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SAHARA OCCIDENTAL/PALESTINE

Similitudes entre les causes palestinienne et sahraouie, thème d'une étude sur le patrimoine oral

 

Londres, 19/03/2007 (SPS) Les causes palestinienne et sahraouie présentent, en dépit de leurs différences respectives, "des points communs", notamment "l'espoir d'un retour malgré des années d'errance", relève une étude menée par Randa Farah, chercheuse d'origine palestinienne à l'Université de Londres. 

Dans cette étude intitulée "Le patrimoine oral dans les contextes palestinien et sahraoui: Etude comparative", Randa Farah qui est également enseignante à l'Institut de recherches orientales et africaines, souligne qu'"en dépit des spécificités de la cause palestinienne, certains aspects de la +naqba+ ou la catastrophe palestinienne, se retrouvent dans l'Histoire contemporaine". 

Parmi les points de similitude importants mais méconnus dans ce contexte comparatif, relève Randa Farah, figure la lutte du peuple sahraoui pour l'autodétermination. 

"Palestiniens et Sahraouis ont vu leurs droits politiques bafoués, droits découlant du fait qu'ils consacrent deux Etats", ajoute la chercheuse en notant qu"il existe une différence fondamentale entre les deux cas, à savoir que les sionistes ont expulsé les Palestiniens de leurs terres pour leur substituer des colons juifs, alors que le régime marocain oeuvre à annexer les territoires sahraouis pour assimiler leurs habitants aux citoyens marocains, tout en rejetant le droit des Sahraouis à l'autodétermination" qui signifie selon la Charte des Nations unies, que ce peuple "a le droit d'établir un Etat indépendant si telle est la volonté exprimée par la majorité lors d'un référendum". 

Certains points de similitude entre les causes palestinienne et sahraouie mériteraient d'être mentionnés, précise Randa Farah, citant l'institutionnalisation de relations entre les générations et les sexes sur fond d'un conflit de longue durée marqué par l'errance, le "mur de la honte" (séparant le Sahara Occidental en deux), érigé sur conseil d'Ariel Sharon au Roi Hassan II au milieu des années 80, et qui a donné naissance à une nouvelle réalité à travers l'encouragement des colons marocains à s'établir au Sahara Occidental, ainsi que les formes de mobilisation, d'organisation et de résistance (y compris le rôle de la jeunesse dans les deux Intifadhate) dans les mouvements de libération palestinien et sahraoui".  

"Le patrimoine oral des Palestiniens se pose comme un discours de mémoire et réaffirme qu'ils ont toujours une terre, et des droits politiques et juridiques dans les territoires de 1948". "A la différence des Palestiniens qui vivaient, avant la +Naqba+ sous forme de société agricole, les sahraouis ont vécu en bédouins nomades qui n'avaient pas de patrimoine écrit mais une tradition orale qui se transmet d'une génération à l'autre à travers la narration, la poésie et les contes". 

"Le conflit a nécessité cependant la réécriture de l'Histoire sahraouie officielle plus cohérente, afin de contrer les thèses marocaines et inculquer le sentiment d'appartenance nationale aux nouvelles générations". 

"A chaque fois qu'ils sont interrogés sur les caractéristiques de leur culture, les Sahraouis ont évoqué plusieurs facteurs: l'expérience du colonialisme espagnol, différent du reste des expériences coloniales de l'Afrique du nord, leur dialecte appelé El Hassaniyah, leur mode de vie, leur traditions culinaires et vestimentaires, leurs chants ainsi que le statut de la femme sahraouie". 

La chercheuse note d'autre part qu'"il n'est pas surprenant que le patrimoine oral des réfugiés sahraouis, laisse apparaître une montée du sens critique et la revendication d'un retour aux armes après le cessez-le-feu signé en 1991". 

A l'instar de l'Intifadha palestinienne, "l'Intifadha sahraouie, déclenchée le 21 mai 2005 dans les territoires occupés par le Maroc, est devenue un foyer de solidarité entre l'extérieur (camps des réfugiés), et l'intérieur (Sahara Occidental) et un haut lieu du patriotisme". 

 La tradition orale sahraouie se résume, selon la chercheuse, "à la façon dont les Sahraouis situent leur identité culturelle et politique au sein du monde arabe, car ils sont une nation arabo-musulmane".  

Le fait que les réfugiés sahraouis expriment leur colère contre les gouvernements arabes, n'est pas surprenant, dès lors, souligne l'étude, que la majorité des pays arabes connaissent peu de choses sur leur combat alors que certains gouvernements arabes s'alignent sur la position du Maroc, au moment où de grands pays africains, comme l'Afrique du Sud reconnaissent la République arabe sahraouie et démocratique. 

"La tradition orale sahraouie présente certaines similitudes avec la tradition orale palestinienne". Les Sahraouis évoquent à ce titre, "le départ" pour désigner

l'exode consécutif à l'invasion marocaine en 1975 rejoignant ainsi les Palestiniens qui parlent, eux, de +naqba+. 

A la différence du patrimoine oral palestinien à propos du +retour+, qui porte sur la terre et le village, les Sahraouis fondent leur retour sur l'espoir d'établir un Etat indépendant.       

En dépit de plusieurs décennies d'errance, l'espoir d'un retour demeure intact chez les deux peuples. Ce retour tant espéré est une affaire commune fondée sur des droits nationaux inaliénables, a conclu la chercheuse. (SPS) 

020/090/700 191025 MAR 07 SPS

 

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