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Washington,
25/03/2007 (SPS) M. Mohammed Bedjaoui, ministre d’Etat, ministre des
Affaires étrangères, a souligné samedi soir à Washington que la
communauté internationale "a le devoir d’assumer ses responsabilités
historiques en appuyant la légalité internationale quant à la mise
en place du principe d’autodétermination du peuple sahraoui".
"J’ai mis en garde
les différents membres du Conseil de sécurité sur la responsabilité
historique qui pourrait être la leur s’ils venaient à sortir de la
légalité internationale en avalisant le projet d’autonomie interne",
a ajouté M. Bedjaoui à l'APS.
"Sortir de la
légalité internationale reviendrait à s'écarter des décisions
pertinentes de la communauté internationale, rejetant le fait
colonial marocain au Sahara Occidental, depuis déjà 1974, et
militant en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui’’,
a-t-il expliqué à l’issue de sa tournée à New-York et Washington.
"La plupart de mes
interlocuteurs sont conscients de l’importance de trouver une
solution juste à une occupation coloniale, la dernière sur le
continent africain, qui dure depuis plus de trente ans", a poursuivi
M. Bedjaoui, ajoutant que cette "occupation ne fait qu’accroître les
souffrances du peuple sahraoui".
Le ministre
algérien des affaires étrangères a précisé que ses interlocuteurs
sont "aussi conscients qu’il ne peut être question, malgré les
pressions, de faire dévier l'ONU dangereusement vers une impasse",
se disant "convaincu que la communauté internationale doit réagir à
cette attente trop longue" du peuple sahraoui.
Il a encore
indiqué avoir expliqué les préoccupations de l’Algérie à voir
rapidement se régler un problème qui est un déni du droit d’un
peuple à disposer de son avenir.
"Parce que
l’Algérie connaît le prix de la liberté des peuples, nous ne pouvons
rester indifférents au sort des 150.000 réfugiés sahraouis
accueillis sur le sol algérien", a souligné le ministre algérien des
affaires étrangères, affirmant : "c’est pourquoi nous soutenons le
principe de l’autodétermination des peuples, le seul à même de
garantir la stabilité dans une région qui n’a que trop souffert des
violences et de l’instabilité".
M. Bedjaoui s'est,
par ailleurs, dit "rassuré" sur le fait qu’il ait trouvé "un écho
favorable" chez la majorité de ses interlocuteurs, "préoccupés par
l’exigence de faire respecter les engagements de la communauté
internationale sur la question sahraouie et de ne pas céder à
l’attrait d’une quelconque solution qui outrepasserait le cadre de
la légalité internationale".
"J’ai eu des échos
tout à fait réfléchis et favorables", a-t-il soutenu.
M. Bedjaoui a
signalé, à propos du "projet marocain", que ses interlocuteurs
"disent avoir entendu parler d’un projet de solution que préparerait
le Maroc, mais personne n’a entre les mains les détails de ce plan
d’autonomie interne dans le cadre de la souveraineté marocaine que
voudrait accorder Rabat au peuple sahraoui", a-t-il indiqué.
Il a précisé qu’un
tel "projet est en contradiction flagrante avec les dispositions
déjà existantes quant au règlement de la question sahraouie".
"Le peuple
sahraoui et de nombreux pays, dont l’Algérie s’opposent à toute
solution unilatérale et récusent ce projet qui signifie tout
simplement une autonomie captive qui s’insère ad vitam eternam et
définitivement dans le cadre de la souveraineté nationale
marocaine".
Critiquant ceux
"qui voudraient que l’on prenne tout de même connaissance de ce plan
marocain", le chef de la diplomatie algérienne a réaffirmé qu’une
"proposition unilatérale, renie les engagements de l’ONU qui sont de
mener le peuple sahraoui à exercer librement son droit à
l’autodétermination et à choisir son avenir".
"L’autodétermination que l’on souhaite réaliser pour le peuple
sahraoui implique véritablement que le processus soit mené de bout
en bout par les Nations Unies de manière à avoir un référendum
sincère, transparent, libre, objectif et absolument irréprochable à
tous égards", a poursuivi M. Bedjaoui.
Interrogé sur la
position américaine à ce sujet, le ministre algérien des affaires
étrangères a dit avoir senti un "intérêt" plus marqué chez ses
différents interlocuteurs, "y compris Mme Rice", qui ont manifesté
la "volonté de voir se dessiner une solution qui rétablisse la
stabilité dans la région".
"Les Américains
disent s’en tenir à l’application des solutions qui seraient prises
au sein de l’ONU. Ils mesurent parfaitement les enjeux régionaux et
voudraient voir un aboutissement heureux à un problème qui n’a que
trop duré’’, a fait remarquer le chef de la diplomatie algérienne.
"Je souhaite que
les Etats-Unis prennent parfaitement conscience, dans le cadre de
leur politique extérieure, qu’il est impératif de faire respecter la
légalité internationale", a-t-il conclu.
M. Bedjaoui a
effectué lundi et mardi derniers une visite à New York et Washington
où il a rencontré la secrétaire d'état américaine, Condoleezza Rice
, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, le Président
en exercice du Conseil de sécurité, l'ambassadeur sud africain,
Dumisani Kumalo et les représentants des pays membres du Conseil.
Le Conseil de
sécurité examinera le 20 avril prochain le rapport du secrétaire
général de l'ONU sur la question du Sahara Occidental.(SPS)
020/090/700 251330
MAR 07 SPS |