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Madrid,
22/03/2007 (SPS) Le référendum d’autodétermination du peuple
sahraoui doit être la "condition préalable sine qua non" dans la
recherche d’une solution au conflit du Sahara Occidental, a affirmé
mercredi l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep
Piqué, du Parti populaire (PP, principal parti d'opposition).
"Le droit à la
libre détermination est une condition de base pour arriver à une
solution du problème et, par conséquent, parler de dialogue sans
conditions politiques préalables, c’est, en quelque sorte, remettre
en cause cela (ce droit).
Ce qui doit être
une condition préalable sine qua non, c’est le référendum
d’autodétermination", a souligné M. Piqué lors d’une séance plénière
au Sénat (Chambre haute du Parlement), en présence du ministre des
Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos.
Dans une
interpellation au gouvernement socialiste au pouvoir, sur la
"modification" de la politique traditionnelle de l’Espagne sur la
question du Sahara Occidental de ces 30 dernières années, l’ex-chef
de la diplomatie espagnole a accusé le gouvernement d’avoir "rompu
la continuité" de cette politique.
Après avoir
rappelé les plans de paix élaborés par les Nations Unies pour le
règlement du conflit, prévoyant tous "nécessairement" la tenue d’un
référendum d’autodétermination "incluant les options de
l’indépendance ou de l’intégration au Maroc", M. Piqué a imputé la
responsabilité de la non mise en oeuvre de ces plans aux "recours
interminables" introduits par le Maroc en relation avec le
recensement des électeurs.
Il a ensuite fait
remarquer que la diplomatie espagnole sur la question du Sahara
Occidental "s’est toujours inscrite" dans le cadre de ces plans et
des résolutions du Conseil de sécurité et "ne s’est jamais écartée
de la neutralité active" qui la caractérisait.
"Cette continuité
de la politique extérieure sur la question du Sahara Occidental, à
laquelle se sont attachés tous les gouvernements espagnols, a été
rompue par le gouvernement socialiste qui a entrepris de modifier sa
position de façon implicite mais suffisamment claire pour être
perçue par le Front Polisario, le Maroc et l’opinion publique
espagnole’’, a-t-il observé.
Les affirmations
du gouvernement socialiste, selon lesquelles "il n’y a pas eu de
changement" dans sa position, "semblent être démenties par la
réalité", a ajouté M. Piqué.
Il a relevé, dans
ce contexte, que "l’appel du gouvernement (espagnol) en faveur d’un
dialogue sans conditions politiques préalables" entre les parties
"concorde" avec un rapport, élaboré "en fin de mandat" par
l’ex-secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, qui a
préconisé un "dialogue direct et sans conditions", une position que
M. Piqué a qualifiée de "distincte" et se situant "en marge" de
celle du Conseil de Sécurité.
L’ex-ministre des
Affaires étrangères a souligné, à cet égard, que "la légalité
internationale n’a jamais reconnu la souveraineté du Maroc sur le
Sahara Occidental et, par conséquent, ne pourra jamais reconnaître
l’acceptation d’un +plan d’autonomie+ parce que cela supposerait une
pleine souveraineté préalable" de Rabat sur le territoire.
Il a également
souligné que la légalité stipule une "consultation démocratique qui
inclut toutes les options pour que le peuple sahraoui puisse décider
librement de son destin comme l’a rappelé, avec pertinence sa
Majesté le Roi (Juan Carlos) lors de sa visite d’Etat en Algérie".
S’adressant à M.
Moratinos, il a affirmé que "nous devons dire clairement à l’opinion
publique espagnole que la position du gouvernement d’Espagne sur le
conflit du Sahara Occidental continue à être celle de la neutralité
active et non celle de céder aux positions du royaume du Maroc".
(SPS)
020/090/700 221240
MAR 07 SPS |