignage
est celui de Me Augustin Kemadjou, avocat à la Cour d’appel de Paris
et président de l’association des Avocats africains et antillais de
France, qui a relaté ce qu’il a "constaté" en étant observateur lors
du procès de neuf étudiants arrêtés à la suite des manifestations
pacifiques au Maroc.
Se référant aux
déclarations de ses interlocuteurs, dont les familles des jeunes
sahraouis, il a souligné que "ce qu'ils veulent, c’est
l’indépendance de leur pays et pas l’autonomie".
Les participants
se sont donnés rendez-vous pour une autre réunion afin de constituer
un "comité de liaison" des associations de solidarité avec le peuple
sahraoui, une des actions proposées lors de cette rencontre. (SPS)
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Jun 07 SPS |