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Madrid,
31/03/2007 (SPS) Le peuple sahraoui et son représentant "unique et
légitime", le Front Polisario, "rejettent catégoriquement" le +plan
d’autonomie+ marocain qui ne peut en aucun cas constituer la base
d’un dialogue dans le conflit du Sahara Occidental, en ce qu’il
constitue une tentative de "confisquer la libre volonté" des
sahraouis, a affirmé jeudi à Madrid le représentant du Front
Polisario en Espagne, Brahim Ghali.
"Le Front
Polisario est attaché au droit du peuple sahraoui à
l’autodétermination et l’indépendance et nous n’accepterons aucun
dialogue, aucune négociation, sur une base qui ne garantisse pas
l’exercice, à travers un référendum, de l’autodétermination", a
ajouté M. Ghali dans un entretien à l’APS.
"Je dis à
l’adresse de ceux qui insinuent que le peuple sahraoui pourrait,
d’une forme ou d’une autre, accepter la proposition marocaine que ce
peuple l’a déjà rejetée et la rejette catégoriquement, globalement
et dans le détail", a assuré le responsable sahraoui.
Pour le diplomate
sahraoui, toute solution autre que l’autodétermination ne ferait que
"prolonger le conflit et les souffrances du peuple sahraoui et
pousser la région vers davantage de déstabilisation et de tension".
M. Ghali qui a
rappelé que la question du Sahara Occidental est une question de
"décolonisation inachevée" devant être résolue dans le cadre de la
Doctrine des Nations Unies en la matière, a souligné que toute autre
proposition, comme celle du Maroc, ''est mort-née et est hors sujet,
étant donné que le conflit est inscrit depuis les années 60 sur
l’agenda annuel de l’Assemblée générale des Nations Unies et de sa
4ème Commission de décolonisation".
Il a observé que
"les déclarations évoquant le dialogue et la négociation sans
conditions préalables veulent accommoder le royaume du Maroc et
tentent d’effacer les acquis arrachés par le peuple sahraoui dans sa
lutte pour l’exercice de son droit à l’autodétermination".
M. Ghali a
souligné, à cet égard, que le "Front Polisario demeure attaché plus
que jamais à la légalité internationale et aux résolutions du
Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies sur
le conflit, réaffirmant toutes le droit du peuple sahraoui à
l’autodétermination".
Il a rappelé aussi
l’avis de la Cour internationale de justice de la Haye qui stipule
clairement qu’il n’existe pas de liens de souveraineté entre le
Maroc et le Sahara Occidental.
Le représentant
sahraoui en Espagne a relevé en outre que "dire que le +plan
d’autonomie+ pourrait être une base de dialogue pour parvenir à
l’objectif de l’autodétermination" est "une façon de créer la
confusion, particulièrement au sein de l’opinion publique
espagnole".
Il a, dans ce
contexte, fait remarquer que l’opinion publique espagnole est "très
sensible à la question du Sahara Occidental, aux souffrances
endurées par le peuple sahraoui depuis plus de 32 ans, après son
abandon et sa trahison par le dernier Gouvernement du général
Franco, et au fait que les différents Gouvernements espagnols
n’aient pas à ce jour assumé leur responsabilité politique, morale
et légale dans le conflit".
"Eu égard à la
sensibilité de la société espagnole envers la question sahraouie, le
Gouvernement (espagnol) actuel tente de la confondre en soutenant
que le dialogue et l’autonomie pourrait conduire à
l’autodétermination", a-t-il précisé.
Tout en mettant
l'accent sur le rôle fondamental des Nations Unies dans le règlement
du contentieux, M. Ghali a noté que l’Espagne a également un rôle
important à jouer au sein de l’Organisation onusienne vu qu’elle est
bien placée pour savoir que le "Sahara Occidental historiquement n’a
jamais été marocain et qu’il avait été envahi en 1975 à l’encontre
de l’avis de la Cour internationale de justice de La Haye et à
l’encontre de la volonté du peuple sahraoui et du peuple espagnol".
"Le Front
Polisario a accepté le Plan Baker II parce qu’il inclut l’option de
l’indépendance outre celle de l’intégration au Maroc. Mais que l’on
veuille substituer l’autonomie à l’indépendance, cela est rejeté
catégoriquement car c’est une manière de confisquer la volonté des
sahraouis, comme cela était arrivé en 1975 avec l'Accord tripartite
de Madrid", a-t-il rappelé. (SPS)
020/090/700 311300
MAR 07 SPS
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