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Paris,
02/06/2007 (SPS) Le Comité pour le Respect des Libertés et des
Droits Humains au Sahara Occidental (CORELSO) a indiqué vendredi
avoir demandé aux autorités françaises d’intervenir auprès du Maroc
pour "obtenir l'arrêt de la répression" dont est victime le peuple
Sahraoui.
Dans une lettre
adressée au ministre français des affaires étrangères, M. Bernard
Kouchner, et à la veille de la visite à Paris du ministre marocain
des affaires étrangères, M. Mohammed Benaissa, le CORELSO attire
"L’attention sur la situation des droits de l'homme dans le
territoire du Sahara occidental occupé par le Maroc depuis 1975".
"Depuis deux ans,
la population sahraouie exprime, par des manifestations pacifiques
quasi-quotidiennes, son droit à l'autodétermination qui a été une
nouvelle fois reconnu par la résolution 1754 adoptée le 30 avril
2007 par le Conseil de sécurité des Nations unies", a rappelé Mme
Aline Pailler, co-présidente de cette ONG.
Mme Pailler a
souligné que "les forces d'occupation marocaines répondent par une
répression brutale : arrestations, emprisonnements, mauvais
traitements et tortures, maisons dévastées, associations interdites,
lourdes condamnations souvent aggravées en appel au cours de procès
qui ne respectent pas les normes d'équité comme l'ont souligné à
maintes reprises Amnesty International et Human Rights Watch".
Mme Pailler a
souligné que "les libertés fondamentales d'opinion, d'expression,
d'association et de manifestation ne sont pas respectées".
"Dans de nombreuse
universités marocaines (Agadir, Casablanca, Marrakech, Rabat), les
étudiants sahraouis qui veulent exprimer leur rejet de l'occupation
marocaine et leur solidarité avec la population des territoires
occupés subissent également la répression: des dizaines
d'arrestations suivies d'emprisonnements, de très nombreux blessés",
a-t-elle précisé.
Elle a cité le cas
de "la jeune étudiante sahraouie Soltana Khaya qui a récemment perdu
un œil suite à l'agression des forces de sécurité à l'Université de
Marrakech".
La responsable de
l’ONG a aussi rappelé que "le 20 mai, Ennaâma Asfari, co-président
du CORELSO, qui avait déjà été arrêté le 5 janvier et condamné à
deux mois de prison avec sursis, a été une nouvelle fois arrêté à El
Aaiun ainsi que plusieurs défenseurs sahraouis des droits de
l'homme".
"Grâce à la
mobilisation de nombreuses associations, notamment ACAT-France, il a
été remis en liberté", a-t-elle ajouté, notant que "ces arrestations
et ces procès s'inscrivent dans une campagne d'intimidation et de
harcèlement contre les responsables d'associations des droits de
l'homme".
Mme Pailler a
également rappelé que "dans son rapport de mission en 2006, la
délégation du Haut-commissariat des Droits de l'homme des Nations
unies avait qualifié la situation des droits de l'homme dans les
territoires occupés de "très critique" en soulignant que ces
violations découlaient de la non-application du droit à
l'autodétermination du peuple sahraoui".
"J'ai l'honneur de
vous demander d'intervenir auprès des autorités marocaines, avec
lesquelles la France entretient d'étroites relations économiques et
commerciales, pour obtenir l'arrêt de la répression, le respect des
libertés fondamentales, la levée de l'état de siège militaire et
médiatique imposé au Sahara Occidental, ainsi que la libération des
prisonniers politiques sahraouis", écrit Mme Pailler dans sa
lettre.
Elle a ainsi
estimé que "pour mettre un terme à cette répression, la France,
membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, devrait
demander l'extension des compétences de la MINURSO à la protection
et à la sécurité des populations civiles sahraouies des territoires
occupés et à la garantie de leurs droits fondamentaux".(SPS)
020/090/700 021310
Jun 07 SPS |