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Alger,
15/04/2007 (SPS)- L'ambassadeur sahraoui en Algérie, Mohamed Yeslem
Beyssat, a jugé dimanche à Alger que la proposition du Front
Polisario pour une solution politique "mutuellement acceptable"
assurant l'autodétermination du peuple sahraoui soumise au
secrétaire général des Nations Unies est "responsable, sérieuse et
conforme au droit international".
Cette proposition
réaffirme que "le conflit du Sahara Occidental est une question de
décolonisation", que "la solution de ce conflit passe par la tenue
d'un référendum d'autodétermination" et fait part de "la
disponibilité du Front Polisario à négocier" pour la tenue de ce
référendum, ainsi que "l'octroi de garanties post-référendum au
Maroc et aux résidents marocains au Sahara Occidental", a souligné
M. Beyssat dans une conférence de presse.
Développant le
premier point de l'initiative, il a rappelé toutes les résolutions
des Nations unies qui stipulent que le Sahara occidental figure
depuis 1965 sur "la liste des territoires non autonomes".
S'agissant du
second point, il a précisé que la question sahraouie, a été
"identifiée par la communauté internationale comme étant une
question de décolonisation" et, à ce titre, "les efforts visant à la
régler se sont donc, tout naturellement, fixés pour finalité
d'offrir au peuple de ce territoire l'opportunité de décider de son
devenir à travers un référendum d'autodétermination libre et
régulier".
Dans ce cadre,
l'initiative rappelle le Plan de règlement approuvé par les deux
parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, et par le
Conseil de sécurité par ses résolutions 658 (de 1990) et 690 (de
1991), complétées par les Accords de Houston (Etats-Unis), négociés
et signés en septembre 1997 par le Maroc et le Front Polisario, sous
l'égide de James Baker, envoyé personnel du secrétaire général des
Nations unies, endossés par le Conseil de sécurité.
A cela s'ajoute le
Plan de paix pour l'autodétermination du peuple sahraoui ou Plan
Baker, approuvé par le Conseil de sécurité par sa résolution 1495
(de 2003) prévoyant la tenue d'un référendum au Sahara occidental.
"Tous ces efforts
ont échoué en raison du reniement par la Maroc de ses engagements
internationaux", indique le texte lu par l'ambassadeur sahraoui.
Le troisième point
de l'initiative sahraouie souligne que le Front Polisario "réitère
solennellement" l'application du Plan Baker et "s'engage à accepter
les résultats du référendum quels qu'ils soient et à négocier,
d'ores et déjà, avec le Maroc, sous l'égide des Nations unies les
garanties qu'il est disposé à octroyer aux populations marocaines
résidant au Sahara Occidental depuis 10 ans ainsi qu'au Maroc dans
les domaines politique, économique et sécuritaire, au cas où le
référendum d'autodétermination déboucherait sur l'indépendance".
L’initiative
prévoit que "les garanties à négocier par les deux parties
consisteraient en la reconnaissance et le respect sur une base
mutuelle, de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité
territoriale des deux pays, conformément au principe de
l'intangibilité des frontières héritées aux indépendances".
La proposition
précise, en outre, "l’octroi de garanties concernant le statut, les
droits et obligations de la population marocaine au Sahara
Occidental, y compris sa participation à la vie politique,
économique et sociale du territoire du Sahara Occidental".
A cet égard,
poursuit la proposition du Front Polisario, "l'Etat sahraoui
pourrait accorder la nationalité sahraouie à tout citoyen marocain
légalement établi sur le territoire qui en ferait la demande".
Elle souligne que
l'accord insiste sur "des arrangements équitables et mutuellement
avantageux permettant la mise en valeur et l'exploitation en
commun des
ressources naturelles existantes ou pouvant être découvertes au
cours d'une période déterminée".
Le texte propose
"la mise en place de formules de partenariat et de coopération
économique dans différents secteurs économique, commercial et
financier", demandant "la renonciation par les deux parties, sur une
base de réciprocité, à toute compensation pour les destructions
matérielles qui ont eu lieu depuis le début du conflit du Sahara
Occidental".
Il est également
demandé "la conclusion d'arrangements sécuritaires avec la Maroc
ainsi qu'avec les pays de la région qui le souhaitent", faisant part
de l'engagement de l'Etat sahraoui à oeuvrer étroitement avec le
Maroc ainsi qu'avec les autres pays de la région en vue de mener à
son terme le processus d'intégration du Maghreb".
Ce texte fait
également part de "l'engagement de l'Etat sahraoui à participer avec
le Maroc et les pays de la région à la préservation de la paix, de
la stabilité et de la sécurité de l'ensemble de la région face aux
différentes menaces dont elle pourrait être l'objet".
Enfin, le Front
Polisario se déclare "disposé, sous l'égide des Nations Unies et
avec l'approbation et l'appui du Conseil de sécurité, à engager des
négociations directes avec le Maroc sur la base de ces paramètres en
vue de parvenir à une solution politique juste et mutuellement
acceptable".
Cela dit,
l'ambassadeur sahraoui appelle le peuple marocain, "à qui le peuple
sahraoui tend la main de la paix, à accueillir favorablement cette
initiative propre à protéger leurs intérêts" et "la France à changer
sa politique maghrébine si elle veut préserver ses vrais intérêts
dans la région".
A propos de la
situation des droits de l'homme dans les territoires occupés, il a
déploré les violations "dans un territoire où flotte le drapeau des
Nations Unies".
Evoquant le Plan
d'autonomie soumis par le Maroc, aux Nations Unies, M. Beyssat, qui
l'a qualifié de "mort né", a jugé qu'il est "unilatéral,
antidémocratique et en contradiction avec le droit international".
Il a indiqué, par
ailleurs, que "le peuple sahraoui, au cas où l'initiative sahraouie
serait rejeté par la Maroc, défendra ses droits par tous les moyens
disponibles".
Enfin, le
diplomate sahraoui a présenté "les condoléances du peuple sahraoui
aux peuples algérien et marocain après les attentats criminels
qu'ils ont vécus récemment". (SPS)
020/090/700 121726
AVR 07 SPS
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