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FRONT POLISARIO/ANNIVERSAIRE

Le Maroc "a peur" des négociations, estime le président sahraoui

Mijek (territoires sahraouis libérés), 21/05/2007 (SPS) Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a estimé lundi que le Maroc "a peur" des prochaines négociations sur le Sahara Occidental, prévues durant la première moitié de juin sous l'égide de l'ONU.   

Le Maroc "a peur des négociations, car il ne veut pas que son opinion publique sache qu'il reconnaît ainsi, de fait, le Front Polisario comme seul représentant légitime du peuple sahraoui", a déclaré le président sahraoui lors d'une conférence de presse à Mijek, dans les territoires sahraouis libérés, à l'occasion de la célébration du 34è anniversaire du déclenchement de la lutte armée sahraouie. 

"Le Gouvernement marocain sait aussi qu'il est en position de faiblesse, car il est en violation de la légalité internationale, des résolutions du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale de l'ONU", a-t-il ajouté, en soulignant que cela "explique la récente vague de répression marocaine sauvage des manifestants sahraouis pacifiques dans les territoires sahraouis occupés, qui traduit la panique du régime marocain". 

M. Abdelaziz a relevé, à l'opposé, que les exigences du Front Polisario "vont toutes dans le sens de la légalité internationale". "Ce que nous demandons est clair : que le peuple sahraoui s’exprime librement et démocratiquement et qu’il dispose de lui-même. Nous avons accepté toutes les options du référendum : l’indépendance, l’intégration au Maroc ou l’autonomie. Nous sommes même prêts à en accepter de nouvelles, pour peu que le peuple sahraoui puisse s'exprimer et choisir librement entre elles", a-t-il souligné. 

Le peuple sahraoui "doit parler. Personne n'a le droit de décider à sa place, ni le Front Polisario, ni la RASD, ni encore moins le Maroc", a-t-il martelé. 

Relevant que pour qu'elles puissent aboutir, "les négociations nécessitent une volonté politique réelle" des parties en conflit, le premier responsable sahraoui a noté que le Maroc "n'a jamais fait preuve d'une telle volonté".  

"Combien d’accords avons nous signé avec le Maroc qu’il n’a pas respectés. Le gouvernement marocain ne veut que légitimer son occupation du Sahara Occidental et ne veut absolument pas respecter les décisions de l’Assemblée générale de l’Onu, du Conseil de sécurité ou de la Cour internationale de justice de La Haye", a-t-il déploré. 

"Malgré cela, nous allons vers ces négociations avec une réelle volonté et de bonne foi pour trouver une solution, car c’est avec des négociations que nous sommes parvenus, en août 1979, à un accord de paix avec la Mauritanie grâce auquel elle s’est retirée des territoires sahraouis qu’elle occupaient depuis 1975. C’est grâce aux négociations aussi que nous sommes parvenus au Plan de règlement de 1990, aux accords de Houston de 1997 et au Plan Baker", a rappelé le président sahraoui.

M. Abdelaziz a affirmé que "bien que les accords signés avec le Maroc n’ont pas été mis en œuvre, par sa faute, ils constituent un arsenal entre les mains de la partie sahraouie aux prochaines négociations". 

Interrogé sur les motifs qui ont incité la partie sahraouie a accepter des négociations avec le Maroc "sans conditions préalables", il a expliqué que

"c'est la première fois que le Conseil de sécurité appelle à des négociations entre les parties en les désignant clairement : le Maroc et le Front Polisario. 

Et d'abord, l'objet des négociations sera l'autodétermination des Sahraouis, c'est pour cet objectif-là que nous luttons et c'est pour cela que nous supportons les dures conditions de vie dans les camps", a-t-il fait remarquer.  

Il a, en outre, insisté sur le fait que ce sont les Nations Unies qui doivent être le seul médiateur et abriter les négociations.  

Concernant les attentes du Front Polisario vis-à-vis des nouveaux président et Gouvernement français, M. Abdelaziz a indiqué que "le président Sarkozy et son Gouvernement ont montré de l'intérêt pour la situation au Sahara Occidental", souhaitant que la France "se montre plus objective, plus neutre et plus constructive que ce qu'elle a été jusque-là". 

En ce qui concerne les Etats-Unis, il a relevé que le plus important pour les Sahraouis est qu'ils "ne reconnaissent pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental, comme, d'ailleurs, l'ensemble des pays de la planète". 

A une question sur la diminution de l'aide humanitaire, il a déploré que les agences d'aide internationales aient "voulu faire pression" sur les réfugiés sahraouis, en réduisant les quantités de médicaments et de vivres qu'elles leur livrent, "sous des prétextes fallacieux et avec des arrières pensées politiques". 

"Nous avons demandé l'aide de l'Algérie qui nous a fourni toutes les denrées dont nous avions besoin. Les autorités algériennes nous ont dit : personne ne pourra affamer les réfugiés sahraouis qui sont les invités de tous les Algériens", s'est-il félicité. (SPS) 

020/090/700 211730 Mai 07 SPS 

 

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