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RASD/ESPAGNE/SOLIDARITE

M. Sidati: L’occupation du Sahara Occidental, "facteur déterminant" dans le blocage du processus maghrébin

Madrid, 09/05/2007 (SPS) L’occupation du Sahara Occidental par le Maroc a été un "facteur déterminant" dans le "blocage" du processus d’édification maghrébine, a affirmé à Madrid le ministre délégué de la RASD auprès de l’UE, Mohamed Sidati, qui a appelé la France et l’Espagne à contribuer "positivement" à ce processus en amenant le Maroc à se conformer à la légalité internationale.

Intervenant lors des journées universitaires qui se tiennent depuis lundi dans la capitale espagnole sur la question du Sahara Occidental, M. Sidati a souligné que le Maghreb ne peut être construit à travers la "spoliation" du peuple sahraoui de ses droits légitimes à l’autodétermination et l’indépendance.

Le diplomate sahraoui a critiqué la "vision réductrice" de certains pays qui lient la stabilité du Maghreb à la situation interne du Maroc et par laquelle ils "justifient leur alignement sur les thèses marocaines".

"La stabilité ne doit pas être l’apanage du Maroc, elle doit être globale, bénéficier à tous les peuples et pays du Maghreb", a-t-il déclaré au cours d’une table ronde sur le thème "Le Sahara Occidental dans la géopolitique du Maghreb".

Il a appelé la France et l’Espagne à procéder à un "examen critique" de leur position, inciter le Maroc à abandonner son attitude de défi à la légalité et "contribuer ainsi positivement à l’édification du Maghreb arabe".

Passant en revue l’évolution de la position des gouvernements d’Espagne ces dernières années, il a observé que si celle-ci, appuyait auparavant la démarche des Nations Unies et le référendum d’autodétermination, l'executif actuel considère, ce référendum "déstabilisateur" pour le Maroc, s’abstient lors du vote de résolutions soutenant l’autodétermination et vend des armes à Rabat.

"Ceux qui pensent établir des relations avec le Maroc au détriment du Maghreb et du peuple sahraoui commettent une tragique erreur d’analyse", a-t-il averti.

L’ambassadeur d’Algérie en Espagne, M. Mohamed Haneche, a, pour sa part, rappelé que l’Algérie a maintenu depuis le début une "position d’extrême clarté et netteté" sur le conflit, à savoir "accorder au peuple sahraoui, sans concessions, le droit à l’autodétermination pour qu’il puissent décider librement de son destin, conformément à la résolution de base 1514" du Conseil de sécurité.

"C'est la position de l'ensemble des Nations Unies et des organisations internationales et régionales, que nous avons toujours appuyée et que nous continuerons à appuyer", a-t-il souligné, notant que "jamais la justesse d'une cause n'a été autant confirmée par les Nations Unies que celle du peuple sahraoui".

"Mon pays a mis toute son énergie et ses bons offices pour rapprocher les points de vue des acteurs, animé en cela par une volonté et une foi sincères de trouver une solution qui se situe en ligne droite du principe l'autodétermination", a ajouté M. Haneche.

"Nous avons toujours affirmé clairement que nous serions les premiers à prendre note et à assumer les résultats du référendum d’autodétermination quel qu’en soit le résultat', a rappelé M. Haneche.

Il a rappelé encore que l’Algérie a accueilli favorablement la résolution 1754 adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies le 30 avril dernier, en ce qu’elle "consacre, une fois de plus, avec force le droit sacré du peuple sahraoui à l’autodétermination', qui, a-t-il précisé, 'implique obligatoirement un choix clair et souverain entre l’indépendance et l’intégration".

M. Haizam Amirah Fernandez, de l’Institut royal Elcano, a relevé, de son côté, que l’unique membre de la communauté internationale qui a rejeté le Plan Baker pour l’autodétermination du peuple sahraoui a été le Maroc.

Pour M. Fernandez, le +plan d’autonomie+, inspiré par des puissances alliées du Maroc, vise à rompre l’isolement de Rabat et donner "l’image d’un pays disposé à collaborer avec la communauté internationale" même si ce plan, a-t-il dit, "ne change rien" au conflit, étant donné qu’il est "inacceptable" pour le Front Polisario.

Au cours d’une précédente table ronde sur le thème "Dimension multilatérale du conflit sahraoui : le rôle des organismes internationaux", le représentant sahraoui auprès des Nations Unies, M. Ahmed Boukhari, a regretté la "faiblesse" de la position de l’Organisation internationale sur la question du Sahara Occidental.

"Le Maroc est hors la loi mais il s’obstine dans son attitude de mépris au droit international car il jouit de l’appui de certaines puissances internationales qui le soutiennent pour des intérêts inavouables", a-t-il dit.

M. Boukhari a dénoncé la politique de deux poids de mesures, appliquée par la communauté internationale au conflit du Sahara Occidental, en comparaison avec d’autres conflits, comme l’invasion du Koweït, l’occupation du Timor oriental ou la situation au Kosovo, où cette communauté, a-t-il constaté, s'est montré très à cheval sur les principes de droit.

Pour sa part, Ana Badia, de l’Université de Barcelone, a mis en exergue l’importance que les prochaines négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario se déroulent sous les auspices des Nations Unies.

Ces négociations doivent avoir pour objet l'autodétermination, "comment mettre fin à l’occupation" et déboucher sur un "traité international" devant être formellement reconnu par le Maroc, a-t-elle précisé.

L’ex-représentant de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental), Francesco Bastagli, a rappelé que la création en 1991 de cette mission avait pour objectif la supervision du cessez-le-feu mais surtout l’organisation du référendum.

"Ce qui a fait défaut, c’est que la force juridique de cette question n’a pas été traduite en force politique équivalente", a-t-il estimé. (SPS)

010/090/700 091047 MAI 07 SPS

 

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