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RASD/ONU

Le président de la République interpelle le SG de l’ONU pour la protection des Sahraouis

Bir Lehlu (territoires libérés), 18/04/2007 (SPS) Le président de la République, Mohamed Abdelaziz, a interpellé mardi le SG de l’Organisation des Nattions Unies, Ban Ki-moon pour la protection des civils sahraouis sans défense dans les territoires occupés du Sahara occidental contre la répression marocaine.


M. Abdelaziz a exprimé dans une lettre adressée au SG de l’ONU, dont une copie est parvenue à SPS, ses "vives préoccupations devant l’inertie de la Communauté internationale qui ne daigne pas prendre d’actions concrètes  en vue de la protection de la personne sahraouie" ou "prendre position pour que soit levé, sans retard, le blocus médiatique et sécuritaire qui s’accentue de plus en plus fortement  au Sahara Occidental". 

Le Chef de l’Etat a également souhaité attiré l’attention de M. Ban Ki-moon sur la détresse des mères des 15 disparus sahraouis qui, meurtries et brisées par une séparation si cruelle avec leurs fils, "qui ne font que manifester pacifiquement et réclamer des autorités marocaines de faire la lumière sur le sort de leurs enfants". 

Voici le texte intégral de la lettre adressée par le président de la République, Mohamed Abdelaziz au SG de l’ONU, Ban Ki-moon : 

"Monsieur Ban Ki-Moon,

Secrétaire général des Nations Unies

New York.

  

Monsieur le Secrétaire général,

Je suis  dans l’obligation de vous écrire de nouveau pour vous faire part de mes vives préoccupations devant l’inertie de la Communauté internationale qui ne daigne pas prendre d’actions concrètes  en vue de la protection de la personne sahraouie ou prendre position  pour que soit levé,  sans retard,  le blocus  médiatique et sécuritaire qui s’accentue de plus en plus fortement  au Sahara Occidental. 

Par la présente lettre, je souhaite attirer votre attention sur la détresse des mères des disparus sahraouis qui, meurtries et brisées par une séparation si cruelle avec leurs fils,  ne font que manifester pacifiquement et réclamer des autorités marocaines de faire la lumière sur le sort de leurs enfants. 

Déjà le 25 juin de l’année dernière,  j’ai écris une lettre à votre prédécesseur, Monsieur Kofi Annan pour l’informer, et à travers lui la Communauté internationale de la situation des 15 jeunes sahraouis dont leurs mères ont confirmé leur disparition, le 25 décembre 2005, suite à leur enlèvement par les autorités marocaines dans des conditions plus qu’obscures. 

 Dans cette lettre, nous avons clarifié tous les tenants et aboutissants en relation avec la disparition des 15 jeunes sahraouis dont les familles, constituées depuis lors en comité, sont très préoccupés par le flou  entretenu par les autorités marocaines concernant le sort de leurs fils.  Ce qui accentue encore plus la peur et la panique  chez ces familles,  c’est qu’elles sont convaincues que l’opacité totale qui entoure la détention de leur fils par quelque service secret marocain pourrait constituer  un prélude à leur assassinat. 

En dépit du droit que leur confère la loi, les mères des disparus sahraouis ont été menacées et intimidées par les autorités marocaines alors qu’elles avaient organisé des sit-in pour exiger la vérité sur le sort de leur fils. Lorsqu’on sait  qu’un grand nombre des disparus sont des activistes des droits humains ayant réclamé, dans diverses manifestations,  le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination,  on comprend aisément  pourquoi  les mères des disparus sahraouis ont  été persécutées et  surtout humiliées pour avoir manifesté, le 10 décembre dernier, jour qui coïncide avec la commémoration de la journée des droits de l’homme. 

 Devant le mépris affiché par les autorités marocaines à l’encontre des mères des disparus sahraouis, il ne reste plus à celles-ci que les sit-in  qu’elles ont poursuivi, depuis le 09 avril courant devant le siège des autorités marocaines à El Aaiun, capitale du Sahara Occidental occupé  pour exiger la vérité sur le sort de leurs fils. 

Voici les noms de quelques unes des mères, sœurs et/ou membre de la famille des 15 jeunes sahraouis disparus : Embarka Mint Said Ould Ahmed Ould Alia, Hadia Mint Mohamed Salem Ould El Hassen, Salka Mint Mohamed Ould Kharbouch, Tfarah Mint Lefdil Ould Mahmoud Ould Moul Dar, Mailemnine Mint Hamdi Ouls Ismael, Ebaba Mint Oualda  Ould Chiaa, Meilemnine Mint Mokhtar Ould Mbarek Breira, Zeinab Mint Sidi Mhamed Ould Abdelouadoud, Salka Mint Lehbib Ould Laroussi Ould Hamia, Fatma Mint Salem Ould Mohamed, Selem Mint Abdallahi Ouls Did’ Ahmed El Balal Madkoiri, Mariem Braika, Lebzazi Zahra. 

Les mères  des jeunes sahraouis disparus observent depuis quatre jours, et dans des conditions difficiles  des sit-in ininterrompus au cours desquels elles sont l’objet de menaces, d’intimidations et d’insultes. Des forces de la sécurité marocaine ont pulvérisé un produit à substance chimique, utilisé  dans la production  d’insecticide sur quelques unes des mères avant de s’en prendre de manière brutale, le 12 avril 2007 à Aicha  Mint Othmane et son frère Naoucha, une intervention qui s’est soldée par plusieurs blessés.   

Le cycle de la violence ne s’est pas arrêté là, puisque les  forces marocaines sont intervenues, le même jour  vers 23H pour disperser violemment  les manifestants dont plusieurs ont été blessés, notamment les citoyens Baba Chiaa, Rais Ekhyarhoum, Maina Toutou, Zahra El Yousfi, Embarka El Oud, El Ghalia Zreibi, Meilemnine Souyeh, Khadija Moulaye Eli.

 

Monsieur le Secrétaire général, 

Les autorités marocaines sont en train de mettre au point une politique dont  les  conséquences sont très  graves, et dont nous avons mis en garde plusieurs fois par le passé. Il  s’agit clairement d’une politique visant à vider le territoire sahraoui de ses forces vives, notamment les jeunes et les activistes des droits humains à travers les disparitions s’ils ne les poussent pas à l’immigration clandestine dans le but,  bien évident  de  modifier la démographie du territoire. 

La répression qui s’est abattue, le 12 avril sur un groupe de femmes constitué de mères et sœurs des 15 jeunes sahraouis disparus, n’est qu’un nouvel épisode  d’un long processus de violations  systématiques des droits de l’homme, perpétrées par l’Etat du Maroc depuis son occupation  illégale du Sahara Occidental, le 31 octobre 1975. 

Il n’est pas possible d’accepter indéfiniment la persistance de telles violations des droits de l’homme,  rapportées et documentées par de multiples organisations de défense des droits de l’homme, et à leur tête le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, et qui se déroulent  dans un territoire  se trouvant  sous la responsabilité des Nations Unies,    présentes à travers la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO).

Eu égard à l’immense responsabilité de l’organisation que vous présidez et aux valeurs de justice et de droit que vous incarnez, il  est impérieux de répondre aux doléances et à l’appel pressants des mères et des familles des 15 jeunes disparus, comme il est impérieux que tout soit mis en œuvre pour faire pression sur le gouvernement marocain pour qu’il fasse la lumière sur le sort de plus de 500 disparus civils et 151 prisonniers de guerre sahraouis et afin qu’il  libère tous les prisonniers politiques sahraouis. 

A cette occasion, nous réitérons notre demande consistant à la publication sans tarder du contenu du rapport du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, suite à sa mission dans le territoire en 2006,  l’application de ses recommandations ainsi que  l’élargissement des prérogatives de la MINURSO à la défense des droits de l’homme dans le territoire et des libertés fondamentales, et ce dans l’attente du parachèvement du processus de décolonisation au Sahara Occidental à travers l’organisation d’un référendum libre et démocratique. 

Bir Lehlu, le 17 avril 2007-04-17 

Mohamed Abdelaziz,

Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique,

Secrétaire général du Front POLISARIO". (SPS) 

020/090/100 181530 AVR 07 SPS 

 

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