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Londres,
24/05/2007 (SPS) Des dizaines de prisonniers d'opinion sahraouis ont
été emprisonnés et torturés en raison de leurs positions
nationalistes, pour avoir défendu le droit du peuple sahraoui à
l'autodétermination et pour leur soutien au Front Polisario, a
révélé mercredi à Londres Amnesty International dans son rapport
annuel.
Parmi les 78
prisonniers d'opinion détenus en 2005 à la suite de manifestations
contre l'administration marocaine au Sahara Occidental, huit ont été
libérés en mars et en avril, précise le rapport.
Quelque 70 autres
personnes arrêtées en 2005 et en 2006 lors de manifestations ou à la
suite de celles-ci, et qui avaient été inculpées de violences, ont
également été remises en liberté.
En février, le
ministère marocain de la Justice avait déclaré que les défenseurs
des droits humains "n'avaient pas été emprisonnés en raison de leurs
opinions, mais à cause de leur implication dans des actes passibles
de poursuites pénales".
Amnesty
International considérait toutefois qu'ils étaient sans doute des
"prisonniers d'opinion poursuivis pour avoir dénoncé les violences
commises par les forces de sécurité marocaines, et pour avoir
défendu publiquement l'autodétermination pour le Sahara
Occidental".
Dans ce contexte,
le rapport d'Amnesty International souligne que les Sahraouis ont
continué de manifester contre l'administration marocaine du
territoire en 2006, précisant que plusieurs centaines de personnes
ont été interpellées et la plupart d'entre elles relâchées après
avoir été interrogées par la police.
Vingt personnes
ont par la suite été déclarées coupables d'incitation ou de
participation à des violences, et condamnées à des peines allant
jusqu'à six années d'emprisonnement.
Au moins 10
manifestants se sont plaints d'avoir été "torturés ou maltraités
durant leur interrogatoire par la police", ajoute le rapport qui
rappelle que les défenseurs des droits humains sahraouis continuent
de subir des intimidations de la part des forces de sécurité
marocaines.
Brahim Sabbar,
secrétaire général de l'Association sahraouie des victimes des
violations graves des droits de l'homme commises par l'Etat du
Maroc, a été condamné en juin à l'issue d'un procès inique à une
peine de deux ans d'emprisonnement pour rébellion et violences à
l'encontre d'un policier.
En mai, son
association a rendu public un rapport faisant état de plusieurs
dizaines de cas récents d'arrestations arbitraires, de torture et de
mauvais traitements.
Brahim Sabbar et
son collègue Ahmed Sbai étaient, par ailleurs, en instance de procès
pour appartenance à une organisation interdite et incitation à des
manifestations violentes, entre autres chefs d'inculpation. Tous
deux étaient des prisonniers d'opinion probables, selon le rapport
d'Amnesty International.
Une mission du
Haut-Commissariat aux droits de l'homme relevant de l'ONU s'est
rendue en mai 2006 au Sahara Occidental. Son rapport confidentiel,
qui a été divulgué, concluait que "la situation des droits humains
était profondément préoccupante".
"Les Sahraouis
sont privés de leur droit à l'autodétermination et des restrictions
sévères pèsent sur leurs autres droits fondamentaux, notamment le
droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion",
conclut le rapport.(SPS)
020/090/700 241100
Mai 07 SPS
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