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Paris,
27/05/2007 (SPS) Une étudiante sahraouie à l’université de
Marrakech, Rabab Amidan, a dénoncé la répression sauvage dont sont
victimes les étudiants sahraouis dans les universités marocaines,
ayant fait de nombreuses victimes et d'arrestations, dans une lettre
témoignage rendu publique dimanche à Paris.
"Il est en train
de se produire une multitude d’évènements sanglants dans les
universités marocaines", écrit la jeune étudiante à un journaliste
norvégien et publiée par l’association française d’amitié et de
solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA).
"Des centaines de
victimes et beaucoup d’arrestations, on nous attaque toujours aux
périodes d’examens, spécialement de fin d’année", a-t-elle
poursuivi.
A Agadir, "depuis
le mercredi 2 mai jusqu’à aujourd'hui des choses horribles se sont
produites. Les étudiants sahraouis ont été férocement attaqués par
des étudiants marocains encouragés par le gouvernement marocain",
a-t-elle dénoncé, en précisant que les agresseurs "étaient armés de
matraques de fer et ont blessé grièvement une centaine d’étudiants
sahraouis".
"De plus les
forces de police marocaines sont entrées à deux reprises, dans la
partie de l’université où vivent les étudiants sahraouis, durant les
nuits des 2 et 3 mai, pour torturer sauvagement et arrêter plus de
30 sahraouis dont 5 ont été emprisonnés", a-t-elle ajouté, citant
les noms de près de 25 victimes de tortures et de 5 étudiants
arrêtés.
"A Marrakech, nous
avons entamé une grève de la faim pour dénoncer ce qui est arrivé à
Agadir", raconte l'étudiante sahraouie, précisant que les étudiants
sahraouis "ont manifesté pour protester contre le Gouvernement
marocain, qui nous a réprimé d'une manière sauvage et violente".
Pour étayer cette
chronique de la résistance estudiantine sahraouie, Rabab Amidan, a
noté que "le 9 mai les forces marocaines ont fait irruption dans
l'enceinte de l’université durant une manifestation". "Quelques
étudiants se sont sauvés, mais ceux qui ont fait face aux marocains
ont été sauvagement torturés, à tel point que l’étudiante Soltana
Khaya a perdu son oeil et une autre, Sumaya Abdeddayem a souffert de
blessures au ventre à l’arme blanche".
L’étudiante Rabab
Amidan raconte également dans sa lettre qu'elle a été frappée avec
"une matraque de fer aux parties sensibles et avec une pierre à la
tête", alors qu'un autre étudiant sahraoui du nom de Abdati, "a eu
les deux pieds fracturés".
La description de
la répression s’enchaîne sur une longue série d’atteintes aux droits
humains comme, par exemple, "sur le chemin de l’hôpital, ou la
police nous a torturés dans l’ambulance", et "Abdati a été emmené
directement au commissariat, où il a été de nouveau torturé et jeté
dans une cellule sans avoir reçu de soins médicaux", ou encore "ils
ne nous ont pas soignés, ils nous ont uniquement torturés".
"Quand Soltana a
dit à son tortionnaire en lui demandant d’arrêter qu’elle ne pouvait
plus supporter l’immense douleur dans son oeil arraché, celui-ci a
frappé l’autre oeil et nous a menacées de nous brûler vivantes",
écrit encore l’étudiante sahraouie.
"Nous sommes
arrivées à l’hôpital dans un état lamentable, entourées des forces
de police, ils nous tiraient par les cheveux, ils nous ont craché
dessus, insultées et giflées", a-t-elle poursuivi.
"Puis la police
nous a mises toutes les trois dans une voiture, où ils nous ont
violées et torturées psychologiquement" et "nous sommes arrivées au
commissariat à Jamaa Lefna, où ils nous ont interrogées malgré notre
état de choc, en particulier Soltana, dont l’œil ne cessait de
saigner", lit-on encore dans cette lettre témoignage.
Rabab Amidan donne
libre cours à ses émotions, décrivant que "la police nous a appelées
l’une après l’autre pour nous interroger, mais ce ne furent que des
humiliations", et "nous avons été libérées le 10 mai" mais "la
police nous a suivies pour savoir où nous vivions. Nos maisons sont
devenues des postes militaires".
L’étudiante s’est
indignée, par ailleurs, sur le sort de Soltana qui "a été de nouveau
torturée dans l’ambulance par le même tortionnaire et ensuite jetée
dans une salle vide d’un hôpital dévasté" et "l’ont obligée à signer
beaucoup de papiers sous la pression. Elle a eu une mauvaise
intervention chirurgicale et elle a perdu son œil pour toujours".
Décrivant d’autres
scènes de tortures, Rabab Amidan a poursuivi sa chronique avec la
manifestation d’une vingtaine d’étudiants. Elle a cité l'évènement
du 11 mai à Casablanca lorsque des "étudiants sahraouis ont
manifesté pour nous soutenir. Dans l’après-midi, les forces de
police marocaines ont encerclé l’université, alors que des étudiants
racistes marocains armés ont fait irruption dans les chambres des
étudiants sahraouis et les ont frappés, en saccageant et volant
leurs affaires personnelles".
"On a dispersé les
étudiants sahraouis et 7 d’entre eux, grièvement blessés, sont à
l’hôpital. Les 3 plus gravement atteints sont Swelam Lerzal, qui a
été brûlé, Cherkawi Youssef, qui a été durement frappé à la tête,
aux bras et aux pieds et Baiban Mohamed Ali. Omar Sayeh a été blessé
par un couteau, la police l’a torturé durant le trajet en ambulance
et l’a jeté dans une cellule sans qu’il ait été soigné", témoigne
encore l'étudiante Rabab Amidan.
La ville de Rabat
a été également le théâtre de ces violences policières rapportées
par l’étudiante sahraouie qui a indiqué que "les protestations
d’étudiants sahraouis continuent".
"Ceci est la
politique continue du Maroc avec les étudiants sahraouis en période
d’examens, pour que nous n’étudions pas, que nous ne nous formions
pas, ignorions nos droits et ne prenions nos responsabilités",
a-t-elle conclu en lançant un appel à l’aide car, affirme-t-elle,
"la situation empire de plus en plus".(SPS)
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Mai 07 SPS
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