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M. Abdelaziz a exprimé dans une lettre adressée au SG de l’ONU, dont
une copie est parvenue à SPS, ses "vives préoccupations devant
l’inertie de la Communauté internationale qui ne daigne pas prendre
d’actions concrètes en vue de la protection de la personne
sahraouie" ou "prendre position pour que soit levé, sans retard, le
blocus médiatique et sécuritaire qui s’accentue de plus en plus
fortement au Sahara Occidental".
Le Chef de l’Etat
a également souhaité attiré l’attention de M. Ban Ki-moon sur la
détresse des mères des 15 disparus sahraouis qui, meurtries et
brisées par une séparation si cruelle avec leurs fils, "qui ne font
que manifester pacifiquement et réclamer des autorités marocaines de
faire la lumière sur le sort de leurs enfants".
Voici le texte
intégral de la lettre adressée par le président de la République,
Mohamed Abdelaziz au SG de l’ONU, Ban Ki-moon :
"Monsieur
Ban Ki-Moon,
Secrétaire général
des Nations Unies
New York.
Monsieur le
Secrétaire général,
Je suis dans
l’obligation de vous écrire de nouveau pour vous faire part de mes
vives préoccupations devant l’inertie de la Communauté
internationale qui ne daigne pas prendre d’actions concrètes en vue
de la protection de la personne sahraouie ou prendre position pour
que soit levé, sans retard, le blocus médiatique et sécuritaire
qui s’accentue de plus en plus fortement au Sahara Occidental.
Par la présente
lettre, je souhaite attirer votre attention sur la détresse des
mères des disparus sahraouis qui, meurtries et brisées par une
séparation si cruelle avec leurs fils, ne font que manifester
pacifiquement et réclamer des autorités marocaines de faire la
lumière sur le sort de leurs enfants.
Déjà le 25 juin de
l’année dernière, j’ai écris une lettre à votre prédécesseur,
Monsieur Kofi Annan pour l’informer, et à travers lui la Communauté
internationale de la situation des 15 jeunes sahraouis dont leurs
mères ont confirmé leur disparition, le 25 décembre 2005, suite à
leur enlèvement par les autorités marocaines dans des conditions
plus qu’obscures.
Dans cette
lettre, nous avons clarifié tous les tenants et aboutissants en
relation avec la disparition des 15 jeunes sahraouis dont les
familles, constituées depuis lors en comité, sont très préoccupés
par le flou entretenu par les autorités marocaines concernant le
sort de leurs fils. Ce qui accentue encore plus la peur et la
panique chez ces familles, c’est qu’elles sont convaincues que
l’opacité totale qui entoure la détention de leur fils par quelque
service secret marocain pourrait constituer un prélude à leur
assassinat.
En dépit du droit
que leur confère la loi, les mères des disparus sahraouis ont été
menacées et intimidées par les autorités marocaines alors qu’elles
avaient organisé des sit-in pour exiger la vérité sur le sort de
leur fils. Lorsqu’on sait qu’un grand nombre des disparus sont des
activistes des droits humains ayant réclamé, dans diverses
manifestations, le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination,
on comprend aisément pourquoi les mères des disparus sahraouis
ont été persécutées et surtout humiliées pour avoir manifesté, le
10 décembre dernier, jour qui coïncide avec la commémoration de la
journée des droits de l’homme.
Devant le mépris
affiché par les autorités marocaines à l’encontre des mères des
disparus sahraouis, il ne reste plus à celles-ci que les sit-in
qu’elles ont poursuivi, depuis le 09 avril courant devant le siège
des autorités marocaines à El Aaiun, capitale du Sahara Occidental
occupé pour exiger la vérité sur le sort de leurs fils.
Voici les noms de
quelques unes des mères, sœurs et/ou membre de la famille des 15
jeunes sahraouis disparus : Embarka Mint
Said Ould Ahmed Ould Alia, Hadia Mint Mohamed Salem Ould El Hassen,
Salka Mint Mohamed Ould Kharbouch, Tfarah Mint Lefdil Ould Mahmoud
Ould Moul Dar, Mailemnine Mint Hamdi Ouls Ismael, Ebaba Mint Oualda
Ould Chiaa, Meilemnine Mint Mokhtar Ould Mbarek Breira, Zeinab Mint
Sidi Mhamed Ould Abdelouadoud, Salka Mint Lehbib Ould Laroussi Ould
Hamia, Fatma Mint Salem Ould Mohamed, Selem Mint Abdallahi Ouls Did’
Ahmed El Balal Madkoiri, Mariem Braika, Lebzazi Zahra.
Les mères des
jeunes sahraouis disparus observent depuis quatre jours, et dans des
conditions difficiles des sit-in ininterrompus au cours desquels
elles sont l’objet de menaces, d’intimidations et d’insultes. Des
forces de la sécurité marocaine ont pulvérisé un produit à substance
chimique, utilisé dans la production d’insecticide sur quelques
unes des mères avant de s’en prendre de manière brutale, le 12 avril
2007 à Aicha Mint Othmane et son frère Naoucha, une intervention
qui s’est soldée par plusieurs blessés.
Le cycle de la
violence ne s’est pas arrêté là, puisque les forces marocaines sont
intervenues, le même jour vers 23H pour disperser violemment les
manifestants dont plusieurs ont été blessés, notamment les citoyens
Baba Chiaa, Rais Ekhyarhoum, Maina Toutou, Zahra El Yousfi, Embarka
El Oud, El Ghalia Zreibi, Meilemnine Souyeh, Khadija Moulaye Eli.
Monsieur le
Secrétaire général,
Les autorités
marocaines sont en train de mettre au point une politique dont les
conséquences sont très graves, et dont nous avons mis en garde
plusieurs fois par le passé. Il s’agit clairement d’une politique
visant à vider le territoire sahraoui de ses forces vives, notamment
les jeunes et les activistes des droits humains à travers les
disparitions s’ils ne les poussent pas à l’immigration clandestine
dans le but, bien évident de modifier la démographie du
territoire.
La répression qui
s’est abattue, le 12 avril sur un groupe de femmes constitué de
mères et sœurs des 15 jeunes sahraouis disparus, n’est qu’un nouvel
épisode d’un long processus de violations systématiques des droits
de l’homme, perpétrées par l’Etat du Maroc depuis son occupation
illégale du Sahara Occidental, le 31 octobre 1975.
Il n’est pas
possible d’accepter indéfiniment la persistance de telles violations
des droits de l’homme, rapportées et documentées par de multiples
organisations de défense des droits de l’homme, et à leur tête le
Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, et qui se
déroulent dans un territoire se trouvant sous la responsabilité
des Nations Unies, présentes à travers la Mission des Nations
Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental
(MINURSO).
Eu égard à
l’immense responsabilité de l’organisation que vous présidez et aux
valeurs de justice et de droit que vous incarnez, il est impérieux
de répondre aux doléances et à l’appel pressants des mères et des
familles des 15 jeunes disparus, comme il est impérieux que tout
soit mis en œuvre pour faire pression sur le gouvernement marocain
pour qu’il fasse la lumière sur le sort de plus de 500 disparus
civils et 151 prisonniers de guerre sahraouis et afin qu’il libère
tous les prisonniers politiques sahraouis.
A cette occasion,
nous réitérons notre demande consistant à la publication sans tarder
du contenu du rapport du Haut Commissaire des Nations Unies aux
droits de l’homme, suite à sa mission dans le territoire en 2006,
l’application de ses recommandations ainsi que l’élargissement des
prérogatives de la MINURSO à la défense des droits de l’homme dans
le territoire et des libertés fondamentales, et ce dans l’attente du
parachèvement du processus de décolonisation au Sahara Occidental à
travers l’organisation d’un référendum libre et démocratique.
Bir Lehlu, le 17
avril 2007-04-17
Mohamed Abdelaziz,
Président de la
République Arabe Sahraouie Démocratique,
Secrétaire général
du Front POLISARIO".
(SPS)
020/090/100 181530
AVR 07 SPS |