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TERRITOIRES OCCUPES/MAROC/ETUDIANTS

L’étudiante sahraouie éborgnée à Marrakech raconte

Bruxelles, 19/05/2007 (SPS) L’étudiante sahraouie Sultana Khaya Sidi Brahim a indiqué dans un témoignage écrit, qu’elle a perdu un œil à la suite d’un passage à tabac "sauvage " des forces de sécurités marocaines près de la faculté de droit à Marrakech ou elle participait à une marche de solidarité avec ses camarades emprisonnés. 

Dans ce témoignage transmis aux dirigeants de l’UE assortis de photos,  Sultana soutient qu’elle a été "ciblée personnellement" par les forces de sécurité "officiels et secrets" qui l’ont roué de coups de pieds et de matraque avec une violence telle que son "œil a éclaté" et son nez "cassé". 

"Les agents des forces sauvages avaient fait un cercle autour de moi et se sont mis à me tabasser avec leurs matraques et leurs pieds suite à quoi mon œil a éclaté. Et quand je leur ai dit que mon œil avait été touché, ils se sont mis à me frapper sur mon œil exprès", écrit-elle. 

Sultana soupçonne aussi les forces de sécurité d’avoir fait usage de produits chimiques. En portant secours à l'un de ses camarades, raconte-t-elle "j’ai eu des blessures qui ressemblent aux brûlures à cause du produit chimique qui était sur sa veste".  

Sultana et trois autres étudiants, dont deux filles, ont été également été passés à tabac dans une cité universitaire pendant une "quarantaine de minutes", puis ont été conduits, menottes aux mains, à l’Hôpital Ibnou Toufail, dans une ambulance "ou ils continuaient à être tabassés".  

La militante sahraouie dénonce également l’absence de soins dans cet hôpital. "Malgré que mon œil ait éclaté, ils n’ont fait que me mettre un pansement. Je crois que c’était un infirmier qui m’avait mis le pansement sans dire un mot. Ils nous ont conduit, ensuite, vers le centre de police qui se trouve à Jamaâ Elafna. Quand nous étions à l’hôpital et sur la route vers ce centre de police, nous étions giflés et frappés à coups de pieds sans cesse". 

Sultana raconte également d’autres sévices qu’elle a subis avec d’autres étudiants au commissariat, et dénonce le manque de prise en charge à l’hôpital pendant la première nuit d’hospitalisation.  

Le témoignage écrit assorti de photos de la jeune fille pansement sur l’œil et ecchymoses sur tout le corps, a été adressé par le ministre sahraoui délégué pour l’Europe aux dirigeants de l’UE, lançant " un véritable SOS à l’UE " pour exiger du Maroc de cesser ces exactions contre les étudiants sahraouis en révolte depuis une semaine dans les campus marocains.  

Sultana a comparu, en compagnie de six étudiants sahraouis vendredi devant le tribunal de Marrakech, qui a reporté leur jugement au 25 mai prochain, à la demande de la défense, a précise l’ASVDH.  (SPS) 

020/090/700 191320 Mai 07 SPS  

 

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