English

Español

عربي

 

Medias sahraouis

»  Home
  Contact SPS
  Archive
  Mailing List
  Spéciales
  Links

  Documents

 

 
chercher dans SPS


 

 
 

 

 

RASD/MAROC/ONU

L’autodétermination, "élément clef" dans les négociations, souligne le représentant sahraoui en Europe

Madrid, 11/05/2007 (SPS) L’exercice par le peuple Sahraoui de son droit à l’autodétermination constituera "l’élément clef" dans les négociations directes devant avoir lieu sous les auspices des Nations Unies entre le Front Polisario et le Maroc, a souligné le ministre délégué sahraouie pour l’Europe, Mohamed Sidati, cité par l’APS.

La résolution adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies le 30 avril dernier "établit le contenu et les contours de ce que devraient être ces négociations : comment permettre l’autodétermination du peuple du Sahara

Occidental. C’est l’élément clef de cette résolution", a affirmé M. Sidati en marge des journées universitaires sur la question sahraouie qui se sont déroulées à Madrid du 7 au 10 mai.

Le représentant sahraoui en Europe a relevé que la résolution ainsi que le rapport du Secrétaire général de l’ONU "dénotent un intérêt croissant de la communauté internationale de voir le conflit du Sahara Occidental définitivement résolu de manière pacifique et juste", en se basant fondamentalement sur la "nécessité pour le peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination".

Il a rappelé que le Front Polisario avait exprimé immédiatement après l’adoption de la résolution sa "disposition à entrer dans ces négociations, animé d’une volonté sincère d’aboutir".

Il a jugé "équilibré" tant le rapport du Secrétaire général que la résolution du Conseil de sécurité, dès lors qu’ils ont "pris note", a-t-il dit, des propositions qui ont été émises respectivement par les parties au conflit.

Concernant la proposition présentée par le Front Polisario, il a souligné qu’elle a "l’avantage et la force" de répondre à deux considérations "essentielles" pour le règlement définitif du conflit du Sahara Occidental.

La première, est qu’elle "prend en charge la légalité internationale et son respect, en préconisant l’autodétermination et le moyen d’y parvenir, un référendum et une consultation libre et démocratique du peuple sahraoui".

La seconde, est qu’elle offre une vision "généreuse" de la part du peuple sahraoui de ce que pourraient être les relations, "aussi bien au présent qu’à l’avenir", avec le royaume du Maroc, a-t-il ajouté.

Il a précisé que dans l’objectif de contribuer à "l’avènement d’un grand Maghreb arabe et pour faire avancer la situation dans la région", le Front Polisario a proposé des "relations de coopération et de coordination" avec le Maroc. "Nous avons dit que nous étions prêts y compris à partager le pain", a-t-il fait valoir.

L’autodétermination, "élément clef"à M. Sidati a cependant fait part de la "préoccupation" de la partie sahraouie eu égard aux "interprétations tendancieuses que le Maroc tente de donner de la résolution".

"Si le Maroc persiste dans ses interprétations tendancieuses et dans sa volonté de vouloir dévier les choses de leur cours normal, cela voudrait dire que l’épreuve continuera, que nous allons affronter des moments difficiles et que les peuples de la région seront, malheureusement, frustrés d’une occasion historique et d’une opportunité qui aurait permis véritablement l’avènement d’une solution définitive et, par voie de conséquence, la relance de la dynamique du Maghreb et la convivialité entre ses peuples", a-t-il averti.

S’agissant de la position de la France sur le conflit, il a rappelé que ce pays a été durant toutes ces dernières années "pour beaucoup dans la prolongation de l’épreuve du peuple sahraoui, par son alignement aveugle (...) aux côtés du Maroc dans sa politique expansionniste et d’occupation illégale du Sahara Occidental".

"La France, pays de la Déclaration universelle des droits de l’homme, a remis en cause profondément son prestige et sa crédibilité dans la région du Maghreb du fait de cette position que beaucoup ne comprennent pas, à commencer par le peuple sahraoui", a-t-il dit, s’interrogeant si "30 ans de conflit serviront de leçon pour que les nouveaux dirigeants français prennent conscience de la gravité de la situation et se rendent compte que sans une solution juste et définitive il ne peut y avoir de coopération et de stabilité réelle dans la zone euro-maghrébine".

Le représentant sahraoui a formulé le vœu, qu’à la faveur de l’élection de son nouveau président, la France adopte une position qui soit "au diapason de celle de la majorité des pays de la communauté internationale et de la majorité des pays membres du Conseil de sécurité’’, et oeuvre à une "solution pacifique".

Sur la position de l’Espagne, il a indiqué que le peuple sahraoui éprouve un sentiment de "déception et de frustration, particulièrement au regard de l’évolution de la politique de l’actuel Gouvernement".

"Personne ne peut comprendre que l’Espagne, liée par des relations si denses avec le Sahara Occidental et pour être, moralement et historiquement, responsable de sa tragédie, puisse se confiner dans l’abstention lorsqu’il y a une résolution soutenant le droit à l’autodétermination, d’autant plus que l’abstention est interprétée aujourd’hui par le Maroc comme favorisant sa politique expansionniste.

Personne ne peut comprendre la précipitation manifestée par l’Espagne dans son soutien à une pseudo-solution (plan d’autonomie) unilatérale, contraire au droit international, qui passe outre le droit à l’autodétermination et fait table rase de ce qui a été accompli par les Nations Unies", a-t-il observé.

"La proposition marocaine est dangereuses, parce que non seulement elle exacerbe les tensions mais alimente aussi la déstabilisation dans la région et assombrit les perspectives d’une solution juste et pacifique’’, a mis en garde par ailleurs, M Sidati.

"Personne ne peut comprendre que les dirigeants espagnols cautionnent une démarche qui s’arroge le droit de décider à la place du peuple Sahraoui. C’est inadmissible. Personne ne peut comprendre que l’Espagne procède aujourd’hui

à la vente massive d’armes au Maroc, armes dont une partie sera assurément utilisée pour perpétuer l’occupation illégale du Sahara Occidental et réprimer les populations qui subissent des violations massives des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés", a-t-il poursuivi.

M. Sidati a noté que le Front Polisario "ne désespère pas" tant que la "pression de l’opinion publique, le consensus existant au niveau des forces politiques en Espagne et les motions adoptées, à l’unanimité, par le Parlement, exigeant une solution basée sur l’autodétermination, puissent donner à réfléchir au Gouvernement espagnol qui est en porte-à-faux avec cette opinion et ces forces politiques".

"L’intérêt de l’Espagne est d’avoir des relations équilibrées avec tous les pays de la région et non privilégier une relation au détriment du reste, parce que à la longue c’est l’Espagne elle-même qui en pâtirait. Cette dérive dans la politique internationale de l’Espagne déçoit le peuple sahraoui et déconcerte les espagnols, plus particulièrement les militants du Parti socialiste", a-t-il ajouté.

Concernant les Etats-Unis, il a rappelé qu’ils ont participé à l’élaboration du Plan de paix, notamment par le biais de l’ex-Secrétaire d’Etat, James Baker, et connaissent les détails du dossier. Il a relevé que les récentes déclarations de responsables américains indiquent que ce pays veut une "solution pacifique et qui puisse être définitive".

"Pour qu’il en soit ainsi, la solution doit être juste, et, par conséquent, basée sur l’autodétermination", a souligné le diplomate sahraoui.

"Les Etats-Unis ont voté la dernière résolution du Conseil de sécurité et j’espère que leur contribution à l’avenir sera positive, en poussant réellement vers des négociations directes, pour un objectif essentiel qui est le nœud gordien du problème, à savoir l’autodétermination", a-t-il conclu. (SPS)

010/090/700 111355 MAI 07 SPS

 

   Home
       

Copyright © Sahara Press Service. All Rights Reserved