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WASHINGTON, 08/06/2007 (SPS) Le Comite spécial
chargé d’étudier la situation sur l’application de la Déclaration
sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux,
dit aussi Comité des Vingt Quatre, qui a repris mardi, ses sessions,
au siège de l’ONU, a examiné mercredi, la question du Sahara
Occidental, a-t-on appris de source diplomatique à New York.
Le Comité des Vingt quatre, en présence du
représentant du Front Polisario, Ahmed Boukhari, a débattu de la
situation du Sahara Occidental, question qui figure parmi les 16
territoires encore à ce jour non autonomes et pour lesquels l’ONU
s’est engagée, par le biais de son Comité spécial, à mettre en œuvre
les conditions nécessaires à l’autonomie, a-t-on indiqué de source
onusienne.
La question de la décolonisation du Sahara
occidental figure au programme du Comité depuis 1965 et a déjà fait
l’objet de 41 résolutions. Intervenant devant les membres du Comite,
Ahmed Boukhari, a déclaré que le Maroc poursuit son occupation du
Sahara occidental, ce qui constitue "un véritable défi posé aux
Nations Unies".
"L’occupation coloniale continue du Sahara
occidental par le Maroc constituait un défi à la Charte des Nations
Unies et à l’autorité et à la crédibilité de l’Organisation.
Cette occupation constitue un obstacle de premier
plan à l’objectif fixé par le Comite spécial visant à éliminer le
colonialisme", a-t-il déclaré.
Rappelant qu’aucun pays n’avait jusque-là reconnu
la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, il a
déploré que le gouvernement de Rabat "sabote" les efforts déployés
par l’ONU depuis plusieurs décennies pour parvenir à la
décolonisation du Sahara occidental, et procède aussi à une
violation des droits de l’homme et au pillage systématique des
ressources du territoire.
Faisant référence au rapport sur la situation au
Sahara occidental, présenté en avril dernier par Ban Ki-moon devant
le Conseil de sécurité, il a rappelé que celui-ci a recommandé
l’ouverture de négociations directes sans conditions préalables
entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario, sous les auspices
des Nations Unies afin de parvenir à une solution politique
mutuellement acceptable et qui garantisse au peuple sahraoui le
droit à l’autodétermination.
Cette position de principe, a été réaffirmée par
le Conseil dans sa résolution 1754 adoptée le 30 avril dernier,
rappelle-t-on.
Rendez-vous est donc en principe pris pour le 18
juin, à Long Island, à New York, pour un premier contact entre les
délégations des deux parties, ont confirmé, ces derniers jours,
plusieurs sources officielles, dont le nouveau président du Conseil
de sécurité l’ambassadeur représentant de la Belgique, Johan C.
Verbeke, lors de la présentation de son programme de travail pour
juin et des officiels sahraouis, dans les territoires libérés et aux
Etats-Unis.
Evoquant la proposition marocaine dite plan
d’autonomie, Boukhari a estimé que celle-ci vise simplement "à
tenter de légitimer l’occupation du pays", et, selon des analystes
politiques, créer un précèdent pour d’autre forces d’occupation, à
court terme.
Rappelant que l’ONU, a classé le Sahara occidental
comme territoire non autonome, il a jugé la proposition marocaine
"inacceptable" et en violation flagrante du principe
d’autodétermination reconnu dans la résolution 1514.
Devant les membres du Comité, il a également
évoqué la proposition sahraouie, présentée récemment au Secrétaire
général, proposition intégrant les trois volets contenus dans les
résolutions pertinentes de l’ONU : indépendance, autonomie ou
intégration au Maroc, et le choix devant revenir au seul peuple
sahraoui.
Si le referendum d’autodétermination aboutit à
l’indépendance, il a rappelé que l’initiative sahraouie comprend
également la mise en place de relations privilégiées avec le Maroc
sur les plans économique, commercial et de la sécurité, disant que
cette dernière option vise aussi à contribuera à la consolidation de
la paix dans la région.
Il a toutefois qualifié d’"attitude d’obstruction"
les agitations du gouvernement de Rabat visant à bloquer les
négociations relatives à l’autodétermination du Sahara Occidental et
dénoncé l’intensification des répressions et des violations des
droits de l’homme commises envers les Sahraouis.
Il a d’autre part émis des doutes sur la bonne foi
du Maroc à mener à bien les négociations directes qui doivent
s’ouvrir le 18 juin prochain sous les auspices de l’ONU et qui
visent à permettre aux deux parties de parvenir à une solution
politique qui soit mutuellement acceptable et qui garantisse le
droit à l’autodétermination des Sahraouis.
Demandant au Comité spécial de renforcer sa
vigilance, le représentant sahraoui a soutenu que le référendum
d’autodétermination préconisé par l’ONU restait la seule solution au
problème du Sahara occidental et que toute paix, si elle se veut
durable, se fondait sur le respect des droits des populations.
Prenant la parole, le représentant de Cuba a
exprimé le souhait que les parties en conflit puissent se retrouver
à la table des négociations pour parvenir à une solution acceptable
qui permette au peuple sahraoui de choisir librement son destin.
Il a fait remarquer que le Comité avait un rôle
central à jouer dans la résolution de la situation actuelle, et que
la question du Sahara occidental devait rester inscrite à son ordre
du jour aussi longtemps que cela sera nécessaire.
"Le Comité a décidé de poursuivre l’examen de
cette question à sa prochaine session et de transmettre tout
document pertinent à la Quatrième Commission, chargée des questions
de politiques spéciales et de décolonisation, pour qu’elle l’examine
à la soixante-deuxième session de l’Assemblée générale" qui s’ouvre
en septembre prochain, indique-t-on de source onusienne. (SPS)
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