|
Paris,
02/06/2007 (SPS) Le Comité pour le Respect des Libertés et des
Droits Humains au Sahara occidental (CORELSO) a indiqué vendredi
avoir demandé aux partis politiques français d’introduire la
question du Sahara Occidental dans les débats de la campagne
législative française.
Dans une lettre
adressée aux partis politiques français présentant des candidats aux
législatives, le CORELSO a "attiré leur attention" sur la question
du Sahara Occidental posée en termes de décolonisation.
"Comme vous le
savez, le territoire du Sahara occidental est occupé depuis 1975 par
le Maroc en toute illégalité, comme l'a confirmé la Cour
Internationale de Justice de la Haye qui ne reconnaît aucun lien de
souveraineté territoriale entre le Sahara Occidental et le Maroc",
écrivent les co-présidents de cette ONG, Mme Aline Pailler et M.
Ennaâma Asfari.
Ils ont rappelé
qu’ "en 1991, le Maroc et le Front Polisario, ont accepté, sous les
auspices des Nations unies, un cessez-le-feu puis l'organisation
d'un référendum d'autodétermination", mais "depuis cette date, le
Maroc refuse de respecter ses engagements et multiplie les manœuvres
dilatoires pour empêcher la mise en œuvre du plan des Nations unies
qui a été adopté dans son intégralité par le Front Polisario".
"La résolution
1754, adoptée le 30 avril 2007 par le Conseil de sécurité, n'a pas
retenu le plan marocain d'autonomie comme base de règlement du
conflit et a réaffirmé le droit à l'autodétermination du peuple
sahraoui", ont souligné Mme Pailler M. Asfari.
Le CORELSO "qui
s'est créé en décembre 2005 pour protester contre les violations des
droits de l'homme dans les territoires occupés et réclamer le droit
à l'autodétermination du peuple sahraoui, estime que les partis
politiques, les élus peuvent contribuer à faire jouer à la France un
rôle constructif dans la résolution de ce conflit qui dure depuis
1975", ont poursuivi les responsables de l’ONG.
Pour connaître la
position des partis politiques français sur la question du Sahara
Occidental, le CORELSO, dans la même lettre, leur a adressé une
série de questions dont la première s’interroge sur les mesures que
la France, en tant que pays membre permanent du Conseil de sécurité
des Nations unies, devrait soutenir pour "mener à terme le processus
de décolonisation du Sahara Occidental à travers l'organisation d'un
référendum d'autodétermination permettant au peuple sahraoui de
décider librement de son avenir".
"Faire pression
sur le Maroc pour qu'il respecte ses engagements, empêcher la
prospection et l'exploitation des ressources naturelles du Sahara
Occidental" sont autant d’autres points soulevés par la première
question.
La seconde série
de questions, qui place la France "en tant que partie à la IVème
Convention de Genève", soulève les mesures à prendre pour
"contraindre le Maroc à arrêter sa politique de répression dans les
territoires occupés, à reconnaître aux habitants sahraouis la
liberté d'information, d'association, de manifestation et de
circulation et à lever le véritable état de siège militaire et
médiatique imposé au Sahara Occidental" ainsi que pour "obtenir la
libération des prisonniers politiques sahraouis".
"A l'issue d'une
mission dans les territoires occupés du Sahara Occidental en mai
2006, le Haut commissariat des Droits de l'Homme des Nations Unies a
qualifié la situation des droits de l'homme de très critique et
appelé à permettre au peuple sahraoui de s'exprimer en toute liberté
sur l'avenir de son pays", a rappelé l’ONG.
Elle a aussi
demandé aux partis si "pour mettre un terme à cette répression, qui
vise notamment les défenseurs sahraouis des droits de l'homme,
comptez-vous proposer d'étendre les compétences de la MINURSO à la
protection des populations civiles sahraouies des territoires
occupés et au respect de leurs droits fondamentaux".
Enfin, l’ONG
interroge les partis politiques sur les mesures à prendre pour "un
plus grand engagement de l'Union européenne pour permettre au peuple
d'exprimer son droit à l'autodétermination", pour "le retrait de la
signature de la France de l'accord de pêche qui n'est pas conforme
au droit international", pour "'interdiction des ventes d'armes au
Maroc", et pour "l'interdiction aux Gouvernements et aux sociétés
d'exploiter les ressources naturelles du Sahara Occidental et de les
importer".
"Pour sensibiliser
les parlementaires à la question sahraouie, allez-vous inciter les
députés de votre parti qui seront élus à participer à la création et
au fonctionnement d'un groupe d'études parlementaire sur le Sahara
Occidental?", a aussi demandé l’ONG. (SPS)
020/090/700 021300
Jun 07 SPS |